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Arrivé à la moitié de l’été, il me paraissait important de faire un premier bilan de cette formidable période où il se passe tellement de choses sur les écrans US… hum… vous l’aurez compris, faute de nouveautés à vous faire découvrir, je vais essayer cette semaine de vous faire regarder des séries auxquelles vous n’avez peut-être pas encore jeter un oeil !

Parmi la liste des recalés, il y a quand même quelques perles à découvrir. Ainsi, tous ceux en manque d’humour un peu cracra et d’ambiance estivale aux images chatoyantes se jetteront sur Camp, série drôle et plutôt progressiste de NBC sur les mésaventures d’un camping pas du tout paradisiaque. Vous cherchez quelque chose de définitivement original et décalé ? Testez donc Siberia, l’autre série complètement barrée de NBC qui se présente comme une vraie fausse télé-réalité dans les profondeurs de la Sibérie. Inclus : des trahisons, des animaux morts, un tigre, et même un ciel qui devient tout vert. Lost version Koh Lanta. Et enfin, si the Killing ne vous suffit pas, vous pouvez toujours compléter votre soif d’adaptation de séries nordiques avec la version US de The Bridge, dans laquelle deux flics – l’un mexicain, l’autre américaine – traquent un mystérieux tueur en série qui agit des deux côtés de la frontière…

tmnt - kids5) Comment vous occupez vos matinées vous ? En attendant la version sûrement complètement ratée produite (et non réalisée) par Michael Bay au cinéma, moi je m’éclate chaque samedi avec les Teenage Mutant Ninja Turtles, plus connues chez nous sous le sobriquet de Tortues Ninja. Si la 3D est assez peu convaincantes sur le look des personnages, elle permet une fois de plus des scènes d’action franchement réussies et c’est un vrai plaisir de voir Léonardo et compagnie se foutre joyeusement sur la gueule avec Krang, Shredder, et une galerie de mutants inventés pour l’occasion, plus débiles et amusants les uns que les autres. Car c’est bien là que réside toute la force du show, dans sa manière incomparable de caractériser ses personnages, tous complémentaires et immédiatement identifiables. Même April, pourtant bien changée, est super convaincante en ado de sa génération, un peu perdue, à la recherche de son père. Les fans crieront sans doute au scandale tant cette nouvelle mouture s’éloigne de tout ce qui a été fait auparavant (autant le comics de Laird et Eastman que la série animée qui des années 90), mais peu importe : cette version 2012 est une pure réussite qui rassemblera un paquet de nouveaux fans devant leur écran. Des enfants, des ados… et puis moi aussi !

the fosters s14) Et si vous vous mettiez à la série familiale ? Bon, entendons nous bien : si vous êtes plutôt conservateur et que vous considérez que vos enfants ne devraient regarder que des séries gentilles, bien pensantes, et plutôt tournées vers la religion, vous feriez mieux d’aller voir ailleurs. Car the Fosters, petit show d’ABC Family produit par Jennifer Lopez, s’avère l’une des séries les plus progressistes et réalistes que j’ai jamais vues. Si tout tourne autour d’une famille, celle-ci est plus qu’une famille recomposée, c’est limite une famille “monstre de Frankenstein” ! A savoir : deux mamans lesbiennes, un premier fiston que l’une des deux mères a eu auparavant avec son ex-mari, deux jumeaux adoptés, et enfin une ado qui sort fraîchement de centre de détention et son petit frère de huit ans qui pourrait bien être gay. Mais en plus de ce casting original, la série traite de thèmes sacrément costaud (comme la pilule du lendemain, l’alcoolisme ou le viol) en les prenant de manière frontale mais en les gérant tout en finesse. Personne n’est jamais unilatéralement condamné, et chaque situation mise en place s’avère sacrément compliquée dans le contexte dans laquelle elle se déroule. Bref, c’est moche (il faut le reconnaître) mais c’est particulièrement intelligent. Et ça, c’est quand même une qualité de plus en plus rare dans les séries familiales !

TEMPLATE3) Faisons maintenant un détour historique pour s’intéresser au cas The White Queen, coproduction anglo-américaine qui se voit décliné en une version “soft” diffusée actuellement sur la BBC et une version avec plus de cul (oui, oui, plus de cul, c’est tout, pas plus de violence ou quoi que ce soit, juste plus de cul !) pour sa prochaine diffusion sur Starz, la chaîne des Spartacus et autre Da Vinci’s Demons. Si le pilote était très beau mais malheureusement un peu cucul (décidément !), il servait uniquement à poser les bases d’une vraie guerre de l’ombre entre quatre femmes qui vont se déchaîner pour acquérir et conserver le pouvoir dans l’Angleterre du XVème siècle. Il faut bien reconnaître qu’on avait rarement vu autant de personnages féminins aussi forts, complexes et passionnants : pour exemple, si on adore la tendre Elizabeth du premier épisode, vous vous surprendrez à la traiter intérieurement de sale pute un peu plus tard ! Ce qui fait la force du show en fait aussi sa faiblesse car à trop vouloir jouer la variation des points de vue, le spectateur a bien du mal à s’attacher et à s’identifier à un personnage en particulier. Peu importe car la beauté visuelle de la série et sa force narrative en font un met de choix. Oui, même sans tout le cul que Starz va nous rajouter.

Teen-Wolf-Season-3-Poster2) Série la plus punk et la plus déjantée de la télé, Teen Wolf est une pure merveille qui ne fait que s’améliorer au fil des saisons (enfin, sauf son troisième générique, moins éclatant que la claque que nous avait infligé le deuxième.) Et dans la catégorie “série avec des monstres”, le show de MTV a le pur mérite de ne mettre en scène que des loup-garous et pas toute la cohorte de vampires, fées, fantômes, et compagnie qui viennent parfois pourrir les autres séries. “Straight to the line”, Teen Wolf parle de meute, d’alpha et béta, (et reconnaissons le, de tout un univers lié aux loup-garous incluant des druides, des chasseurs, des protecteurs, etc.), et bien sûr de toutes les pulsions animales liées à l’adolescence. Sans condescendance et avec beaucoup d’humour, le show balance une galerie de personnages crédibles et complexes, ainsi qu’une mythologie fascinante. Et se permet simultanément des épisodes complètement barré comme le fameux autour d’un motel… qui a le record du nombre de suicides par an. Alors tant pis si les transformations (et les fx en général) sont un peu moches : Teen Wolf est un vrai pur régal qui se dévore plus qu’il ne se déguste.

the killing season 31) Mais au royaume des séries, la reine incontestée reste la série policière la plus fascinante de ces dix dernières années : je parle bien entendu de la version US de The Killing. Si cette troisième saison a déçu beaucoup de monde avec son intrigue morcelée et son ambiance moins prégnante qu’auparavant, il faut reconnaître que le duo formé par Holder et Linden est une pure tuerie et justifie à lui seul de suivre toute la série. Acteurs totalement immergés dans leurs personnages, Mireille Enos et Joel Kinnaman offrent une prestation totalement inégalée qui culmine dans une magnifique scène du neuvième épisode. Le dixième, quant à lui, justifie tous les risques courus par l’étrange tournure prise par le scénario qui tourne perpétuellement autour de la thématique de l’innocence (perdue ou bafouée – ce n’est pas un hasard si l’essentiel de la saison raconte la traque d’un tueur en série d’ados qui vivent dans la rue.) Toujours aussi magnifique, cette troisième saison fait malheureusement parfois fausse route sur la réalisation mais jamais pour bien longtemps. Et si on lui cherche la petite bête, qu’on traque ses petits défauts, c’est bien parce que The Killing est de loin la série la plus réussie diffusée actuellement sur la télé US.

Allez, rendez-vous la semaine prochaine avec (enfin !) quelques nouveautés… dont un mystérieux Axe Cop et ses aventures intergalactiques !

Il y a des semaines, comme ça, où tout se passe bien. Questions nouveautés, on a eut de quoi vraiment se faire plaisir à se mettre sous les yeux après une première moitié de saison pas franchement excitante. Alors quelles sont ces petites perles qui risquent peut-être de nous décevoir d’ici quelques mois ? C’est le bilan de la semaine spécial nouveautés !

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Youngers 

Première nouveauté de la semaine, Youngers nous vient tout droit d’Angleterre où elle est diffusée sur la chaîne E4, pas forcément réputée pour la qualité de ses productions mais qui a au moins le mérite d’offrir des programmes assez rentre-dedans aux ados. Youngers fait donc partie de ce genre assez particulier et nous conte les aventures d’une bande d’ados (presque des jeunes adultes) qui vont tout faire pour devenir le prochain hit musical.

Si ce pilote semble avoir été écrit, réalisé et joué avec beaucoup de sincérité et de cœur, difficile cependant de s’attacher à ces destins un peu trop stéréotypés ou du moins largement déjà vus dans la télé anglaise. Que ce soit la vision de la banlieue de Londres, les personnages qui oscillent autour des héros, ou tout simplement le traitement de l’intrigue, rien ne viendra bousculer vos attentes – alors que c’est justement ce que la série voudrait faire.

Reste à voir si l’ascension dans le monde de la musique va se révéler intéressante ou être tout aussi clichée que le reste. Le sujet est difficile à traiter et peut vite tourner au désastre. On va croiser les doigts pour les adolescents d’Angleterre, mais j’ai comme un gros gros doute…

 in the flesh

In the Flesh 

Autre nouveauté venue d’Angleterre, In the Flesh s’avère par contre une très sympathique surprise. Les zombies ont donc enfin envahi la BBC 3 et le twist promis par la chaîne depuis qu’elle communique sur le show s’avère – pour l’instant – à la hauteur.

A savoir qu’on ne parle pas, dans la série, de zombies, mais de Partially Deceased Syndrome : oui, les zombies sont considérés comme des êtres humains souffrant d’une maladie ! Sur cette idée amusante, les auteurs tissent la trajectoire de Kieren, ado-zombie en voie de guérison, qui est renvoyé vivre dans sa famille. Et la, problème numéro un : sa sœur, à laquelle il tient énormément, fait partie de l’armée de défense des humains. Problème numéro deux : sa famille vit toujours à Roarton, le village où les “anti-zombies” sont encore nombreux et n’hésitent pas à les éliminer sans autre forme de procès.

