Nouvelle semaine en deux parties, et on commencera une fois de plus avec les départs. Si tout le monde veut savoir ce que vaut réellement House of Cards, la série réalisée (en partie) par David Fincher avec Kevin Spacey dans le rôle principal, on s’intéressera aussi à une série sur le monde de l’art, une parodie de la télé-réalité US, un show totalement illuminé et très inquiétant, une mini-série très anglaise, ainsi que LA catastrophe la plus retentissante de cette année, signée Ricky Gervais.
White Collar (saison 4)
Dans le monde de plus en plus improbable de la série policière qui cherche à se frayer un chemin hors des sentiers battus, White Collar avait plutôt fait bonne impression il y a quatre ans avec son concept novateur et ambitieux. Ou comment un ancien faussaire va travailler pour le flic qui l’a pourchassé aux quatre coins du monde.
Une fois passée la découverte d’un monde peu vu à la télévision (celui du trafic d’art), une fois passée l’agréable surprise d’une réalisation plutôt soignée quoique franchement pas très originale, et une fois passée le sentiment d’avoir des acteurs vraiment investis dans leurs personnages, il reste que White Collar s’essouffle et donne l’impression d’avoir déjà fait le tour de tout ce qu’il était possible d’inventer autour de ce concept.
Les fans les plus acharnés resteront pour le feuilletonnant qui s’intéresse, cette fois, au passé de Neal, le héros, et en particulier à son très mystérieux père. Autant vous le dire tout de suite, les révélations ne sont pas franchement à la hauteur et même l’ultime retournement final ne vous déclenchera pas une crise cardiaque (si déjà il arrive à vous réveiller…)
La série va revenir l’année prochaine pour une cinquième saison et on espère que les producteurs auront l’intelligence d’injecter du sang neuf dans l’équipe de scénaristes – ou que du moins, ils accepteront de bousculer un peu une formule qui commence à s’endormir. Car il serait vraiment dommage d’enterrer totalement cette charmante série, de la rendre ridicule au fil des années en perpétuant des schémas qui n’ont plus lieu d’être. White Collar était innovante, il est grand temps qu’elle le redevienne.
Final Score : 6/10
White Collar fut à ses débuts l’un des cop-show à ne pas manquer. Aujourd’hui, la série s’essouffle et a besoin de renouveau. Tous ceux qui ne sont pas totalement fans peuvent vraiment faire l’impasse sur cette saison.
Kroll Show (saison 1)
Dans la grande lignée des comiques qui arrivent à décrocher un show qui porte leur nom, je demande Nick Kroll, trentenaire juif et décalé qui fait les beaux jours de la série The League avec le rôle de Ruxin.
Ici, Kroll s’en prend à la télé américaine avec comme cible de prédilection les innombrables télé-réalité sur des publicitaires, des dentistes, ou même tout simplement un ado obèse ou un ado débile. Seul souci, Kroll connaît tellement bien son sujet qu’il en oublie parfois d’être vraiment drôle et donne l’impression de seulement copier ce qu’il veut critiquer…
A part ça, on notera bien un ou deux sketchs amusants et une bande de comédiens qui s’éclate. De quoi passer un bon moment mais absolument rien d’extraordinaire. Bref, si la série ne revenait pas l’année prochaine, ce ne serait franchement pas un drame…
Final Score : 6/10
En fond lors d’une soirée whisky-coca avec des amis, The Kroll Show peut avoir un réel intérêt. Tout seul, à la maison, nettement moins. A vous de voir si vous avez des amis prêt à tenter l’aventure.
Enlightened (saison 2)
S’il y a bien une série qui m’a rendu fou ces derniers temps, c’est Enlightened. Chef d’œuvre (bon ok, non, très bonne série) ou mauvais trip à vomir ? Cette série de vingt-six minutes sur une jeune femme totalement illuminée qui décide d’agir pour améliorer la société – et qui dans cette deuxième saison va s’en prendre à la boite pour laquelle elle travaille et qui cache de noirs agissements – laisse totalement perplexe.
