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Et oui, cette semaine plusieurs “vieilles” séries se sont fait la malle et ont prouvé qu’elles en avaient encore dans le coffre. Quant à la seule nouveauté qui vient d’achever sa première saison, il faut bien reconnaître que là, c’était la grosse déception. GROSSE. On en pleurerait presque.

Hello LadiesHELLO LADIES (saison 1)

Car oui, on attendait beaucoup plus de Hello Ladies, création originale pour HBO de Stephen Merchant, un des cerveaux derrière The Office (UK) ou encore Extras. Bon, il avait déjà montré ses limites avec le pas très drôle Ricky Gervais Show (ça c’est histoire de vous donner mes références en terme d’humour – oui je trouve que ce pseudo talk show est loin d’être marrant), mais on espérait qu’il se passe un déclic absurde, foutraque, décalé, bref un coup du sort sur cette histoire d’un trentenaire anglais qui cherche l’amour à Los Angeles. On était loin du compte.

Ce qui choque tout de suite, c’est à quel point le personnage principal est détestable. Certes, il est tout à fait possible de s’identifier à un looser qui n’a pas beaucoup de qualités, mais le personnage de Merchant est juste un gros con bouffi d’égo, dépourvu de culture, qui n’hésite pas à écraser ses potes pour gagner des points auprès de la gente féminine – bref quelqu’un qu’on aurait plaisir à détester si Merchant ne tentait pas de nous faire chialer sur son sort à chaque fin d’épisode. Ce côté ultra faux-cul qui n’assume pas pleinement les travers de son personnage semble vouloir dire, en creux, qu’on a tous le droit d’être des connards à partir du moment où on galère à pécho de la meuf. Ouaich gros, voilà un message auquel je vais avoir bien du mal à adhérer.

D’autant plus que les intrigues en elles-mêmes ne cassent pas trois pattes à un canard. Très attendu, le feuilletonnant se déroule à un rythme plus que pépère, avec des rebondissements qu’on n’avait pas vu sur HBO depuis… ben depuis Sex in the City je dirai. Les vannes tombent à l’eau, le comique de situation ne prend pas, et les personnages secondaires sont tout aussi détestables que le protagoniste. Quant à la conclusion du dernier épisode, elle est tout simplement à gerber de bons sentiments, rappelant du coup le dérapage inconsidéré et limite vulgaire du dernier épisode de la saison 3 de Louie. Bref, à moins de vouloir défendre à tout prix toutes les séries HBO ou d’être un fan inconsidéré (et donc pas du tout critique) de Merchant, vous pouvez sérieusement laisser Hello Ladies dans la vacuité sans fond dans laquelle elle se trouve.

Final Score : 3/10

Franchement détestable, cette comédie de “malaise” rate constamment le coche en offrant un personnage qu’on aurait aimé détester mais que les scénarios cherchent toujours à récupérer, ainsi qu’une trame déjà vue cent fois et qui ferait passer une saison de Grey’s Anatomy pour un bonheur de cynisme. Faux bonbon acidulé, mais vraie soupe à la guimauve, Hello Ladies ne reviendra pas chez moi en saison 2.

the league - season 5THE LEAGUE (saison 5)

Les années passent et les choses ne changent pas : the League est toujours la série comique la plus dégueulasse de chez FX (FXX maintenant…) mais aussi l’une des plus amusantes. Si les différents acteurs font chacun leur trou dans d’autres sitcoms plus familiales et diffusées sur des gros network, la bande semble encore ravie de se retrouver pour incarner ces personnages furieusement décalés qui ne vivent que par et pour une fantasy league de football américain. Peu importe qu’on ne comprenne pas toutes les références, le show est déjà bien assez drôle en soit. Mais attention, c’est définitivement à réserver aux plus grands… et à ceux qui ont l’estomac bien accroché. Bref, pas question de mater ça avec sa chérie au coin du feu.

Final Score : 7/10

Oui, the League est toujours aussi crade mais aussi toujours aussi décalée et imaginative. Défoulant, amusant, réjouissant.

childrens hospital - season 5CHILDRENS HOSPITAL (saison 5)

Fraîchement récompensée d’un deuxième Emmy bien mérité, Childrens Hospital nous a offert avec cette cinquième saison le retournement de situation le plus absurde et indéfendable qui soit : toute l’équipe voit les portes de l’hôpital fermer… et se retrouve mutée dans une base militaire située au Japon. Sur ce point de départ totalement incongru (et assumé jusqu’au dernier épisode) se construit une nouvelle série d’épisodes toujours aussi impressionnante d’inventivité. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un show de 13 minutes, qui se présente comme la version condensée d’une série médicale qui existerait depuis les années 70. Oui, tout à fait. Entre les previously qui font avancer à tout berzingue l’histoire ou les morts / résurrections au kilo, il y a de quoi s’amuser. Et j’oubliais de vous dire, l’un des personnages principaux est un clown, qui guérit les gens avec le pouvoir de l’humour. Et y a Michael Cera en voix off uniquement. Qu’est-ce que vous attendez pour aller vous faire les cinq saisons ?!

Final Score : 9/10

Childrens Hospital est tout simplement la série comique dont la télé US a besoin. Et nous aussi. Après cinq ans, c’est toujours aussi immanquable !

ultimate spider-man - season 2ULTIMATE SPIDER-MAN (saison 2)

L’anime Ultimate Spider-Man vient d’achever sa deuxième saison et à moins d’être un fan acharné de la Marvel (ou d’avoir entre huit et treize ans) vous n’en avez strictement rien à faire. Le show a perdu en rythme et en humour et ne ressemble plus trop à la jolie surprise qui nous avait fait sourire l’année dernière. Dommage…

Final Score : 5/10

covert affairs - season 4COVERT AFFAIRS (saison 4)