Scénario intelligent souligné par une réalisation séduisante et intelligente : difficile de ne pas être séduit par ce pilote qui cumule les bonnes idées et sait provoquer quelques émotions fortes. Malheureusement, refroidi récemment par les bons démarrages et les chutes désespérantes d’Utopia ou Black Mirror, je ne peux m’empêcher de craindre que In the Flesh ne finisse par être tout autant décevante. Il faut bien avouer qu’au terme de ce pilote, on ne voit pas encore vraiment où les auteurs veulent en venir : ils ont posé un univers très intéressant et des personnages qu’on apprécie de suivre, mais il manque encore un élément capital pour nous lancer dans une trajectoire.

L’espoir fait vire, espérons qu’on ne terminera pas zombifié.

 Bates motel montage

Bates Motel

Et les bonnes surprises se cumulent cette semaine : alors qu’on s’attendait à une bouse assez informe, la courageuse (ou profiteuse selon les avis) Bates Motel se révèle être une relecture (plus qu’une simple prequel) particulièrement intéressante des origines de Norman Bates, le célèbre tueur de Psycho.

Réactualisé à notre époque, le pilote nous présente donc la relation hyper dérangeante mais délicieusement angoissante entre Norman et sa mère qui, après que le père soit décédé, tente de refaire sa vie et achète un motel. Toute la réussite du projet tient au scénario qui réussit à être simultanément surprenant et extrêmement bien ficelé. Chaque scène est magistralement structurée et les dialogues sont précis comme des lames de rasoir. Bref, à ce niveau c’est l’une des meilleures réussites vue depuis longtemps.

La réalisation et les acteurs, par contre, ne sont pas particulièrement au top. On sent le jeune Freddie Highmore encore un peu effrayé par son rôle, alors que Vera Farmiga, qui joue sa mère, en fait un peu trop pour être crédible. De quoi sapper le bon travail du scénario ? Définitivement pas : malgré ces quelques “légéretés”, le plus important, c’est-à-dire l’ambiance, est bel et bien au rendez-vous.

Formidable succès d’Audimat, on ne peut qu’espérer que Bates Motel se révèle au fil des épisodes toujours à la hauteur de ce pilote qui donne vraiment envie de voir la suite. Si vous n’avez pas trop l’âme sensible, vous devez définitivement y jeter un œil.

 top of the lake

Top of the Lake

Et on continue avec les bonnes surprises avec l’excellente (du moins pour les deux premiers épisodes diffusés) Top of the Lake, coproduction anglaise, américaine et surtout australienne, menée de main de maître par Gerard Lee et surtout Jane Campion dont la touche inimitable se retrouve à absolument tous les niveaux.

Ca pourrait être une sorte de The Killing bis car ça parle essentiellement d’une flic qui enquête sur une gamine qui s’est retrouvée enceinte avant de disparaître, mais Top of the Lake se révèle totalement différent que ce soit dans la manière de raconter l’histoire, dans les personnages, l’univers, etc. Instantanément fascinant, le show fait montre d’une réalisation époustouflante et totalement en accord avec son sujet, ainsi que d’un scénario au rythme totalement maîtrisé et aux personnages intrigants. Réussite magistrale, ces deux premiers épisodes laissent présager du meilleur pour la suite. Vivement mardi prochain !

 twisted promo

Twisted (Special Presentation)

Et on terminera sur une plutôt bonne surprise – vu le genre de programme dont il s’agit – avec une présentation spéciale du pilote de Twisted, série qui ne démarrera réellement que vers le mois de Juin – et qui a bien failli ne jamais voir le jour suite à la fusillade de Sandy Hook. Diffusée sur ABC Family, elle aura la rude tache de confirmer l’intérêt du public de la chaîne pour ses shows gentillets et paranoïaques, aux mystères qui défient tellement l’entendement qu’on se contrefiche de les résoudre.

Nous voici donc avec la rigolote Jo dont l’enfance a été traumatisée lorsque son meilleur ami, Desai, a étranglé sa tante avec une corde à sauter rouge. Libéré de prison, celui-ci débarque dans son collège où tout le monde le traite de psycho. Jo lui en veut – à cause de tout ça, c’est une outcast et elle a perdu son autre meilleure amie – mais va finir peu à peu par le comprendre. Et quand une adolescente va mourir – après avoir envoyé un texto à Desai dans lequel elle lui dit qu’elle sait pourquoi il a tué sa tante – Jo va prendre la défense de son ami, alors que c’est son propre père, un flic, qui vient l’arrêter. Et je vous parle même pas du climax de ce pilote qui rend le tout encore un poil plus compliqué.

Dans la droite lignée des productions ABC Family, le show est assez moche – on sent que le budget est réduit mais c’est surtout que le network insiste toujours autant pour mettre sa touche pas franchement glorieuse – et les comédiens sont au mieux efficaces, au pire catastrophiques. C’est grave docteur ? Non, pas vraiment, car l’intérêt se trouve justement dans cette image de série B dérisoire qui ne se prend pas vraiment au sérieux et accumule les rebondissements pour mieux combler les précipices qui tiennent place de psychologie de personnages. Très amusant, donc, mais totalement anecdotique.

 

Rendez vous d’ici quelques jours pour faire le point sur les séries qui nous ont quitté cette semaine – et on vous dira enfin tout sur la deuxième saison de Girls !

On passe donc aujourd’hui du côté des nouveautés qui sont venues fleurir sur les écrans anglais, américains et australiens. Des vikings, des mafieux, un détective, des militaires, deux comiques et le fameux Girls pour les garçons : il faut de tout pour faire un monde télévisuel.

vikings

Viking

Première vraie série de fiction pour la chaîne History (spécialisée dans les documentaires sur l’histoire, vous l’aurez compris…) Vikingsn’a pas été confiée à n’importe qui : son show-runner et créateur, Michael Hirst, a auparavant officié sur deux films sur le destin de la reine Elisabeth 1, ainsi que sur les séries The Tudors et The Borgias (la version américaine, donc, pas celle de Canal +.) Entouré de toute sa bande habituelle, Hirst fait-il honneur aux vikings avec ce nouveau show ?

On pouvait craindre une pâle copie de Spartacus, avec des grands mecs baraqués qui se baladent à moitié à poil et passent la plupart de leur temps à se foutre sur la gueule, mais Hirst s’intéresse nettement plus à l’envie de découverte d’un peuple rude et sauvage. Les (rares) personnages présentés dans le pilote donnent aussitôt envie de les suivre et – mis à part Gabriel Byrne un peu ridicule en roi antipathique – les acteurs ont un réel charisme et des gueules assez inoubliables.

Le show est nettement moins convaincant dans ses effets spéciaux qui rendent malgré tout hommage à toute une mythologie peu connue mais pourtant particulièrement intéressante. Les valkyries, Odin et Thor sont donc de la partie et promettent quelques scènes oniriques des plus barrées. On espère juste que les images de synthèse sauront s’améliorer au fil du temps…

Mon Pronostic : une saison entière, c’est sûr. Une deuxième ? Allez, on va dire oui, une deuxième !

 red widow

Red Widow

L’autre nouveauté américaine de la semaine, c’est Red Widow qui, après The Mob Doctor qui nous proposait de nous raconter les aventures d’une médecin dans la mafia, nous propose maintenant les aventures d’une soccer mom dans la mafia.

Adaptée d’une série hollandaise, cette version américaine est conçue par Melissa Rosenberg, autrement connue pour avoir officier sur Dexter… et écrit tous les films de la franchise Twilight. L’attendait-on au tournant pour cette histoire de mère de famille, fille d’immigrés russes, qui se retrouve à devoir travailler pour le patron de la mafia qui vient de faire tuer son mari (qui ne faisait pas qu’agir dans la légalité, il faut bien l’avouer…) ? Pas vraiment, et tant mieux tant le résultat peine à convaincre.

C’est que ce double épisode pilote traîne pas mal la jambe et tarde incroyablement à mettre tous les personnages en place. Le pire, c’est que Rosenberg passe un sacré bout de temps à nous présenter le père de famille… qui va se faire tuer et ne plus du tout revenir dans la série. Est-ce pour poser des éléments qui vont servir ensuite pour comprendre qui est son meurtrier ? Très franchement, j’en doute énormément.

Personnages clichés, réalisation datée, scénario mou du genou : le pilote de Red Widow ne donne pas particulièrement envie de revenir. D’autant plus qu’on a du mal à saisir le concept et qu’on ne cesse de se demander de quoi Rosenberg tient réellement à parler. Peut-être que la suite me donnera tort, mais pour l’instant je ne miserai pas un kopeck sur cet énième série dans la mafia.

Mon Pronostic : une seule saison, je vois mal le public accrocher à ce délire vraiment particulier.

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Broadchurch

Du côté de l’Angleterre, on est toujours aussi fan des séries policière à la The Killing, c’est-à-dire dont l’ensemble de la saison repose sur la résolution d’un meurtre. Dans Broadchurch, il s’agit de celui d’un gamin de onze ans, dont le cadavre est retrouvé sur une plage – il aurait apparemment sauté de la falaise qui la surplombe. Bien entendu, la thèse du suicide est vite démontée et le flic récemment arrivé en ville pour mener l’enquête commence à secouer un cocotier de mensonges et de mystères.

Extrêmement classique, la série se révèle dès ce pilote être plus une étude de mœurs suite à une disparition brutale dans une petite ville qu’une vraie saga policière. C’est le genre de projet dont la qualité tient énormément à ses personnages et à ses acteurs : coup de bol, c’est l’occasion de retrouver David Tennant (un ancien Doctor Who) très intrigant dans le rôle du flic direct et peu psychologue. Quant aux différents suspects, seul l’avenir pourra nous dire s’ils s’avèrent être vraiment intéressants ou de simples marionnettes sans réelle trajectoire. Croisons les doigts, ce pilote donne en tous cas envie que la suite soit à la hauteur…

 bluestone 42

Bluestone 42

Toujours en Angleterre, on trouve la petite nouvelle Bluestone 42, comédie fort sympathique sur un sujet pas forcément très drôle : un détachement militaire en Afghanistan durant l’opération Herrick.

Ouvertement satyrique, le show ne fait rien pour se rendre réaliste ou crédible, en particulier au niveau des personnages qui sont tous plus excentriques les uns que les autres. La mort brutale d’un soldat américain – ancien agent de la CIA – dont un duo d’écossais ne va cesser de se moquer tout au long du pilote en atteste : on n’est pas ici pour parler tragédie, mais pour rire d’un sujet particulièrement controversé et/ou dérangeant.

Et il faut bien l’avouer, cette première demi-heure fonctionne plutôt bien. Le casting est réjouissant, les blagues tombent juste et on ne s’ennuie pas une seconde. Reste à voir si la suite conservera cette qualité avec son intelligente satyre ou si le show va tomber dans les travers du cynisme indigent.

 anna and katy

Anna and Katy

Anna Crilly et Katy Wix sont deux comiques anglaises qui, après avoir lutté de nombreuses années, voient enfin leur travail récompensé en obtenant leur show, Anna and Katy. Suite de sketchs plus ou moins réussis (et surtout plus ou moins compréhensibles, vu les références, pour nous autres français), le pilote se laisse regarder mais s’oublie dès le générique de fin terminé. A recommander uniquement aux plus grands fans de comédie anglaise.

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Please like me

Enfin, c’est l’Australie qui nous offre en premier la copie que l’on n’attendait pas, c’est-à-dire, le Girls pour les garçons (plutôt gays les garçons, d’ailleurs), avec Please Like Me. Imaginée par Josh Thomas, un jeune comique apparemment extrêmement apprécié chez les kangourous, le show raconte comment ce vingtenaire au physique très particulier (il assume lui-même de ressembler à un bébé grand-père) découvre son homosexualité. Entre deux problèmes du quotidien avec son meilleur ami, son ex, ou encore la séparation brutale de ses parents (sa mère fait une tentative de suicide en découvrant que le père la trompe, puis demande le divorce), Josh est bien occupé. Malheureusement pour nous, il est un peu tout seul dans son délire et nous laisse plus ou moins sur le carreau. Certes, la plupart des scènes sont bien conçues et amusantes, mais la série repose sur des situations tellement artificielles qu’on a bien du mal à s’identifier à un quelconque personnage. Bon, au final on a quand même envie de lui donner sa chance à ce jeune Josh, mais il a intérêt à vite saisir notre intérêt, ou sinon on retournera voir Lena Duhnam. Ou pas.

Cette semaine, on vire un docteur pour engager tout un hôpital, on s’essaie à une série venue du pays des kiwis, on s’interroge sur une vraie fausse bonne idée pour renouveler les séries policière, et on rigole (ou pas) avec une comédie qui repose sur les mêmes bases que Starbuck (le film, pas la chaîne de café.) Ah oui, et on fait aussi un tour au spa, histoire de se reposer. Une semaine bien chargée, quoi.

Emily-Owens-M.D.

 

Elle était sympa Emily, mais elle n’aura pas fait long feu sur nos écrans. Etrange création imaginée pour la CW, la chaîne des ados cool, Emily Owens, M.D. était un mélange étrange entre une comédie acide anglaise, des intrigues médicales à la Grey’s Anatomy, et de la romance fatiguée à la… n’importe quelle série pour ado qui aurait au moins vingt ans. Poussiéreuse, Emily ? Il faut bien avouer que la voir hésiter pendant treize épisodes entre deux beaux garçons, dont le premier sort avec sa pire ennemie et le second est son supérieur, n’a pas franchement grand chose d’excitant. Malgré les petites répliques en voix off parfois assez drôles et cyniques, les aventures médicales et amoureuses de cette jeune médecin sont toujours restées bien pensante, extrêmement classiques et furieusement mollassonnes. Au pays de la série médicale, Emily aura fait un petit tour qu’on aura tôt fait d’oublier.

Final Score : 3/10

Pas du tout intéressante, que ce soit sur le fond ou sur la forme, Emily Owens, M.D. ne sera franchement pas regrettée par grand monde. Une série “poubelle”, sans personnalité, dont on a peu parlé et dont on ne parlera sans doute plus jamais. Monday MorningsDécidément, rien n’arrête David E. Kelley. Le créateur de Ally McBeal ou de Boston Legal voit quasiment chaque année sa dernière création se faire annuler, mais il revient dès la rentrée suivante avec un nouveau programme. Cette fois, il s’agit de Monday Mornings, ou l’Hôpital où ne voulez vraiment pas atterrir.

Kelley sait bien faire deux choses : créer des personnages et des situations totalement délirantes (et absolument pas crédibles) pour ses séries basées sur la comédie, et plomber le moral du spectateur en posant des questions morales dérangeante et en s’acharnant sur ses pauvres protagonistes dans ses séries plus sérieuses. Vous l’aurez peut-être deviné, on est ici dans le deuxième cas. Le pilote commence par la mort d’un patient puis par le passage sur le grill du chirurgien chargé de son cas, qui doit expliquer devant tous ses collègues comment et pourquoi il s’est totalement planté. Il est d’ailleurs surnommé 007… pour le permis de tuer.

Mais si vous croyez qu’il s’agit du seul médecin à problème du show, vous vous foutez le doigt dans l’oeil. Absolument tous les protagonistes sont confrontés à des situations très ambiguës. Je ne crois pas qu’il y ait le moindre patient qui s’en sorte à peu près bien, et l’hôpital lui-même paraît avoir de graves problèmes de fonctionnement. Bref, on est loin de Grey’s Anatomy, Kelley ayant vraisemblablement décidé de faire subir à la série médicale le même traitement qu’il avait fait à la série sur l’école avec Boston Public.

Plutôt bien écrite, cette nouvelle production Kelley tient encore une fois beaucoup à la qualité du jeu des acteurs et à une vraie humanité des personnages. La réalisation, par contre, reste toujours aussi plate ou du moins particulièrement déjà vue. Du coup, on conseillera Monday Mornings à tous ceux qui sont fans de Kelley, qu’ils retrouveront particulièrement en forme. Mais ceux qui n’ont jamais accroché à sa touche bien particulière peuvent tout de suite oublier l’existence du show !

Mon Pronostic : Kelley sur une petite chaine du cable ? Je miserai bien sur la commande d’une deuxième saison…

the blue rose

Dites donc, vous seriez pas en manque de The Killing ? Les nouveaux-zélandais si, et c’est pour ça qu’ils nous proposent The Blue Rose, ou l’histoire de deux femmes qui doivent s’allier pour découvrir qui a pu tuer Rose, la meilleur amie de l’une d’elle et dont l’autre est la remplaçante au travail. Apparemment, le show repose sur toute une équipe, mais à la fin du pilote on est encore loin du compte, donc il y a de fortes chances pour que les prochains épisodes se révèlent très différent de ce que laisse imaginer ce premier épisode.

C’est que tout, dans ces premières quarante-cinq minutes, fait penser à The Killing. Un meurtre inexpliqué, une ambiance très étrange, de multiples personnages qui ont tous des agendas secrets, de la politique, des avocats, des affaires de famille : à première vue, The Blue Rose nous rejoue le coup de la disparition de Rosie Wilson. Mais là où le show nouveau zélandais prend ses distances, c’est dans un traitement nettement mis en avant des rapports de force au travail, entre les riches et les pauvres et entre les femmes et les hommes. Nos deux héroïnes vont s’attaquer à beaucoup plus gros qu’elles, et peu importe si on essaie constamment de les rabaisser.

Un peu trop légère sur les personnages qui ressemblent pour l’instant à de gros archétypes, The Blue Rose n’a donc pas la classe de The Killing. Mais que ce soit dans son mystère, son traitement des séquences, sa réalisation plutôt maligne – bref tout ce qui forme l’identité du show – cette nouvelle série parvient plutôt bien à convaincre. Et au final, elle touche parfaitement à son but : donner envie de revenir pour la suite, et lever un peu plus le voile sur le mystère de Rose.

Mon Pronostic : je ne connais rien à la télévision nouvelle-zélandaise, du coup je vais dire une saison complète ?

motiveLes canadiens sont rigolos. Après avoir tenté de révolutionner la série de SF avec Continuum, série boursouflée de défauts et au final franchement insupportable, ils tentent d’apporter un peu de souffle à la série policière avec Motive et son concept très particulier. A savoir que l’épisode commence en présentant la victime, mais aussi et surtout le coupable. Le but n’étant pas de trouver qui a tué, mais pourquoi. D’où le titre, Motive. Malin, hein ?

Peut-être. Mais la vérité c’est que Motive reste une série policière comme les autres. L’héroïne est aussi malléable et creuse que la plupart des enquêteurs qui pullulent sur nos écrans, la réalisation ne fait copier les codes actuels, et il est bien difficile d’arriver à rester réveiller jusqu’à la fin du pilote. Bref, si vous cherchez des enquêtes, allez plutôt jetez un coup d’oeil du côté d’Elementary.

Mon Pronostic : une saison, et ça suffira, merci.

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Petite série canadienne sans intérêt, Seed n’aura retenu l’attention de certains que par son pitch étrangement proche de celui du film Starbuck. Il s’agit en effet des mésaventures d’un barman qui voit un jour débarquer dans sa vie deux enfants dont il est le père génétique – en gros c’est le donneur de sperme. Ajoutez à cela une pauvre cruche qui veut elle aussi profiter de la semence du bonhomme, mixer le tout avec trois grammes de comédie de situation pas vraiment drôle et surtout des comédiens à la ramasse et vous obtenez une belle petite bouse devant laquelle vous passerez plus de temps à jouer avec votre dernière appli iphone qu’à rigoler.

Mon Pronostic : une saison, et ça suffira, merci. (Ca va devenir un truc, non ?)

The+SpaLes anglais sont rigolos, tout le monde le sait. Et le truc cool, c’est qu’ils adorent raconter n’importe quoi, faire n’importe quoi, montrer n’importe quoi. C’est le cas avec The Spa, série ridiculement peu crédible mais plutôt drôle sur… un spa, tenu par une bande de branquignoles que doit guider une pauvre quarantenaire limite déprimée. On reconnaît un peu la logique de Kaamelott et de pas mal de comédie où un personnage sain d’esprit doit s’occuper de protagonistes secondaires tous plus tarés les uns que les autres, et The Spa l’assume carrément. Le pilote se révèle donc franchement amusant, quoi qu’un peu creux. Mais bon, terminer en montrant une vieille qui se jette d’un toit a forcément quelque chose d’attrayant. A suivre…

Mon Pronostic : une saison et puis s’en va, comme la plupart des comédies anglaises !