Arrivée confortablement à sa quatrième saison, Covert Affairs, série d’espionnage dans laquelle les affaires de cœur ont une importance capitale (d’où le jeu de mot du titre), s’amuse à prendre un gros tournant histoire de se réveiller de la routine dans laquelle elle commençait à s’installer. Et c’est peu de dire que le résultat est à la hauteur : débarrassée de ses quiproquos amoureux et de son jeu de placard à amants, la série laisse le temps à une intrigue touffue et complexe de se mettre en place, avec deux parties distinctes : l’enquête puis la vengeance. Visuellement, c’est un tour du monde plutôt réussi puisque le show évite le studio pour tourner en décor naturel – ce qui semble avoir posé quelques soucis lors de scène où l’on sent que les cadreurs et le reste de l’équipe ne sont pas particulièrement à l’aise ! Piper Perabo laisse sa blondeur candide pour assumer (enfin !) son rôle de femme forte qui sort de la chrysalide de l’assez chiante jeune nouvelle de la CIA. Difficile cependant de recommander la série à qui n’aura pas vu les saisons précédentes, l’intrigue jouant énormément sur la manière dont chaque personnage révèle peu à peu une autre part de lui-même. Un peu comme Annie qui met au placard son identité pour devenir la réjouissante Jessica Matthews. Allez, on croise les doigts pour que la saison 5 qui arrivera l’été prochain continue sur cette bonne lancée.

Final Score : 7/10

Assurément la meilleure saison de Covert Affairs, mais qu’on aura du mal à recommander à ceux qui n’ont jamais vu cette (désormais) dynamique et voyageuse série d’espionnage.

Almost Human - season 1ALMOST HUMAN (nouveauté)

Seule nouveauté de la semaine, Almost Human a été annoncée à grand renfort de publicité et s’est même offert deux soirée d’affilée de lancement sur la Fox. Conçue par J. H. Wyman, l’un des showrunner de Fringe, et produite par tonton J.J. (Abrams), c’est peu de dire qu’on attendait se cop-show de SF au tournant. Le résultat ? A des milliers d’années de nos attentes. Là où on attendait un show brillant offrant une belle réflexion sur les droits de l’homme et de la machine, on se retrouve avec un buddy movie entre un flic pas très humain et un robot beaucoup trop humain, qui se font des blagues dans la voiture (oh tient, ça serait pas pompé sur Hawaii Five-O ça ?), et mènent des enquêtes aussi passionnantes qu’une session shopping avec la petite nièce de votre copine. On se demande bien ce que Micheal Ealy (Sleeper Cell) vient foutre dans cette galère ou encore d’où sort Karl Urban (ouais, des films de Peter Jackson), pâle copie de Manu Bennett (Crixus dans Spartacus) sans aucun charisme. Au secours !

Serangoon road - season 1SERANGOON ROAD (saison 1)

Allez, je vous ai gardé le meilleur pour la fin ! L’un des (très) rares nouveautés de la saison franchement recommandable, Serangoon Road est le fruit d’une curieuse association entre l’Australie et Singapour pour le compte d’ABC (le plus gros network australien, pas l’américain) et HBO Asia. Le résultat est une oeuvre assez inimaginable en dehors de ce contexte très particulier : un polar noir à base d’agence de détective privé, dans Singapour, au milieu des années 60 alors que les révoltes communistes surgissent dans les pays frontaliers. Si le show sait en permanence faire vivre son univers historiquement chargé, il n’en oublie pas qu’il est là avant tout pour nous raconter les mésaventures de Sam Callaghan, le privé australien donc, et de ses enquêtes parfois sérieusement tordues. Accompagnés d’un double fil feuilletonnant (autour de deux intrigues romantiques pour une fois vraiment intéressantes, l’une entre Sam et une femme mariée, l’autre entre une jeune locale et un agent de la CIA ; ainsi que la mort suspecte d’un proche de Sam…), les scénarios sont dynamiques et entraînants.

Au niveau des comédiens, par contre, il faut reconnaître que ça oscille entre du très bon (Pamely Chee incarne avec grâce et majesté la très taquine Su Ling), du moyen (Don Hany n’est malheureusement pas toujours ultra convaincant dans le rôle principal) et de l’assez mauvais (en particulier sur les rôles de personnages plus âgés qui sont censés avoir le pouvoir.) Idem au niveau de la réalisation qui fait un peu avec les moyens du bord et qui, si elle peut parfois trouver de vrais moments de grâce ultra convaincants, se perd dès qu’il s’agit de mettre en place une grosse scène d’action. Ça ne suffit cependant pas à nous faire bouder notre plaisir et la joie de découvrir une série radicalement différente de tout ce qu’on a vu ces dernières années. Rien que pour ce souffle de nouveauté, Serangoon Road mérite que vous y jetiez un oeil.

Final Score : 8/10

Assez remarquable dans son écriture (on passe aisément sur quelques errances capilotractées), mais moins convaincante au niveau de la réalisation et des comédiens, Serangoon Road reste suffisamment novatrice et débordante d’énergie pour que vous puissiez vous y intéresser. Et de toutes façons, vu la qualité des nouveautés de cette année, vous n’avez pas vraiment le choix.

 

Rendez vous très bientôt pour faire un point sur le premier trimestre d’une saison où les nouveautés se sont effondrées mais où plusieurs anciennes séries ont retrouvé un souffle…

Nouvelle semaine en deux parties, et on commencera une fois de plus avec les départs. Si tout le monde veut savoir ce que vaut réellement House of Cards, la série réalisée (en partie) par David Fincher avec Kevin Spacey dans le rôle principal, on s’intéressera aussi à une série sur le monde de l’art, une parodie de la télé-réalité US, un show totalement illuminé et très inquiétant, une mini-série très anglaise, ainsi que LA catastrophe la plus retentissante de cette année, signée Ricky Gervais. 

white collar s4

White Collar (saison 4)

Dans le monde de plus en plus improbable de la série policière qui cherche à se frayer un chemin hors des sentiers battus, White Collar avait plutôt fait bonne impression il y a quatre ans avec son concept novateur et ambitieux. Ou comment un ancien faussaire va travailler pour le flic qui l’a pourchassé aux quatre coins du monde.

Une fois passée la découverte d’un monde peu vu à la télévision (celui du trafic d’art), une fois passée l’agréable surprise d’une réalisation plutôt soignée quoique franchement pas très originale, et une fois passée le sentiment d’avoir des acteurs vraiment investis dans leurs personnages, il reste que White Collar s’essouffle et donne l’impression d’avoir déjà fait le tour de tout ce qu’il était possible d’inventer autour de ce concept.

Les fans les plus acharnés resteront pour le feuilletonnant qui s’intéresse, cette fois, au passé de Neal, le héros, et en particulier à son très mystérieux père. Autant vous le dire tout de suite, les révélations ne sont pas franchement à la hauteur et même l’ultime retournement final ne vous déclenchera pas une crise cardiaque (si déjà il arrive à vous réveiller…)

La série va revenir l’année prochaine pour une cinquième saison et on espère que les producteurs auront l’intelligence d’injecter du sang neuf dans l’équipe de scénaristes – ou que du moins, ils accepteront de bousculer un peu une formule qui commence à s’endormir. Car il serait vraiment dommage d’enterrer totalement cette charmante série, de la rendre ridicule au fil des années en perpétuant des schémas qui n’ont plus lieu d’être. White Collar était innovante, il est grand temps qu’elle le redevienne.

Final Score : 6/10

White Collar fut à ses débuts l’un des cop-show à ne pas manquer. Aujourd’hui, la série s’essouffle et a besoin de renouveau. Tous ceux qui ne sont pas totalement fans peuvent vraiment faire l’impasse sur cette saison.

 kroll show

Kroll Show (saison 1)

Dans la grande lignée des comiques qui arrivent à décrocher un show qui porte leur nom, je demande Nick Kroll, trentenaire juif et décalé qui fait les beaux jours de la série The League avec le rôle de Ruxin.

Ici, Kroll s’en prend à la télé américaine avec comme cible de prédilection les innombrables télé-réalité sur des publicitaires, des dentistes, ou même tout simplement un ado obèse ou un ado débile. Seul souci, Kroll connaît tellement bien son sujet qu’il en oublie parfois d’être vraiment drôle et donne l’impression de seulement copier ce qu’il veut critiquer…

A part ça, on notera bien un ou deux sketchs amusants et une bande de comédiens qui s’éclate. De quoi passer un bon moment mais absolument rien d’extraordinaire. Bref, si la série ne revenait pas l’année prochaine, ce ne serait franchement pas un drame…

Final Score : 6/10

En fond lors d’une soirée whisky-coca avec des amis, The Kroll Show peut avoir un réel intérêt. Tout seul, à la maison, nettement moins. A vous de voir si vous avez des amis prêt à tenter l’aventure.

Enlightened season 2

Enlightened (saison 2)

S’il y a bien une série qui m’a rendu fou ces derniers temps, c’est Enlightened. Chef d’œuvre (bon ok, non, très bonne série) ou mauvais trip à vomir ? Cette série de vingt-six minutes sur une jeune femme totalement illuminée qui décide d’agir pour améliorer la société – et qui dans cette deuxième saison va s’en prendre à la boite pour laquelle elle travaille et qui cache de noirs agissements – laisse totalement perplexe.

C’est qu’on n’arrive jamais à savoir s’il s’agit d’une excellente comédie sur le pouvoir de la foi ou d’un exécrable préchi-précha religieux, simpliste et ridicule. Second degrés fin et intelligent ou premier degré balourd et moralisateur ? Alors qu’on rigole beaucoup au fil des épisodes, et qu’il faut souligner la qualité de l’ensemble du programme, il ne cesse d’y avoir des séquences qui font froid dans le dos tant on n’arrive pas à savoir si c’est du lard ou du cochon. En particulier ces passages de voix off qui hésitent tellement entre la comédie et le sérieux qu’on se demande ce que veulent réellement raconter les auteurs.

Mais au final, voici bien une des rares séries qui vous colle à la peau bien longtemps après avoir éteint votre écran…

Final Score : ???

Difficile de donner un avis définitif sur Englihtened. Je crois bien que la seule solution, c’est encore que vous regardiez un ou deux épisodes pour vous faire votre propre opinion…

Mayday

Mayday (mini-série)

C’est donc le nouveau grand trip de la BBC, la première chaîne publique anglaise : diffuser des mini-série de cinq épisodes sur cinq soir d’affilés ! Cette semaine, on avait donc droit à Mayday, polar à l’ambiance légèrement paranormal sur la disparition d’une jeune fille dans un petit village.

Pur prétexte à brosser une galerie de personnages aux trajectoires plus ou moins (mais quand même plus) intéressantes, l’enquête vous laissera forcément sur votre faim lors de sa résolution. Plutôt bien filmé et bien joué, le show peut vous accompagner tranquillement sur une petite semaine – il semble vraiment avoir été conçu pour ça. Mais y a-t-il vraiment plus à en tirer ? La réponse est tout simplement non, tant tous les éléments mis en place rappellent d’autres séries ou même certains films. Sympathique Mayday, mais vraiment pas originale. Dommage.

Final Score : 7/10

Honnête, Mayday est un programme divertissant et assez intelligent mais terriblement déjà vu. Sympathique, donc, mais pas du tout indispensable.

Ricky Gervais as Derek

Derek (saison 1)

Les amis, la télévision anglaise va mal en ce moment. Ses grands auteurs ne savent plus de quoi parler (Black Mirror), ses jeunes talents ne parlent de rien (Utopia.) On sait aujourd’hui que c’est vraiment la crise quand l’enfant terrible des écrans UK, l’infatigablement irrévérencieux Ricky Gervais, en autre créateur de la cultissime The Office, plonge dans un abyme sans fond.

Avec Derek, l’auteur aurait voulu parler de la vieillesse, de la manière terrifiante dont la société actuelle traite ses personnages âgées ; mais il tombe dans la mièvrerie irritante, avec des séquences clipées tire-larmes sur fond de musique au piano absolument abjecte. A trop vouloir nous faire aimer ses petits vieux, il nous rend le sujet désespérant et pathos à mort. Sur ce point-là, donc, c’est un échec total.