La semaine prochaine, on parlera ENCORE de nouvelles séries policières, et on fêtera le grand retour de  Black Mirror !

Petite semaine au royaume de la série. On se remet tranquillement de thanksgiving et on commence à préparer les festivités pour Noel. Sur NBC, on nous présente un Saturday Night Live spécial Noel… pour fêter la mise en place du sapin du Rockfeller Center. L’occasion de revoir de nombreux vieux sketchs autour de Noel mais surtout de voir la tête de certain comiques jeunes (oui, spéciale dédicace à toi Adam Sandler.) En clair, la télé américaine nous dit d’aller acheter nos cadeaux de Noel tout en se réservant les siens pour les semaines à venir…

Il faut bien le reconnaître, peu de série arrive à conserver un certain niveau d’excellence au fil des années. Leverage, de retour pour la suite de sa cinquième saison, confirme une fois de plus son énorme potentiel de série de casse, sur un groupe d’arnaqueur qui doit voler des choses de plus en plus absurdes. Au coeur de ce grand retour, le groupe doit donc voler… un immense supermarché qui menace les petits commerces d’une charmante bourgade. Gauchiste, Leverage ? En tous cas sérieusement critique envers l’ultra-capitalisme de sa grande nation, et ça, ça fait déjà du bien !

L’autre retour de la semaine, c’est celui du duo de sitcom Hot in Cleveland et Happily Divorced, sur TV Land, deux sitcoms fondamentalement atroces, et qui pourrait faire renoncer au rire la plupart d’entre nous.

Enfin, le départ de la semaine, c’est celui de Treme qui vient d’achever sa troisième saison sur des scores totalement oubliable, alors que la série conserve ses défenseurs qui assurent que le rythme (principale faiblesse du show) s’est grandement amélioré sans pour autant sacrifier au ton très particulier. Je ne sais pas, je n’ai pas vu…

Mais LA grande bonne nouvelle de la semaine, c’est celle surprise du retour au boulot de Veena Sud, Dawn Prestwich et Nicole Yorkin, soit la showrunner et les executive producers d’un certain show nommé… The Killing. On attend toujours l’annonce officielle d’une troisième saison par AMC, mais on sait d’ores-et-déjà que Netflix a passé un accord avec le network pour financer le show…

Pour trouver un peu de nouveauté, il fallait donc se rendre de l’autre côté de l’Atlantique pour The Secret of Crickley Hall diffusée sur la BBC. Bon ok, cette mini-série a déjà démarré la semaine dernière et se conclura la semaine prochaine, mais bon quand on est à court de nouveautés, il faut bien parler de quelque chose ! Alors de quoi s’agit-il ? D’une mini-série très angoissante sur une famille qui a perdu un enfant et va vivre dans une grande et vieille maison. Pas de bol, celle-ci est hantée par des orphelins mort lors d’une inondation pendant la deuxième guerre mondiale. Et ça fait peur docteur ? Ben pas vraiment en fait. Tiré d’un roman à succès de James Herbert, le show peine à éviter les poncifs et est achevé par une réalisation qui est obsédée par filmer le vide, l’étrange absence, au point d’en perdre toute la signification première. En clair, mis à part votre grand-mère, vous aurez bien du mal à trouver quelqu’un qui sursautera à la vue de ces épisodes…

Revolution nous quitte ! Quoi ? La patate chaude de J.J. Abrams serait-elle déjà annulée ? Non, non, loin de là, la série tire juste sa révérence pour les vacances en s’offrant un “fall finale” lourdement médiatisé aux Etats-Unis. C’est que, il faut le rappeler, le show conçu par Eric Kripke (autrement énorme sur Supernatural), fait carton plein chez les américains, surtout depuis que l’audimat prend en compte tous les écrans (vod, internet et cie.) Descendue en flèche dans notre fière gaule, la série commence à s’attirer un peu les faveurs de critiques de sites geek américains qui commencent à voir se dessiner un vrai univers. Ce premier “run” de dix épisodes étaient en effet marqué par une intrigue principale un peu pourrie puisqu’il s’agissait de partir à la recherche d’un petit frère passablement énervant, donnant lieu à des épisodes dont le seul but était de savoir qui allait être le monstre de ces quarante-deux minutes. Mais après avoir tranquillement installé ses personnages, réussi à crédibiliser le côté ninja du tonton barman qui se bat à l’épée, et surtout mettre en place la genèse de son monde, Eric Kripke a maintenant les mains libres pour vraiment s’amuser et emmener la série là où on ne l’attend pas. Souvenons nous de son tour de force sur Supernatural, banale copie d’X-Files devenue le lieu de toutes les expériences scénaristiques, et croisons les doigts pour la suite de Révolution. Il serait temps que le show porte enfin bien son nom.

 Serait-on toujours plus dur avec les séries produites dans son propre pays ? Plutôt pas mal taclée par la presse anglaise, Secret State reste, selon moi, l’une des meilleures mini-séries politique à ce jour. En quatre épisodes savamment orchestrés, le show fait le tour des questions qui obsèdent ceux qui atteignent le pouvoir. Doit-on travailler pour ses électeurs ou pour ses amis ? Pour ceux qui vous ont fait élire, ou pour le peuple tout entier ? Peut-on mentir, mener un secret d’état, pour protéger une nation ? Faut-il forcément suivre les règles du jeu de la politique internationale pour faire sa place ? Quel rôle peut-on laisser à l’armée (et aux services secrets) pour assurer la sécurité de tous ? Impossible à raconter tant son scénario est complexe (on rappellera juste qu’il s’agit de l’accession au pouvoir d’un naïf homme politique suite au décès du premier ministre), Secret State déroule une intrigue obsédante dont le final sonne comme un coup d’éclat. Le tout dernier discours est peut-être un poil trop didactique, mais la série réussie ainsi à poser de vraies questions. Et ça fait longtemps qu’on ne s’était pas autant amusé dans un show qui nous fait autant réfléchir.

Allez, à la semaine prochaine, avec peut-être (enfin !) le top 10 des séries qu’il fallait regarder lors de ce premier trimestre de la saison !

Cette semaine, la résolution du meurtre de Rosie Larsen s’est fait tirer la bourre par un groupe de jeunes filles pendant qu’on s’assassinait à tour de bras chez les Borgias. Bref, c’était la dernière semaine de transition avant que tous les programmes de l’été ne se mettent en place. Et l’occasion de découvrir que les acteurs québécois commencent à envahir les programmes US…

Au rayon des petites news, on notera la fin du duo Nurse Jackie & The Big C qui ne semble pas plus avoir enchanté la critique que le public. Les deux séries seraient-elles fatiguées ? A vous de me le dire… On ne regrettera pas, en revanche, le départ de l’ultra-timorée The Client List qui voyait Jennifer Love Hewitt interpréter une prostituée capable de résoudre les problèmes de tous les couples en crise (sans même avoir à coucher avec ses clients !), ou de l’effroyable How to be a Gentleman, sitcom purement honteuse dont la chaîne se débarrassait des derniers épisodes dans la case maudite du samedi soir.

C’est plutôt du côté des retours qu’il y avait quelques bonnes surprises. On passera sur The Exes, qui malgré son lot d’acteurs sympathiques, s’avère être une sitcom lourdingue et peu drôle, et on se penchera du côté de Wilfred, l’homme chien qui parle à Frodon (tout un concept !) A noter aussi le retour de Futurama, qu’on ne présente plus, ainsi que de Falling Skies, la série présentant de fiers américains luttant pour survivre après une invasion extra-terrestre. La première saison était franchement décevante, la deuxième démarre assez fort pour nous y faire croire à nouveau…

Aie aie aie ! Difficile d’être convaincu par la première nouveauté de la semaine, Hollywood Heights. Bon, il faut préciser qu’il s’agit d’un programme un peu particulier, non seulement car c’est une des très rares séries live à être diffusée sur Nickelodeon (dans la partie Nick at Nite), chaîne autrement spécialisée dans les programmes pour enfants ; mais aussi car il s’agit d’un soap, d’un vrai – comprendre par là qu’à la différence de Dallas ou Desperate Housewives, Hollywood Heights est diffusée tous les soirs de la semaine, pour un totale de 90 épisodes pour cette première saison. C’est donc plus à rapprocher d’une sorte de Plus Belle la Vie à Hollywood, ou même – pour les connaisseurs – à une vraie telenovela (la série est d’ailleurs adaptée d’une d’entre elles.) Le gros, gros, gros problème d’Hollywood Heights est qu’il est totalement impossible de s’identifier à l’un des personnages. Entre le chanteur beau-gosse mais con comme la lune, l’acteur dépravé (ah ben si, il met de la vodka dans son jus d’orange), la top model en pleine crise amoureuse, la blondasse stupide qui fait rien qu’à dire à son père que d’abord elle fait ce qu’elle veut, ou encore les deux héroïnes qui forment le tandem classique de l’hystéro sans talent qui accompagne la jeune fille sage super douée, on fait face à une galerie de clichés, d’archétypes préhistoriques, mais pas à de vrais personnages en plusieurs dimensions. Du coup, autant vous l’avouer, je n’ai pas eu le courage de regarder plus loin que le premier épisode. Il faut dire que, comme pour tous les vrais soaps, le programme ne peut pas trop compter sur sa réalisation sans le sou ou ses scénarios ultra bavards pour tenter de rattraper le coup. Nickelodeon joue beaucoup en programmant ce show d’un autre genre, tente une expérience culottée… mais malheureusement de mon côté, je dirai simplement stop.