Mais Derek, c’est aussi un personnage principal rejeté par la société mainstream à cause de ses problèmes sociaux, sa manière de parler et même de son physique très ingrat. S’il paraît évident que le personnage fait écho aux problèmes liés à l’autisme, Gervais s’en défend complètement et assure que son personnage n’est pas non plus déficient mentalement. On se demande bien pourquoi il refuse de jouer le jeu tant cela n’a pas franchement d’impact sur le show. Peut-être est-ce pour contrecarrer les premières critiques sur le show, faites par des associations de défense des droits des handicapés, qui considéraient que Gervais se moquait ouvertement et méchamment. Le souci, au final, c’est que Derek est beaucoup trop gentil et innocent pour tenir le rôle principal de ce genre de comédie. Quand tous les autres personnages lui balancent des fleurs pendant le dernier épisode, c’est non seulement fatigant, mais en plus limite gerbant tant on a l’impression que c’est Gervais qui se congratule lui-même à travers le prisme de ses comédiens.

Même la réalisation, qui utilise une fois de plus le principe du mockumentary, paraît datée et laisse totalement circonspect sur ce choix qui n’apporte absolument rien au scénario. Les comédiens en font trois tonnes, et les petits vieux qui s’agitent dans le fond ont juste l’air d’être venu pour avoir un thé et des gâteaux gratos. Au final, quand le dernier épisode se termine, on est soulagé de ne plus avoir à supporter ce calvaire. Pas de chance, Gervais a assuré qu’il produirait une deuxième saison que Channel 4 en veuille ou non.

Final Score : 3/10

Pas drôle et même fondamentalement énervante et répulsive, Derek est sans doute LA catastrophe de l’année, surtout en regard de son créateur, Ricky Gervais, qui nous avait habitué à tellement mieux.

House of Cards

House of Cards (saison 1)

Il y a des séries, comme ça, qu’on voudrait ne pas aimer. Sans doute parce qu’elles font parler d’elles trop vite et trop fort, ou tout simplement parce qu’on a l’impression de faire face à un gros matraquage publicitaire. Avec ses nombreux réalisateurs connus (dont Fincher en tête de liste), et son casting imposant (Kevin Spacey, Robin Wright, ou encore Constance Zimmer), House of Cards fait partie de ce genre de projets excessifs qui attirent tout autant qu’ils repoussent. Adaptation d’un programme anglais qui a connu son heure de gloire dans les années 90, le show sent bon la récupération chic et choc. Ajouter à cela qu’il s’agit de la première série de Netflix, un service de vidéo à la demande et pas du tout une véritable chaîne, et il y avait de quoi se poser de vraies questions sur le programme…

La bonne nouvelle c’est que oui, House of Cards est une excellente série. La mauvaise, c’est qu’il faut absolument voir la première saison dans son intégralité pour vraiment en être convaincu. En effet, tout le show repose sur un personnage principal moteur de l’action (Spacey) dont on ne connaîtra véritablement les intentions – et surtout le plan furieusement complexe – que dans les derniers épisodes. Du coup, sur les sept ou huit premiers, on a l’impression que la série part un peu dans tous les sens mais sans trouver la fameuse ligne directrice qui pourrait lui donner son identité.

Si le show se laisse totalement regarder la première fois que ce soit par la qualité de sa réalisation, du jeu des acteurs, et même de la partie “bouclée” des scénarios, c’est donc vraiment rétroactivement qu’il prend toute son ampleur. Il passe alors du statut de simple (!) très bonne série, à celui de petit chef-d’œuvre. Mais qu’on se le dise, House of Cards ne fait rien pour se faire aimer et seuls ceux qui iront jusqu’au bout pourront en apprécier toute la saveur…

Mais aussi être totalement irrité (ou non, c’est une histoire de caractère) par la conclusion qui appelle définitivement une suite. Fort heureusement, vu le succès de ces treize premiers épisodes, une deuxième saison est déjà en cours de production.

Final Score : 9/10

Ne vous laissez pas avoir par tous les petits éléments qui pourraient vous faire abandonner la série : si vous allez jusqu’au bout de House of Cards, nul doute que vous ne regretterez pas d’avoir vu un show de cette qualité.

 

Allez, rendez-vous demain pour faire le point sur les nouveautés de la semaine !

Cette semaine, la CW passe à l’attaque en faisant sa rentrée après tout le monde. La plus petite des grosses networks, très orientée vers les ados, a-t-elle réussit à surprendre et à trouver sa place ?

La rentrée se termine et les derniers retours de série se mettent en place. A partir de dimanche dernier vous pouviez donc retrouver The Cleveland Show ; The League ; It’s Always Sunny in Philadelphia ; ainsi que les “classiques” de la CW : 90210 ; Gossip Girl (pour son ultime saison) ; et The Vampire Diaries.

Ce n’est pas parce que la CW fait sa rentrée que les autres chaînes s’arrêtent de programmer des nouveautés. NBC ouvre le bal cette semaine avec Chicago Fire, nouvelle création de Dick Wolf, le papa des interminables déclinaisons de Law and Order. Avec ce nouveau show plutôt musclé, Dick ne va pas chercher dans l’originalité puisqu’il nous met en place les aventures des pompiers (qui éteignent le feu) et des secouristes de premières urgences (qui interviennent juste après le feu.) En clair, il réadapte sa formule Law and Order à des garçons très musclés et des jeunes femmes aux courbes très généreuses, le tout en débardeur plein de sueur alors que les héros gardent toujours leur maquillage impeccable. Ça sent la testostérone jusque chez les personnages féminins (je vous le donne dans le mile : la blonde est plutôt agressive et impétueuse, du coup elle est lesbienne…) pour un casting qui a clairement été plus choisi pour ses heures passées dans la salle de sport que sur les planches d’un cours de théâtre. Difficile donc de s’intéresser à cet ensemble cast ultra stéréotypé, à ce flot d’intrigues feuilletonnantes dont on voit déjà où elles vont toute nous mener, ou encore de supporter cette musique grandiloquente et cet appui systématique sur les beaux drapeaux américains car les héros représentent toutes les belles valeurs de ce grand pays. A moins d’un sacré retournement de situation, Chicago Fire risque bel et bien de finir dans les poubelles de l’histoire de la télé américaine…

Mon Pronostic : il serait vraiment surprenant que le public américain se laisse avoir par une série qui répète tout ce qui a été fait ces vingt dernières années, sans originalité ni vrai passion. Du coup, je mise sur une annulation en cours de première saison.

L’autre catastrophe de la semaine était proposée par ABC et fait revenir sur les écrans la très sympathique Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et l’insupportable Hayden Panettiere, aka la cheerleader de Heroes qui n’a vraiment rien trouvé à faire depuis quelques années si ce n’est faire la une des tabloïds. Horreur absolue, Nashville cumule les défauts : il s’agit d’une série musicale qui veut se la jouer Glee pour les adultes (comme si Spielberg ne s’était pas déjà cassé les dents sur ce sujet l’année dernière avec Smash) ; c’est une série sur la country (oui, le genre musical, et autant vous dire que si vous ne supportez pas vous allez vous boucher les oreilles la moitié du temps) ; et c’est une série qui veut nous faire croire que Hayden est capable de jouer une méchante artiste qui a tout de même un bon fond – quand elle pleure dans un placard, on explose de rire. Voici donc l’histoire incroyablement peu intéressante d’une ancienne star de la country obligée de faire une tournée avec la petite nouvelle qui monte et qui chante des paroles débiles pour les ados. Wahou. Pour pimenter le tout, les auteurs glissent une petite intrigue politique tellement peu crédible qu’elle termine de faire sombrer Nashville dans les heures sombres de la série télé. A fuir d’urgence.

Mon Pronostic : non, franchement, il n’y a pas moyen que cette série se voit commander une deuxième saison. A la fin de la première, ABC l’annulera sans avoir à se justifier…

Les plus vieux d’entre vous se souviennent peut-être de la série Beauty and the Beast des années 80 avec Ron Perlman et Linda Hamilton (ah, Linda Hamilton…) voici la version revue et corrigée et adaptée au XXIème siècle par la CW et donc avec Kristin Kreuk et Jay Ryan qui ont le mérite d’avoir autant de charisme l’un que l’autre soit, combiné, le charisme d’une huître peu fraîche le lendemain du jour de l’an. Fort heureusement, le show ne s’appuie pas uniquement sur l’irrésistible attirance des deux héros l’un envers l’autre et va chercher une intrigue feuilletonnante bien alambiquée (à base d’expérience sur des soldats pendant la guerre en irak) pour susciter notre intérêt. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi bon reprendre une vieille série dont le charme était dans le look bien particulier du héros (qui avait une pseudo gueule de lion) pour le transformer en beau gosse avec une cicatrice qui a juste les dents qui poussent quand il se met en colère !

Mon Pronostic : un pur produit CW qui devrait arriver à toucher la cible de la chaîne – ça sent la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

C’est sans doute la nouvelle qui m’a fait le plus plaisir cette semaine : le succès phénoménal (enfin, pour la CW, hein !) de Arrow, série adaptée de l’archer vert de chez DC Comics. Et pourtant, il y avait de quoi prendre peur à la vue des premières affiches et de la gueule dépourvue d’expression de l’acteur principal. C’était sans compter sur un scénario qui prend l’intrigue de base au sérieux et va réellement chercher dans les recoins sombres de la psychologie des super-héros. Dark, bien ficelé, s’en sortant plutôt pas mal au niveau des FX, et bien entendu bourré de références pour les fans qui n’attendent que ça, le pilote est tout simplement jouissif et donne envie de voir si la suite va arriver à rester à ce niveau de qualité. Plus proche du deuxième Batman de Nolan que du Superman de Smallville, Arrow pourrait bien devenir la série de super-héros qu’on attendait.

Mon Pronostic : de tout mon coeur je vois la commande d’une deuxième saison. J’espère juste que la suite de la série ne va pas s’avérer une plantade absolue !

Le seul départ de la semaine – et pour moi le premier de la saison, même si le show a redémarré en août ! – me permet d’inaugurer un nouveau système de notation qui me paraît plus intéressant. Vous pouvez retrouver les explications ici ! Ce départ, c’est donc la fin de la deuxième saison de Hell on Wheels, qui nous plonge dans les affres de la construction d’une ligne de chemin de fer en plein western. Après une première saison intéressante mais qui se perdait dans ses multiples personnages, cette deuxième fournée d’épisodes approfondies les différentes trajectoires qui s’avèrent surprenantes et très intéressantes. Entre l’ex-prostituée partagée entre son véritable amour – noir et donc mis au bas rang de la société – et le mec un peu couillon mais au bon fond qui peut assurer la sécurité de son futur enfant, la femme de l’ouest trop intelligente pour son propre bien, les deux frères qui dirigent un bordel et un bar mais dont l’un des deux tombe amoureux de la fanatique religieuse, ou encore le héros à la psyché détruite, il y a franchement de quoi faire. Dommage que l’ultime épisode tourne au carnage longuet et assez inutile, nous laissant sur une note un peu décevante. Mais les auteurs se rattrapent à la dernière minute en nous rappelant que le sujet de la série est le conflit entre la rédemption et la vengeance, dans une séquence de pendaison absolument démentielle. Quant au dernier plan, il prouve que la réalisation a tout compris aux western. Voilà une bien belle série dont on attend avec impatience qu’AMC la renouvelle officiellement pour une troisième année.

Final Score : 7/10

RAISE HELL comme l’affirme la publicité pour cette deuxième saison de Hell on Wheels qui confirme la série comme un très bon show mais pas encore forcément comme un immanquable. Une troisième saison pourrait apporter l’ampleur qui lui manque encore un peu, alors croisons les doigts…

Rendez vous la semaine prochaine pour découvrir encore quelques nouveautés, fêter le retour d’American Horror Story, et saluer la fin de la deuxième saison de Boss !