La deuxième nouveauté de la semaine n’a en réalité pas grand chose de nouveau. Avec The Soul Man, Cedric the Entertainer, célèbre acteur de comédie black, propose une sitcom à l’ancienne, extrêmement communautariste et au final franchement désespérante. Fallait-il en attendre plus d’un spin-off de Hot in Cleveland, autre sitcom diffusée sur TV Land, et qui ne fera rire que… heu… non je trouve pas. L’histoire de ce chanteur de R’n’B qui devient pasteur et qui découvre que c’est dur parfois mais heureusement toute sa famille est là pour l’entourer – barfff, ça y est je me suis endormi. Oui, bon, à l’extrême limite, y a des scènes de gospel pour ceux qui adoreraient vraiment ça… mais franchement…

Ok, ok, c’est vrai, on avait bien envie de se moquer de la troisième (et dernière) nouveauté de la semaine. Il faut dire qu’avec son titre très culcul, Baby Daddy ne laissait pas espérer grand chose, d’autant plus qu’il s’agit d’une sitcom pour ABC Family, chaîne pas vraiment spécialisée dans ce format ou alors plutôt propice à nous vendre des programmes franchement pas folichon (si vous avez le courage, jetez un oeil à Melissa and Joey pour comprendre.) Première surprise : on retrouve dans le rôle principal Jean-Luc Bilodeau, un acteur québécois qui a déjà à son actif une série diffusée sur les ondes US puisqu’il interprétait le rôle du petit frère dans Kyle XY. Jean-Luc nous faisait déjà rire à l’époque et il faut avouer qu’il fait preuve d’un certain talent pour la comédie lors de ce pilote. C’est aussi l’occasion de retrouver Chelsea Kane, sympathique petite actrice qui a surtout fait des seconds rôles dans des séries Disney et a apporté une touche de méchanceté dans la dernière saison de One Tree Hill. Alors certes, impossible de ne pas la comparer à Kaley Cuoco de The Big Bang Theory tant leurs rôles sont – en apparence – proche, mais la petite Chelsea s’en sort finalement pas si mal.

Non seulement contente d’avoir des acteurs investis et franchement à la hauteur, Baby Daddy raconte aussi une histoire plutôt touchante, celle d’un jeune homme qui découvre un beau matin qu’il est papa alors que la mère de sa petite fille lui abandonne le bébé sur le pas de sa porte. Ça pourrait être lourd et poussif, tirer la larme facile, ça la joue au final plutôt Jude Apatow, avec ses qualités et ses faiblesses. Ainsi, l’interminable scène où le héros tente de faire manger sa fille est assez inutile, mais la mise en place des différentes relations entre tous les personnages s’avère plutôt sensible et maligne. Au final, ce pilote s’avère franchement réussi et, si on le compare aux autres pilotes de sitcom lancées ces dernières années, fait partie du très haut du panier. Mais comme avec toutes les sitcoms, c’est sur la durée que Baby Daddy doit prouver son intérêt. En tous cas, moi, je lui souhaite bonne chance.

Ah là là, on s’est bien étripé chez les Borgias cette année ! Coucheries, manipulations, trahisons, meurtres, complots politiques et grosses batailles rangées font toujours le charme de cette série historique dans la droite lignée des Tudors (il s’agit d’ailleurs de quasiment la même équipe aux manettes, à l’exception notable du showrunner.) Si Jérémy Irons se montre toujours autant en demi teinte dans le rôle du pape Rodrigo Borgia, la petite Holliday Grainger s’affirme nettement en Lucrecia (nul doute qu’elle va faire tourner les têtes après la série), tout comme François Arnaud (Cesare), un petit québécois (un autre donc !) qui fait son bout de chemin. Mais la palme revient indubitablement à l’excellent Michel Muller, terrifiant et dégueulasse Charles VIII absolument génial. Au niveau du scénario et de la réalisation, la série reste dans la droite lignée des bases posées l’année dernière – ce n’est donc pas forcément exceptionnel mais le tout reste d’un bon niveau. Bref, les amoureux de programmes historiques pourront se régaler, ainsi que tous ceux qui apprécient les histoires de quête du pouvoir.

Final Score : 4/5

Honnête jusqu’au bout des ongles, The Borgias ne révolutionnera pas la télé mais offre un programme suffisamment de qualité pour enchanter tous ceux qui se laisseront embarquer par cette famille franchement particulière !

S’il y en a qui ont secoué l’Amérique dans le paysage audiovisuel ces derniers temps, c’est bien les filles de Girls, et notamment Lena Dunham, nouvelle it-girl du scénario qui vole ainsi la place de Diablo Cody. En France, les critiques sur la série sont pour l’instant plus mitigée. Pourquoi ? Il me semble que tout est une question de cible. Si, en France, on cherche à produire des programmes qui parlent au plus grand nombre, qui peuvent rassembler un maximum de personnes, les américains, eux, misent depuis longtemps sur une segmentation du public et cherchent à toucher en priorité une certaine cible. Girls en est, à mon avis, une figure exemplaire : si la plupart des filles de vingt à trente ans que je connais se sont senties immédiatement touchées par la série, les garçons restent plus dubitatif, tout comme les tranches d’âge supérieures qui ne semblent pas se reconnaître dans la série. Il faut dire que si les quatre héroïnes principales sont plutôt bien conçues et réfléchies, les personnages secondaires – en particulier les garçons – sont franchement taillés à la serpe et ont bien du mal à sortir des stéréotypes dans lesquels Lena Dunham semble les ranger (le gay, l’artiste incompris, le bouffon de service, le gentil garçon en crise bad guy.) Les scénarios eux-mêmes regorgent de trouvailles, de scènes franchement réussies, de dialogues percutants, mais le tout ne s’inscrit quasiment jamais dans une quelconque dramaturgie ce qui, certes, donne une impression de réalisme, mais laisse sur le bord de la route toutes celles et ceux qui ne se font pas uniquement embarquer par les personnages. Soyons clair malgré tout : Girls reste une très bonne série, magnifiée par une réalisation et une mise en scène quasiment toujours parfaite. Pour sa cible, elle sera immanquable, pour les autres elle nécessitera certainement plus d’effort pour aller jusqu’au bout.

Final Score : 5/5 pour la cible (les filles de 18 à 35 ans je pense !), 3.5/5 pour les autres.

Girls est, à mon sens, un pur produit de cible qui atteint totalement ses objectifs, toucher les jeunes femmes. Mais sa protagoniste principale plutôt insupportable et ses scénarios mou de la structure viendront sabrer le bonheur des autres. Tout est là, à mon sens : êtes-vous touché par le personnage de Lena Dunham ? Si oui, vous serez conquis, sinon il vous restera quand même une série magnifiquement réalisée et quelques scènes de comédie absolument jouissive.

La question n’est plus de savoir si le “remake” est aussi bon que l’originale danoise : cette version US de The Killing se pose comme étant – de loin – la meilleure série de cette année. Cette deuxième saison, qui creuse plus en avant dans les complexités politiques de la ville, garde toutes les qualités de la première, à savoir une réalisation irréprochable, des acteurs excellents, et surtout des personnages terriblement attachants et complexes qui font tout le sel de la série. Car si la découverte du meurtrier de Rosie Larsen reste la question centrale, c’est bien la trajectoire des différents protagonistes qui est véritablement hypnotique. Ainsi, même lorsque les scénaristes se permettent une sortie de route d’un épisode pendant lequel l’enquête n’avance absolument pas, on ne se sent pas du tout lésé car l’évolution des personnages, elle, est bien réelle. Plus une plongée dans l’âme humaine qu’une spectaculaire enquête policière, The Killing pose sans cesse la question non pas du meutrier mais bien de notre potentiel au mal, de la capacité de chacun à tomber dans les pires travers. Et s’offre, dans le tour de force final, une extatique réponse qui fait froid dans le dos.

Final Score : 5/5, voir un peu plus.

Absolument implacable, cette deuxième saison de The Killing fait de la série un évènement immanquable, avec une étude de personnages la plus riche vue depuis fort longtemps. Sachant toujours rester simple et accessible, le show prend le risque de ne pas chercher l’innovation ou la différence et s’appuie simplement sur des scénarios excellemment construits, une mise en scène et des comédiens formidables. Alors qu’on ne sait toujours pas si AMC va commander une troisième saison, on peut se tourner vers la version danoise dont la deuxième saison proposait une nouvelle enquête, alors que la troisième – elle aussi sur une autre affaire – va bientôt démarrer. Et si vous n’avez pas encore vu l’incroyable voyage de Murielle Enos et Joel Kinnaman, je vous laisse tranquille pour 26 épisodes qui risquent de vous marquer pour longtemps.

Allez, à la semaine prochaine, avec le retour très attendu de la série la plus AWKWARDDDD….

19ème et dernière partie de notre bilan de l’année – avant le bilan du bilan ! On termine avec quatre séries qui n’ont pas grand chose à voir les unes avec les autres. Une rencontre qui s’éternise, de jeunes chanteurs dynamiques, une bonne raison de garder l’espoir et de la pluie sur Seattle.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Il semble que le grand jeu de l’année a été de tirer sur l’ambulance How I Met Your Mother. Comme si tout le monde, subitement, trouvait que la sitcom, dans sa sixième année, était devenue extrêmement mauvaise. Shonda Rhimes, créatrice de Grey’s Anatomy, aurait-elle donc raison quand elle explique que les saisons 6 et 7 sont les plus dures à passer et qu’il faut attendre la 8 pour trouver un vrai renouvellement ?

Tout le monde connaît maintenant le concept de cette histoire d’amour à rebours, ou comment un papa raconte à ses enfants la manière dont il a rencontré leur mère… Ou plutôt, non, comment il ne leur raconte pas. Ce pitch de base n’a de toutes façons que peu d’importance et sert juste aux auteurs d’avoir la possibilité de se permettre des aller-retours temporels qui ont mis en place de nouvelles structure de comédie propres à la série, comme son incroyable manière de nous faire croire que les personnages partagent de grandes traditions depuis très longtemps alors qu’on ne les a jamais vu faire. Du coup, s’énerver parce que le show n’a toujours pas dévoilé qui est cette fameuse mère me paraît être totalement régressif et volontairement naïf : c’est comme s’énerver sur le fait de vouloir voir le père Noel - on sait tous que l’important ce sont les cadeaux (ahem…)

Après, il faut bien avouer que la sitcom de Carter Bays et Craig Thomas commence un peu à s’essouffler. On s’est largement habitué aux structures volontairement saccagées des épisodes, les répliques de Barney ne font plus aussi mouche qu’avant, et même le couple Lily/Marshall s’épuise à être toujours aussi parfait. Ok. Mais la série est-elle vraiment moins drôle pour autant ? De mon côté, je souris toujours autant et j’avoue que j’aime bien retrouver le petit gang une fois par semaine. Ils ne m’ont pas lassé et s’avère un rendez vous toujours aussi agréable. Du coup, non, je ne troquerai pour rien au monde les soirées au Mac Laren’s contre des journées avec une certaine famille moderne…

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une septième saison.