Dixième bilan, nouvelle semaine, on s’intéresse aujourd’hui au sort de comédies un peu particulières… Un agent secret bien animé, une vision énergique des université américaines, un certain ennui, une façon de réussir, du football fantasy, de mauvaises décisions, Joey dans son propre rôle et enfin un shérif avec un coeur gros comme ça !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Chez FX, on n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle. Du coup, quand le petit network s’achète un dessin animé, autant vous dire que ce n’est pas pour que vous vous éclatiez en famille avec vos enfants. Créée par Adam Reed, un habitué de chez AdultSwim, Archer raconte les déboires d’un agent secret… pas vraiment ordinaire.

C’est que Sterling Archer, notre fameux héros, est quelque peu hyper sexualisé et souvent mis dans des positions plutôt délicates… La situation se complique encore plus quand on sait qu’il bosse au sein de l’agence ISIS (Intenational Secret Intelligence Service) avec son ex copine et que son boss est sa propre mère ! Entouré d’une pléthore de personnages tous plus barrés les uns que les autres (dont un savant fou absolument génial), les aventures de Archer prennent toujours des virages auxquels on ne s’attendait pas et vous réserve beaucoup de surprises et de fous rires.

Mais si les scénarios et les personnages sont franchement réussis, la série assume aussi avec brio son parti pris d’animation, mélange de photo, de 3D et de technologie flash, pour aboutir sur quelque chose de très étrange mais auquel on finit facilement par adhérer. Et que dire des voix, toutes de haute volée, que l’on doit à des acteurs vraiment convaincus et qui ont l’air par ailleurs de franchement s’éclater ?

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Bon, ok, Archer n’est pas la série qui va changer votre vie ou vous faire évoluer psychologiquement (quoi que…) mais dans son cadre de comédie dynamique, à l’humour assez outrancier, elle s’impose comme l’une des meilleures réussites depuis très longtemps. Il ne lui manque que la critique acide de notre société de South Park pour devenir vraiment un indispensable. En attendant, jetez vous déjà dessus, au moins pour dire : ah mais, moi, Archer, je regarde depuis le début !

Ouh là, Blue Mountain State est un sacré morceau à défendre. Assez bête, très franchement porté sur le sexe, presque effrayante dans sa manière de traiter l’alcool et les drogues, BMS était déjà une série pleine de “défauts” dans sa première saison. La deuxième décide d’aller encore plus loin dans la déconne absurde. Et ça ne surprendra pas ceux qui me connaissent bien : j’ai tout simplement adoré !

J’étais en train de me dire que j’allais défendre une série profondément machiste, quand j’ai soudain réalisé que, bien au contraire, les seuls personnages forts, qui obtiennent ce qu’ils veulent, sont des femmes. Ainsi la charmante Mary Jo (Frankie Shaw), qui fait renouer le héros avec ses sentiments les plus profonds et lui fait enfin accepter l’amour. BMS serait donc une série romantique ?

Bon ok, c’est aller un peu loin dans le délire. BMS est avant tout une série fun, qui se permet tous les délires d’un dessin animé cartoon mais en live. Et pour justifier tout ça, quoi de mieux que de montrer que les personnages passent leur temps à boire et à fumer ? C’est que BMS repose sur un concept pas franchement glorieux ou exemplaire pour les jeunes : Alex Moran (Darin Brooks, impeccable) veut profiter des privilèges d’être quaterback remplaçant, tout en s’arrangeant pour ne jamais jouer. Car son vrai but dans la vie, c’est de ne rien faire. Un vrai glandeur qui est forcément obligé d’être hyper actif pour être tranquille. Et moi, rien que ça, ça me fait rire.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Blue Mountain State a le très grand mérite d’exister et de foutre un énorme coup de pied dans la marre tranquille des sitcom live. Affichant un humour abusé comme on en retrouve que dans certains dessins animés, le show pourra tout à la fois vous effrayer si vous le prenez au sérieux ou vous faire hurler de rire si vous le considérez comme un American Pie plus âgé, plus abusé, et franchement sous acide. Félicitations aux scénaristes qui arrivent à aller toujours plus loin et à imaginer des histoires toujours plus barrées alors qu’on se dit à chaque fois que là, ils ne feront jamais mieux !

En revoyant cette affiche de Bored to Death, je réalise que chérie adore Jason Schwartzman (je ne sais plus dans quoi) mais n’a jamais regardé LA série dans laquelle il excelle. Quoi, un programme HBO que j’apprécierai ? Oui, mais avec toutes ses limites tout de même…

La première saison de Bored to death était loin de m’avoir convaincu. Sur le papier, l’idée est intéressante : un jeune romancier à la vie sexuelle déclinante et à l’inspiration absente décide de proposer ses services en tant que détective privé. Malheureusement, Jonathan Ames, le créateur du show, en fait rapidement une sorte d’auto-fiction (le héros s’appelle Jonathan Ames) ennuyeuse comme la mort, reposant sur un humour maniéré, basé sur l’auto dépréciation, et déjà vu cent mille fois. Restait des personnages secondaires assez intéressants mais relativement inutiles dans des intrigues tout simplement bidons.

Du coup, j’ai démarré cette seconde saison sans vraiment trop y croire et, en réalité, pour retrouver Ted Danson qui est un de mes acteurs préférés. Et là, surprise : les auteurs jouent enfin le concept ! Jonathan Ames mène de vraies (mini) enquêtes, et ça suffit pour suffisamment booster les histoires et que les scénarios ne soient plus d’un insipide ennui. En fait, c’est toute une vraie dramaturgie qui se met en place, sans pour autant renoncer aux problèmes du quotidien et à l’auto dépréciation. Du coup, Bored to Death devient vraiment agréable à regarder, fun à souhait et donne enfin envie d’y revenir.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Après une première saison assez piteuse, les auteurs décident de jouer vraiment le concept et y gagnent beaucoup en dramaturgie. Drôle, cynique et sympathiquement foutue, Bored to Death saison 2 devient une série vraiment agréable à regarder (et pas un programme nombriliste et insupportable d’auto dépréciation.) Les fans de Jason Schwartzman, de toutes façons, sont déjà conquis.

Produit par la même équipe que Entourage, How to make it in America se voulait une plongée fun et amusante dans la culture undergroud de New York, un carrefour de personnages venus d’horizon divers qui se rencontrent et l’histoire d’une ascension sociale. En gros, une grande réflexion sur les différentes couches de la société de la côte est. Dommage dans ce cas que la série paraisse aussi peu crédible.

Car tout le problème est là : on essaie de nous faire croire que Ben et Cameron sont deux pauvres new-yorkais sans le sous, mais vous avez vu la gueule de leurs appartements ? Vous avez vu les fêtes pleine de C organisées par leurs amis ? Leur look branché, soigneusement étudié ? Rien de rien, dans la production design, ne laisse supposer deux vrais galériens… alors que c’est pourtant le point de départ de la série. Du coup, le show perd d’office toute crédibilité et s’affiche instantanément comme une espèce de version mystifiée, purement imaginaire, de New York – un peu de la même manière dont Gossip Girl présentait Paris.

Le point de départ foiré, la série reste malgré tout relativement agréable à regarder. L’histoire réserve quelques belles surprises, même si les scénarios font état d’un sens du rythme proprement désastreux. Les acteurs sont loin d’être mauvais – dommage que leurs personnages soient aussi peu crédibles. Et puis il y a la réalisation, qui vient franchement sauver la série en vous donnant rapidement envie de prendre un avion pour rejoindre la célèbre ville.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
How to make it in America est largement sauvée par sa réalisation formidable qui créée une ambiance fort agréable. Plombée par une haute estime de soit alors que le show abat stéréotype sur stéréotype, la série peine à convaincre sur tous les autres points. Du coup on a le cul entre deux chaises, admiratif devant les images, désorienté par l’accumulation de clichés.

Friday Night Lights l’a prouvé : pas besoin de s’intéresser à un sujet pour aimer une série sur cette thématique. En l’occurrence le football américain. Mais The League va encore plus loin vu qu’elle s’intéresse à une ligue de fantasy football, un genre de jeu basé sur des pronostics et les résultats réels des joueurs – bref, un jeu auquel on ne comprend strictement rien. Pas grave, étant donné qu’on rigole bien quand même…

The League c’est donc les mésaventures de cinq amis qui feraient tout et n’importe quoi pour gagner leur ligue de fantasy football. A l’occasion de cette deuxième saison, deux nouveaux joueurs viennent taper l’incruste : Rufi, un espagnol qui n’y comprend rien, et Jenny, la femme d’un des cinq autres héros, qui assure grave (elle prenait déjà presque toutes les décisions à la place de son mec dans la saison précédente). Deux ajouts particulièrement judicieux, qui apportent une tonne de nouvelles possibilités et surtout deux tonnes de fous rires.

Car si le show ne fait pas de miracle en terme de réalisation ou de production value, il fait énormément rire, grâce à des scénarios bien calibré et un rythme toujours efficace, mais aussi et surtout par son casting qui assure continuellement. Du coup, on se moque très rapidement de ne pas comprendre toutes les vannes (et il y en a un sacré paquet en référence au monde du foot américain) et on a très hâte que la série revienne !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Avec The League, FX s’est offert ce qui est sans doute l’une des sitcoms les plus drôles de l’année. Incisives, mordantes et parfois totalement délirantes, les aventures de nos sept joueurs sont juste un vrai bonheur à regarder. Alors n’hésitez plus, si vous êtes en manque de bonne comédie, à vous jetez dessus !

Attention, voici une série qui va véritablement séparer le public en deux. The Increasingly Poor Decisions of Todd Margaret (putain, mais quel titre!) va énormément en amuser certains avec son ton franchement décalé, son humour plutôt british (pas étonnant vu que la sitcom est coproduite par des anglais), et ses acteurs – avouons le – remarquablement bons. Malheureusement, je ne fais pas partie de cette partie du public.

Au risque de me faire beaucoup d’ennemis, je dois avouer que j’ai trouvé Todd Margaret (on va faire court) franchement chiant. Certes, il y a plein de bonnes petites idées dans les mésaventures de cet américain envoyé en Angleterre pour y vendre des cannettes d’energy drink, mais le rythme catastrophique, avec des scènes à rallonge que le monteur ne sait jamais quand couper, vient sérieusement plomber l’ambiance. Les vannes sont loin de toutes faire mouche, et les différences entre anglais et américains sont trop caricaturales pour faire vraiment rire.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
S’il y a bien une chose que je déteste, c’est m’ennuyer pendant un programme censé être drôle. The Increasingly Poor Decisions of Todd Margaret, malgré ses quelques moments de haute volée, s’avère dans l’ensemble vraiment trop chiant pour que je le recommande à qui que ce soit. Si vous êtes un fan hardcore des comédies anglaises, vous pouvez peut-être tester, mais je doute que vous y retrouverez totalement le ton que vous adorez.

Matt Leblanc dans son propre rôle, dans une série qui parle des séries, crée par David Crane (le cerveau derrière Friends) : on avait de quoi attendre avec impatience Episodes qui mit tout de même un petit temps avant de débarquer sur les écrans de Showtime. Pas de bol, le résultat est loin d’être à la hauteur.

Episodes se veut l’histoire de deux auteurs anglais qui partent aux Etats-Unis pour adapter leur sitcom à succès. Premier souci, on leur impose Matt Leblanc pour reprendre un rôle de vieux professeur. Ce n’est que le début du désastre et de multiples problèmes qui vont achever la qualité du pilote à tourner… Un pitch de départ relativement génial et plutôt original.