Il semble de bon ton de critiquer How I Met Your Mother en ce moment. Personnellement, je prends toujours autant de plaisir à regarder la série et à retrouver le gang au Mac Laren’s. Certes, on est en terrain conquis et ce ne sont pas les surprises qui fusent. Mais très franchement, vous en connaissez beaucoup des sitcoms qui vous surprennent tout le temps ? How I Met fait rire, et c’est déjà franchement pas si mal.

L’année dernière, la FOX prenait tout le monde de court avec sa nouvelle série comédie musicale, Glee. Le genre n’était quasiment plus présent à la télé américaine depuis Fame dan les années 80, mais c’est surtout le fait que le créateur du show soit Ryan Murphy, connu pour avoir choqué l’amérique avec Nip/Tuck, qui a vraiment surpris tout le monde. Ce serait oublier que le bonhomme s’est déjà essayé à la comédie ado (très) satyrique avec la remarquable Popular, malheureusement depuis tombée dans l’oubli.

Si le but avait été de renouveler la surprise avec cette deuxième saison des aventures de la célèbre chorale de loosers, ce serait un remarquable échec tant on sent la formule “on prend les mêmes et on recommence.” Du coup, il faut bien l’avouer, les destins de Finn, Will, Rachel et consort déjà sur-utilisé l’année dernière, ne nous font ni chaud ni froid. Le pire est sans doute atteint avec Kurt, qui nous lasse très rapidement, et dont on aimerait qu’il disparaisse lorsqu’il part dans une autre école (dont les histoires ne nous intéressent mais alors vraiment pas !) Heureusement, Ryan Murphy y a déjà pensé et aimerait mettre en place un système de roulement des personnages pour que des nouveaux puissent arriver progressivement tandis que les anciens, qui finiront tôt ou tard par quitter le lycée, partiront vivre d’autres aventures ailleurs. Du coup, le show est dramatiquement plus intéressant quand il s’intéresse à des personnages laissés en jachère l’année dernière comme Mike Chang (qui mériterait d’être encore un peu plus mis en avant…) mais surtout le duo Santanna / Brittany, totalement jouissif et parfaitement incontrôlable. C’est aussi l’occasion de révéler que Heather Morris n’est pas seulement une excellente danseuse et chorégraphe, c’est aussi une actrice assez géniale !

Alors que retenir de cette deuxième saison de Glee ? Quand la série fait dans le cynisme ou quand elle veut volontairement choquer et faire bouger les choses, elle y arrive plutôt bien. Elle est aussi très réussie quand elle parle de l’homosexualité masculine ou féminine, ou même de la découverte de la sexualité chez les adolescents. Par contre, elle se casse les dents lamentablement lorsqu’elle tente vraiment de toucher ou d’émouvoir, et retombe dans les travers de certaines des pires séries pour ados. Alors, comme la série, le spectateur a le cul entre deux chaises, intrigué par tous les passages peu conventionnels mais anéantis par les grands moments de leçon de morale. Ceux qui resteront seront ceux capable de supporter d’avoir quasiment un quart d’heure de chanson par épisode.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une troisième saison.

Glee est clairement sauvée cette année par le duo Santanna / Brittany qui apporte la dose d’humour décalé nécessaire à la série. D’un autre côté, elle ne cesse de tomber dans les pires clichés des séries pour ados, notamment avec ses romances interminables et peu crédibles. Dommage, car on aimerait vraiment retrouver la patte inimitable d’un Popular en comédie musicale.

Pour faire une bonne sitcom, il suffit parfois de pas grand chose : un concept sympathique, un casting amusant, ou tout simplement des auteurs en pleine forme qui proposent des répliques assassines. Avec juste l’une de ces trois composantes, vous pouvez déjà connaître le succès. Alors accrochez-vous, car Raising Hope possède les trois. Et bien plus encore.

Pour ses deux nouvelles sitcom, la FOX s’est entourée de deux équipes menées par d’anciens chefs armés de la comédie dérangeante. D’un côté Mitchell Hurwitz, papa de Arrested Development pour Running Wilde, qui sera malheureusement un terrible échec en terme d’audience, de l’autre Greg Garcia, papa de la plus discutable My Name is Earl, pour Raising Hope, dont le succès ne s’est jamais altéré tout au long de l’année.

On ne dévoilera pas la situation de départ, qui offre l’une des plus magistrale et ahurissante introduction pour une sitcom (si vous n’êtes pas scotchés à la fin des trois premières minutes du pilote, je ne vous comprends pas), mais sachez que la série raconte les mésaventures d’un enfulte de 23 ans, qui vit encore chez ses parents, avec sa maw-maw (son arrière grand-mère) complètement frapadingue. Et, suite à un ironique coup du sort, il se retrouve papa après un coup d’un soir, mais surtout il doit élever seul la petite fille renommée Hope (parce qu’à l’origine, elle s’appelle Princess Beyonce – véridique). Ajouter à cela une fort sympathique Sabrina dont le héros est fou amoureux et vous avez déjà de quoi faire.

Peut-on vraiment parler de point fort pour cette série ? Tout y est franchement excellent. Les histoires sont surprenantes, décalées et particulièrement inventives, le rythme ne s’essouffle jamais, les personnages sont juste fabuleux, sans compter sur une réal classe et une production value carrément à la hauteur. Et on oublie le casting, incroyable, avec une mention spéciale pour Cloris Leachman, la fameuse arrière-grand mère complètement tarée, qui assume avec une classe extraordinaire un rôle pas toujours facile.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Tout est bon dans Raising Hope. A la limite, on pourra juste lui reprocher d’être un peu traditionnelle – comprendre par là qu’elle ne fait pas trop dans l’auto-dérision ou la référence à outrance – mais pour une sitcom single caméra, c’est bien la meilleure de l’année. Du coup, allez-y, jetez vous dessus, et rattrapez vite la première saison avant que la deuxième ne commence.

N’ayant pas encore vu la fin de The Killing - qui semble avoir fait changé d’avis pas mal de spectateur sur la qualité de la série – je vous propose juste une mini critique qui sera amenée à être transformée dés que j’aurai terminé la première saison…

The Killing est adaptée d’une série danoise, mais pas par n’importe qui vu que c’est Veena Sud qui a présidé au destin des deux versions. Sorte de Twin Peaks sans David Lynch (donc sans nain ou rideau rouge en plein milieu d’une forêt), le show s’intéresse à la disparition de Rosie Larsen, une adolescente de Seattle, et aux répercussions que cela implique sur sa famille, sur la campagne électorale d’un homme politique, et sur le duo qui enquête sur son meurtre.

Jusqu’ici, la force principale de la série réside à la fois dans son histoire, très malicieusement menée – même si on sait qu’on va sans cesse nous emmener dans des fausses pistes vu qu’il faut que la série fasse treize épisodes, on se laisse porter avec une certaine joie – et dans ses scénarios eux-mêmes, extrêmement bien conçus et qui savent incroyablement mettre en valeur la psychologie des différents personnages.

Ceux-ci sont de plus défendus par des acteurs franchement hors-norme, totalement investis, comme on aimerait en voir un peu plus souvent. La réalisation, belle à se damner, va vous donner envie de visiter Seattle et saura vous faire apprécier un jour de pluie comme nulle autre. Y a-t-il une chose que je reprocherai pour l’instant au show ? Peut-être juste son utilisation un peu trop systématique de sa musique, très marquée, mais qui participe d’un autre côté totalement à l’ambiance. Bref, pour l’instant, je suis totalement conquis…

Final Score : (à l’épisode 9) 5/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Alors oui, je suis fan de The Killing à un point que je me suis retapé les huit premiers épisodes pour les faire découvrir à ma dulcinée. En contrepartie, je n’ai pas encore vu la fin qui, semble-t-il, en a désespéré plus d’un. Mais bon, même si celle-ci s’avérait vraiment pourrie, je conseillerai malgré tout le show pour tous les épisodes précédents, franchement excellents.

18ème et avant-dernière partie de notre bilan de l’année. Pour faire plaisir à tous ceux qui aiment le fantastique et/ou la SF, on va parler aujourd’hui d’un ex-futur super héros, de sciences de l’étrange, de zombies , de la famille et des robots, et enfin de deux frères qui viennent comme chaque année nous en mettre plein la vue.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le 16 octobre 2001, fort d’un accord un peu tendu passé avec la société d’édition de comics DC, la WB (ancien nom de la CW) diffusait le pilote d’une petite série fantastique basée sur le personnage de Superman et portant le titre de Smallville. La licence est forte, certes, mais personne n’attend vraiment au tournant ce petit programme avant tout destiné aux ados. Sans le savoir, Miles Millar et Alfred Gough viennent d’en prendre pour dix ans… et de faire un bout d’Histoire !

Car il faut bien se dire que les séries qui durent dix ans, ça se compte sur les doigts de la main. X-Files, E.R., Friends… il y en a d’autres, mais bon vous m’avez compris : quand ça dure dix ans, on se rappelle du show pendant longtemps. Du coup oui, même si vous n’aimez pas et malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire, Smallville se fait une petite place dans la grande Histoire des séries télé.

C’est qu’il fallait les tenir ces dix ans sans collants ni vol, ce qui était la volonté première des créateurs. Un superman sans sa cape et incapable de voler, what, ce n’est pas Superman ! Pour les fans du comics, la grande force de la série a été de ne pas plagier ce qu’ils avaient déjà lu mais bel et bien de tout réinventer – au point d’ailleurs que DC a incorporé des personnages de la série (comme Chloé) dans ses comics ! Et autant vous dire que ces deux dernières années, les auteurs s’en sont donnés à coeur joie en ré-imaginant Green Arrow, toute la JSA ou encore la Legion of Super-Heroes. Un peu comme si quelqu’un avait dit : c’est bon les gars, on arrête bientôt, alors allez-y lâchez vous, faites ce que vous voulez. Résultat des courses, voilà deux ans qu’on s’éclate à regarder Smallville, qui pousse toujours le bouchon un peu plus loin, se déride complètement, ne se prend jamais au sérieux mais ne déconne pas pour autant avec la matériel de base. Le tout finir dans un BANG énorme, un double épisode final absolument jouissif, tellement fun et tellement bien incarné par Tom Welling qu’on lui pardonne toutes ses années passées à se débattre avec ses quatre expressions pour jouer Clark Kent.