Mais à trop vouloir taper sur la télé américaine, Episodes vire à la critique idiote et sans intérêt. Matt Leblanc est, la plupart du temps, d’une bêtise et d’une méchanceté à se damner, et strictement tous les gens qui travaillent dans le monde de la télévision sont d’une connerie crasse. A croire que pour arriver à leurs postes il faut ranger son cerveau. D’un autre côté, grande apologie de l’Angleterre et de l’humour raffiné et intelligent de ses habitants. A la limite d’un certain racisme, Episodes ne tarde pas à gonfler quand elle se la joue auto-critique aussi bête que les personnes qu’elle critique.

Du coup, difficile de croire à l’univers qui nous est dépeint et à l’histoire qui n’est pas dépourvue de qualité. Heureusement qu’il y a quelques vrais moments très drôles pour faire passer le tout, et des acteurs qui ont l’air de franchement s’éclater (même Matt Leblanc, c’est dire !) Réalisation  et production value honnêtes, la série ne tire pas non plus son épingle du jeu sur ce point. Au final, Episodes est une sympathique petite sitcom sans réel intérêt si ce n’est nous faire sourire. C’est quand même bien peu par rapport à ce qu’on attendait.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Énormément attendue, la nouvelle série de David Crane manque le coche en devenant au moins aussi bêtement crasse que ceux qu’elle voulait critiquer. Reste une petite sitcom amusante qui se laisse facilement regarder.

On termine cette session sitcom avec le programme qui nous a fait le plus rire cette année : l’énormissime EagleHeart.

Parodie extrême des vieux shows policiers avec Chuck Norris, Eagleheart raconte les aventures du marshal Chris Mansanto, fin limier disposant (entre autre) du pouvoir de tuer avec ses mains. Impossible de raconter les scénarios délirants au possible, qui partent dans toutes les décisions et font rire en permanence. Du bout de ses onze petites minutes, Eagleheart fait toujours mouche et est bien aidée en cela par ses acteurs magistraux, qui joue à fond le coup de la parodie et du détournement. Un vrai petit moment de grâce sur lequel on ne va pas s’appesantir – au lieu de lire cet article vous devriez foncer regarder la série !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Du grand n’importe quoi extrêmement bien fait, avec humour et amour pour le genre. EagleHeart est juste une magnifique réussite !

Au niveau des news sympas, on vient d’apprendre que FX renouvelle The League pour une troisième saison, vu le succès de la tournée des acteurs pour promouvoir la série dans tous les Etats-Unis – cool, vu qu’il s’agit d’une des rares sitcom (multi-caméra) un peu originale en ce moment. The Chicago Code, la nouvelle série de Shawn Ryan aka le papa de The Shield, a fait un GROS démarrage lundi soir, il n’y a plus qu’a espéré que la qualité soit vraiment au rendez-vous (compte rendu du pilote sans doute la semaine prochaine !) Enfin, le succès de The Vampire Diaries ne se démentant pas, la CW a commandé une autre série à Kevin Williamson, Secret Circle, et qui est elle aussi adaptée d’une série de romans de L.J. Smith !

Sinon, hier, en discutant avec Coloc, celui-ci me fait remarquer que dans les séries, quand les gens allument la télé, ils tombent toujours sur une chaîne de news et toujours sur la nouvelle qui les concerne. Je réfléchis un peu et je trouve l’explication : en fait, dans le monde des séries, il n’y a qu’un seul network, qui ne diffuse qu’une seule nouvelle en boucle toute la journée. Ce qui expliquerait pourquoi les personnages ne passent jamais leur temps à regarder eux-même des séries.

Ou alors, ils ont tous des implants dans la tête qui leur permettent de contrôler la diffusion des programmes.

Les ordinateurs sont nos amis. Les disque durs externes déjà un peu moins. Et quand les deux s’allient pour vous faire passer un mauvais moment, autant vous armez de patience. Mon conseil du jour sera donc de ne pas trop vous énerver face à un disque dur qui vous dit que vous n’êtes pas autorisé à lancer tel ou tel fichier, ou qui vous dit tout simplement après que ce fichier est inexistant (alors que vous pouvez le copier/coller sur un autre disque dur.) Du coup, dans mon cas, c’est parti pour huit heures de transfert de fichier. Un truc qui m’agace fortement, d’autant que demain c’est reparti pour huit heures de transfert dans l’autre sens, une fois ce fichu disque externe formaté en bonne et due forme (tu vas voir ce qu’elles vont prendre dans la gueule tes foutues autorisations!)

Alors que faire pour arriver à vraiment se calmer? Une seule solution, regarder l’inénarrable The League, comédie made in FX autour d’un groupe de trentenaires dont la principale obsession est une ligue de football américain fantaisie (c’est comme ça qu’on dit?) c’est-à-dire un jeu super compliqué qui implique de vrais résultats sportifs dans des matchs pseudo imaginaires. Bref, je suis comme tout le monde, je ne comprends strictement rien au sujet mais ce n’est pas grave vu que l’intérêt et bel et bien dans ces personnages tous plus tarés et obsédés les uns que les autres, où les vannes entre garçons, les coups bas et blagues stériles sont légions.

La série ne plaira donc définitivement pas à tout le monde. Mais à certains garçons elle pourrait leur rappeler leur groupe de potes – il est très amusant d’essayer d’identifier qui, dans votre entourage, correspond à quel personnage. Les filles, elles, découvriront que les garçons ont un langage bien moins cru qu’elles ne l’imaginent quand ils sont entre eux – oui, en vrai on passe notre temps à parler de bière, de sport (surtout ceux auxquels on ne comprend rien), et des dernières conneries des uns et des autres… et beaucoup plus rarement de nos copines ou de nos (in)exploits sexuels.

Moralité, si vous êtes en manque de nouvelle série, jetez vous sur les deux premières saisons de The League – au moins, dans le pire des cas, vous pourrez dire que vous l’avez vu et donc que vous êtes un fin connaisseur en matière de sitcom…

(les images et les vidéos qui devaient accompagner cet article étant perdus pour l’instant dans les limbes du transfert de fichier, l’article sera updaté bientôt !)