Alors oui, Smallville ne s’est jamais remis de ses défauts. A commencer par une plastique assez cheap, avec des effets spéciaux pas toujours très réussis (comprendre très moche la plupart du temps), des décors qui tournent en boucle (tient, on dirait bien qu’on a déjà vu cet appartement une bonne dizaine de fois), mais surtout une structure qui plombe les scénarios avec huit minutes de vide à la fin des épisodes – enfin, de vide, dans les yeux des acteurs, qui doivent lancer de grandes tirades sur la vie, l’amour, l’héroïsme alors qu’on attend avec impatience le putain de cliffhanger de fin !

Magistrale en tout point, cette ultime saison de Smallville tourne donc une vraie page d’histoire. Le gamin né en 1990, qui avait dix ans au début de la série et qui a grandi avec elle, ne pourra s’empêcher de verser une petite larme. Nous, les grands, on a un petit pincement au coeur mais on se retient – merde, c’est Smallville quand même, les autres vont se foutre de notre gueule. Et pourtant, rah, quelle jouissance que ces deux dernières minutes, ce dernier plan, qui ferait juste hurler : up, up and away !

Final Score : 5/5 pour les fans, 2/5 pour les autres
Smallville, il faut avoir grandit avec pour l’aimer. Du coup, si vous n’êtes pas déjà fan, pas la peine de vous prendre la tête – à la limite, vous pouvez jeter un coup d’oeil au double épisode final, histoire de voir comment ça se termine. Les fans, eux, ont déjà regardé. Et tous ceux qui aiment encore la CW croisent les doigts pour que la série soit remplacé par quelque chose de potable l’année prochaine. Hein, quoi ? On me souffle dans l’oreillette “le retour de Sarah Michelle Gellar”. Si si.

Imaginée il y a trois ans par J.J. Abrams, Fringe est aussi la fille de Alex Kurtzman et Roberto Orci, deux cerveaux magnifiques que le magasine Forbes a crédité en tant que “l’arme secrète d’Hollywood, la force tranquille derrière le box office à 3 billions de dollars. Souvent dans l’ombre de J.J., ils peaufinent certains scénarios et en écrivent d’autres. Côté télé, ils étaient là sur Alias, et sont responsables de la surprenante mais réussie modernisation de Hawaii Five-0. J.J. parti vers d’autres cieux, les deux compères allaient-ils réussir à sauver un show en pleine perte d’audience ?

La bonne idée, ce fut d’abord de ne pas changer les deux showrunners (Pinkner et Wyman), deux hommes ayant fait leurs preuves sur d’autres séries de J.J. et qui savent s’embarquer dans des délires assez fous. Laissés comme deux ronds de flans après le cliffhanger de la deuxième saison, il fallait bien toute leur capacité d’innovation pour faire repartir Fringe sur de bonnes bases. Et autant dire que leur idée pour diversifier et faire rebondir la série est absolument géniale… mais on n’en parlera pas ici, au cas où certains d’entre vous ne l’auraient pas encore vu.

Du côté de la production value et de la réalisation, la série continue d’affirmer son identité visuelle relativement classe, qui sait minimiser les effets spéciaux pour mieux les valoriser. La musique nous plonge toujours aussi facilement dans cette ambiance si particulière et le tout regorge d’idées pour arriver à faire vivre un univers parfois diablement complexe.

Si les intrigues “bouclées” des épisodes s’avèrent tout à fait à la hauteur mais un poil répétitives par rapport à ce qu’on a déjà vu, c’est bien entendu au niveau du feuilletonnant que Fringe révèle tout son talent. Ne crachant sur aucun retournement de situation, même – parfois – les plus artificiels, le show se veut surprenant et particulièrement ludique, incitant toujours le spectateur à essayer d’en savoir plus, à comprendre avant les personnages ce qui est en train de se passer. La saison est pour le coup magnifiquement construite, et chaque petit élément mis en place aura son importance dans le grand déballage des trois derniers épisodes. Et comme à chaque fois, on est soufflé par le cliffhanger de fin qui ne nous rend que d’autant plus impatient de voir la suite.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. La série est en pleine chute d’audience et, pour faire plus de place à American Idol, la FOX a déplacé le show au vendredi soir. Une soirée déjà connue pour être la case du suicide de série (ou du meurtre de série, selon le point de vue), mais qui plaçait en plus Fringe face à Supernatural, autre show fantastique qui attire exactement le même type de spectateurs. Mais, ouf !, la communauté de fans de Fringe est très active et a amplement soutenu le show qui a réussi, semaine après semaine, à maintenir des scores plus qu’honorable dans cette case horaire. Une bataille de gagnée, mais la guerre reprend le 23 septembre.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
On aurait pu se lasser de Fringe, avec des épisodes bouclés un peu redondants, s’il n’y avait le feuilletonnant remarquable, qui sait prendre tous les virages – même les plus insensés. Impossible de rester de marbre face à son final bluffant, à moins que vous ne soyez totalement réfractaire aux séries fantastiques. Vivement la suite.

Attendue comme le loup blanc, The Walking Dead était l’improbable série de zombies diffusées sur AMC, la chaîne de Breaking Bad et autre Mad Men (avant de devenir le network de The Killing, dont on parlera demain.) Adaptée d’un comics à succès de Robert Kirkman, le show se concentre sur un groupe de survivants mené Rick Grimes, un ancien shérif. Six épisodes plus tard, l’adaptation de Frank Darabont, showrunner de la série, nous a-t-elle convaincu ?

La vraie force de The Walking Dead, c’est très clairement ses personnages, qui évitent tous le monolithisme habituel des histoires de zombies. Chacun d’entre eux est singulièrement travaillé, psychologiquement approfondi, et on passe à travers les couches successives des personnalités au fur et à mesure des épisodes. Tous dotés d’un destin particulier, difficile de ne pas s’attacher à ce groupe de survivants pour qui les vraies questions sur l’humanité et le besoin de survivre en tant qu’espèce se posent quotidiennement.

On notera aussi une production value assez intéressante, qui sait nous faire croire à ses décors apocalyptiques et créer une ambiance vraiment prenante… du moins dans les premiers épisodes. Dommage que la réalisation, franchement pauvre, ne vienne pas transcender le tout mais s’enferme peu à peu dans la simple production d’images, sans réelle réflexion derrière.

Mais le gros du problème se situe au niveau du scénario (un comble quand on sait que la tagline d’AMC est story matters here). En effet, les épisodes souffrent d’une structure totalement catastrophique, d’un rythme franchement poussif et l’histoire avance par à coup improbables. On ne note aucune unité dans la série qui part dans tous les sens mais sans jamais savoir où elle veut aller, et on termine sur un season finale faussement claustro, mais surtout totalement raté, qui laisse sur une conclusion désarmante.

Si l’on ajoute à ça le fait que les acteurs sont franchement à la limite de l’insupportable (mention spéciale à Sarah Wayne Callies, transfuge de Prison Break, qui croit nous émouvoir en faisant les gros yeux toutes les cinq secondes), on comprendra aisément que ce Walking Dead pourtant démarré sur les meilleurs auspices nous laisse complètement pantois sur le long terme. Pas la pire des séries, ok, mais l’une des plus grosses déceptions de l’année.

Final Score : 3/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Franchement, à la vue des deux derniers épisodes, j’ai hésité à mettre un 2/5. Puis je me suis souvenu des trois premiers et de l’excitation remarquable que me provoquait cette série. Du coup, on va dire que seulement la moitié de la saison est loupée, et qu’elle mérite une note médiane. Bref, vous l’aurez compris, The Walking Dead a encore du chemin à faire avant d’être une série aussi extraordinaire que beaucoup l’ont prétendu. Parce que sur la fin, ce n’était même plus un divertissement – juste un putain de calvaire.

Ah, Caprica ! Comment parler de la nouvelle série de Ronald D. Moore et Remi Aubuchon sans lancer un débat enflammé avec les fans de Battlestar Galactica ? C’est que Caprica s’est avant tout présentée comme une prequel qui expliquerait comment les cylons ont été inventés. Le truc, c’est qu’il y a mensonge sur la marchandise…

Car Caprica est loin d’être seulement un prequel, mais a une ambition tout autre : être la première série sur la famille… dans un monde de SF. Ronald D. Moore avait pourtant prévenu, tout dans le show serait fait pour ne pas répéter ce qui a été dit dans BSG. Exit les batailles spatiales et l’opposition entre les militaires et les civils, exit les réflexions sur l’extinction de la race humaine, exit aussi le mysticisme religieux halluciné des personnages vers la fin de la série. Caprica se penche avant tout sur un couple de parents incapable de faire face à la perte de leur fille, et sur la question essentielle de la résurrection. Un avatar numérique peut-il devenir l’âme d’une personne ? Toute la première partie de la série ne cesse de se poser la question tout en développant peu à peu, certes, la construction du premier cylon – il faut bien un peu de fan service que diable.

Particulièrement convaincante jusqu’à son dixième épisode, la série amorce ensuite un virage plutôt dangereux en remettant en place les intrigues politiques (mais toujours liées à la religion) chères aux créateurs de BSG. Et c’est là que le truc ne prend plus, du moins pour beaucoup de spectateurs, car on entre dans une autre série, qui serait plus un show politique mâtiné d’enquête complexe où quasiment toute forme de SF disparaît peu à peu. Enfin, si ce n’était le développement d’un monde artificiel qui peinera jusqu’à la fin à convaincre, la faute à une production value relativement déplorable dés qu’il s’agit de faire vivre un monde en 3D.

Plus lente, pas toujours bien construite, et surtout trop éloignée des attentes des fans de la première heure, cette seconde partie de la série l’aura conduite à son échec commercial et à l’annulation par Syfy. Le network s’est tout de même arrangé pour permettre aux auteurs d’offrir une vraie conclusion à la série qui renoue totalement avec son univers de base dans le dernier épisode. Mais il faudra tout de même se farcir quelques unes des séquences en image de synthèse les plus moches jamais vu à ce jour – au point qu’on en aurait presque de la peine pour la personne qui a dû boucler le show avec un budget que l’on sent ridicule.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison (mais avec une vraie conclusion).
Que reste-t-il de Caprica ? Des idées courageuses, une vraie liaison sympathique avec BSG, et un univers extrêmement sympathique. Mais à trop vouloir jouer des arches différentes, le show perd son identité dans sa deuxième moitié pour offrir quelque chose qui aurait pu plaire à certains, mais certainement pas aux fans de la première heure. Caprica est un échec, mais malgré tout un magnifique échec.

Supernatural aurait du s’arrêter l’année dernière, à la fin du run de cinq ans d’Eric Kripke, créateur du show, qui affirmait avoir dit tout ce qu’il avait à dire sur la série. Mais les audiences étant… on va dire honnêtes, histoire d’être gentil, ou en tous cas pas totalement catastrophiques, et surtout la critique étant relativement dithyrambique depuis quelques saisons, la CW a désiré reconduire la série. Difficile de convaincre tout le monde de revenir, mais ce qui les a mis d’accord c’est que la nouvelle showrunneuse serait Sela Ward, ancienne assistante d’Eric Kripke et auteur sur pas mal d’épisodes. On lui faisait confiance pour tenter de perpétuer la qualité de la série – mais on ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle fasse aussi bien. Et pourtant…

Autant vous le dire tout de suite, cette sixième saison de Supernatural est juste incroyable. En reprenant la liste et les résumés de tous les épisodes, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à jeter. Scénaristiquement, la série fait vraiment très très fort. D’abord dans son histoire générale, son feuilletonnant qui court tout au long de la saison, magnifiquement écrit, bourré de twists et autres retournements de situation, servis par des épisodes proprement géniaux, par exemple l’extraordinaire The Man who would be King, écrit par Ben Edlund, un monstre de travail sur la structure et l’utilisation de la temporalité dans le scénario.

Ce même Ben Edlund est aussi à l’origine de quelques uns des épisodes plus ou moins bouclés les plus inventifs jamais fait, comme ce formidable The French Mistake ou les personnages Dean et Sam se retrouvent sur le tournage… de Supernatural, à devoir se faire passer pour les terribles et franchement mauvais acteurs Jensen Ackles et Jared Padalecki. On notera aussi l’excellent My Heart will go on, dans lequel un ange retourne dans le passé pour empêcher le Titanic de couler, tout simplement parce qu’il ne supporte pas les chansons de Celine Dion, ni le film de James Cameron. Et on pourrait en citer à la pelle, tant cette saison regorge de trouvailles, de bonnes idées et de moments inoubliables.

Alors oui, la réalisation n’est pas un grand moment de cinéma, mais reconnaissons à la série une production value qui arrive à nous faire croire à des décors différents dans tous les Etats Unis semaine après semaine… alors que le show est tourné dans des petits locaux au Canada. Et si Jensen Ackles et Jared Padalecki (faut le faire quand même ces noms!) ont un peu des gueules de gravure de mode, ils maîtrisent maintenant parfaitement leurs personnages et s’avèrent de redoutables acteurs. Entouré par un casting plus que brillant (Misha Collins en Castiel est sans doute l’un des plus incroyables comédiens de l’année), les frères Winchesters continuent d’être au top du top, et Supernatural est toujours, et de très loin, l’une des meilleures séries de ces dix dernières années.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une septième saison.
La question n’est pas de savoir si vous devriez ou non regarder cette sixième saison de Supernatural, mais plutôt si vous devriez vous farcir l’intégralité de la série. Avec cent vingt-six épisodes au compteur, c’est une vraie problématique. Et puis il faut savoir que la première saison n’a rien d’exceptionnel et que c’est seulement à la troisième que la série a vraiment gagné ses lettres de noblesse en devenant un immanquable. Méchamment intelligente et bien foutue, on est loin de la simple petite série pour ado, et bel et bien dans le show sans doute le plus désespéré de sa génération. Incroyablement efficace, regorgeant d’originalité et de trouvailles géniales, c’est tout à la fois un vrai laboratoire à expérimentation et une magistrale réflexion sur l’Homme, la religion et la famille. Et vu le cliffhanger de la saison, c’est peu dire qu’on attend avec impatience le 23 septembre pour la reprise de la série !

httpv://www.youtube.com/watch?v=nCmPPEs6wN4

Ca fait tout juste une semaine que nous avons fait le tour de la rentrée hivernale des gros networks, et voilà que déjà deux grosses news viennent balayer les nouveaux plannings. C’est ABC qui donne le ton en décidant de lancer (enfin) son nouveau show avec Matthew Perry (le Chandler de Friends) : Mr Sunshine débarque le mercredi 09 février à 21:30 pour prendre la place de Cougar Town qui ne reviendra donc que le 20 avril. Du côté de NBC, c’est plus simple : la très peu intéressante Chase est mise en hiatus (comme on s’en doutait depuis un petit moment) et est remplacée… par des rediffusions d’un jeu (Minute to win it) !

httpv://www.youtube.com/watch?v=pYEeYnikbHs&feature=related

ABC Family revient hanter nos lundis soir avec, jusqu’au 28 mars, la saison 1B (les saisons sont découpées en deux parties sur cette magnifique chaîne…) de Pretty Little Liars, et la saison 4 de Greek (que vous devriez absolument regarder !!!) Ensuite, on switchera pour Secret Life of American Teenager saison 3B et Make it or Break it saison 2B. Ca va, vous arrivez à suivre ?!

httpv://www.youtube.com/watch?v=PfLPNkK-tyA&feature=channel

Showtime nous propose la saison 3 de Nurse Jackie suivie de la saison 3 de United States of Tara le lundi soir, mais c’est bien le dimanche qu’elle fait un beau carton avec la saison 4 de Californication, suivie de Episodes et enfin de Shameless (version US.) Et le 03 avril, elle tentera de “remplacer” les Tudors avec The Borgias, qui prend la place de Shameless et dont on attend beaucoup…

httpv://www.youtube.com/watch?v=yLpELwPhD3w

Syfy se contente vraiment de peu en nous proposant le remake peu convaincant pour l’instant de Being Human le lundi à 21:00 et la saison 3 de Merlin, déjà diffusée en Angleterre, le vendredi à 22:00… Mais à quand le retour de Stargate Universe ?!

httpv://www.youtube.com/watch?v=CWoLVWo_xVo

FX essaie de nous faire revenir un peu chaque soir : le mardi à 22h avec Lights Out (de plus en plus convaincante) ; le mercredi avec la saison 2 de Justified (à partir du 09 février, j’ai hâte !) ; et le jeudi avec la saison 2 de la très inégale série d’animation Archer qui ne convaincra définitivement pas tout le monde…

httpv://www.youtube.com/watch?v=6aF94huIfiU&feature=related

USA mise sur ses licences récemment couronnées de succès avec la saison 2 de White Collar le mardi à 22h ; la saison 2 de Royal Pains suivie de Fairly Legal le jeudi soir ; et enfin la saison 10 de Law and Order : Criminal Intent et la saison 4 de In Plain Sight le dimanche soir, à partir du 1er mai – les fans, prenez donc votre mal en patience…

httpv://www.youtube.com/watch?v=PZ5p18wIQEI

HBO ne vas pas vraiment combler nos attentes avec pour seule série la saison 5 de Big Love (le dimanche à 21:00) qui sera remplacée, le 17 avril, par la très attendue Game of Thrones. Miam…

httpv://www.youtube.com/watch?v=MsbtENOq8-g&feature=related

Dans le même genre, Starz s’occupe seulement du vendredi soir à 22:00, avec pour l’instant Spartacus : Gods of the Arena (kill them all, monsieur, kill them all) ; remplacée dés le 1er avril par Camelot qui n’est apparemment pas une reprise de la série française avec un K.

httpv://www.youtube.com/watch?v=t2podjmVdug

Enfin, AMC fait de même mais seulement à partir du 03 avril en nous proposant le dimanche à 22h la petite nouvelle The Killing. Mais heu, à la vue du trailer, je me demande vraiment ce qu’ils sont en train de nous pondre là…

httpv://www.youtube.com/watch?v=Nx7uOza64Es&feature=related

Pour en finir avec les plus gros des petits networks, sachez aussi que TNT a racheté les droits et propose donc la troisième saison de Southland, le mardi à 22:00, et qui me semble être à l’heure actuelle l’une des plus intéressantes séries de flics quand elle évite le gros pathos en fin d’épisode. MTV refait de la série et propose le lundi à 22:00 un remake assez curieux de Skins, qui hésite en reprise séquence par séquence et vrais épisodes originaux…

httpv://www.youtube.com/watch?v=9Ot4NHUmjbA

Pour le reste, dans le désordre : A&E propose Breaking Kings à partir du 06 mars, le dimanche à 22:00. Lifetime s’amuse avec la saison 5 de Army Wives dont je n’aurai jamais pensé qu’elle durerait aussi longtemps (le dimanche à 21h, à partir du 6 mars.)  DirectTV propose l’ultime saison de Friday Night Lights, le mercredi à 21:00. Cartoon Network anime le vendredi soir avec la saison 2 de Generator Rex et la suite de Star Wars : The Clone Wars. Comedy Central nous propose la suite de la saison 15 de South Park à partir du 27 avril (pff, c’est dans longtemps…) et le début de Workaholics dont on ne sait quasiment rien…

httpv://www.youtube.com/watch?v=AVmq9dq6Nsg

Du côté des comédies un peu bidons sur des chaînes un peu bidons, on va retrouver sur TvLand la saison 2 de Hot in Cleveland et la nouvelle Retired at 35 le mercredi soir. Bet nous propose la saison 4 de The Game et Let’s Stay Together, le mardi soir. TvOne essaie nous convaincre de Love That Girl (saison 2) le lundi soir. Un peu hors-jeu, on citera tout de même deux belles nouveautés sur IFC : Onion News Network et Portlandia, le vendredi soir.