C’est qu’on n’arrive jamais à savoir s’il s’agit d’une excellente comédie sur le pouvoir de la foi ou d’un exécrable préchi-précha religieux, simpliste et ridicule. Second degrés fin et intelligent ou premier degré balourd et moralisateur ? Alors qu’on rigole beaucoup au fil des épisodes, et qu’il faut souligner la qualité de l’ensemble du programme, il ne cesse d’y avoir des séquences qui font froid dans le dos tant on n’arrive pas à savoir si c’est du lard ou du cochon. En particulier ces passages de voix off qui hésitent tellement entre la comédie et le sérieux qu’on se demande ce que veulent réellement raconter les auteurs.
Mais au final, voici bien une des rares séries qui vous colle à la peau bien longtemps après avoir éteint votre écran…
Final Score : ???
Difficile de donner un avis définitif sur Englihtened. Je crois bien que la seule solution, c’est encore que vous regardiez un ou deux épisodes pour vous faire votre propre opinion…
Mayday (mini-série)
C’est donc le nouveau grand trip de la BBC, la première chaîne publique anglaise : diffuser des mini-série de cinq épisodes sur cinq soir d’affilés ! Cette semaine, on avait donc droit à Mayday, polar à l’ambiance légèrement paranormal sur la disparition d’une jeune fille dans un petit village.
Pur prétexte à brosser une galerie de personnages aux trajectoires plus ou moins (mais quand même plus) intéressantes, l’enquête vous laissera forcément sur votre faim lors de sa résolution. Plutôt bien filmé et bien joué, le show peut vous accompagner tranquillement sur une petite semaine – il semble vraiment avoir été conçu pour ça. Mais y a-t-il vraiment plus à en tirer ? La réponse est tout simplement non, tant tous les éléments mis en place rappellent d’autres séries ou même certains films. Sympathique Mayday, mais vraiment pas originale. Dommage.
Final Score : 7/10
Honnête, Mayday est un programme divertissant et assez intelligent mais terriblement déjà vu. Sympathique, donc, mais pas du tout indispensable.
Derek (saison 1)
Les amis, la télévision anglaise va mal en ce moment. Ses grands auteurs ne savent plus de quoi parler (Black Mirror), ses jeunes talents ne parlent de rien (Utopia.) On sait aujourd’hui que c’est vraiment la crise quand l’enfant terrible des écrans UK, l’infatigablement irrévérencieux Ricky Gervais, en autre créateur de la cultissime The Office, plonge dans un abyme sans fond.
Avec Derek, l’auteur aurait voulu parler de la vieillesse, de la manière terrifiante dont la société actuelle traite ses personnages âgées ; mais il tombe dans la mièvrerie irritante, avec des séquences clipées tire-larmes sur fond de musique au piano absolument abjecte. A trop vouloir nous faire aimer ses petits vieux, il nous rend le sujet désespérant et pathos à mort. Sur ce point-là, donc, c’est un échec total.
Mais Derek, c’est aussi un personnage principal rejeté par la société mainstream à cause de ses problèmes sociaux, sa manière de parler et même de son physique très ingrat. S’il paraît évident que le personnage fait écho aux problèmes liés à l’autisme, Gervais s’en défend complètement et assure que son personnage n’est pas non plus déficient mentalement. On se demande bien pourquoi il refuse de jouer le jeu tant cela n’a pas franchement d’impact sur le show. Peut-être est-ce pour contrecarrer les premières critiques sur le show, faites par des associations de défense des droits des handicapés, qui considéraient que Gervais se moquait ouvertement et méchamment. Le souci, au final, c’est que Derek est beaucoup trop gentil et innocent pour tenir le rôle principal de ce genre de comédie. Quand tous les autres personnages lui balancent des fleurs pendant le dernier épisode, c’est non seulement fatigant, mais en plus limite gerbant tant on a l’impression que c’est Gervais qui se congratule lui-même à travers le prisme de ses comédiens.
Même la réalisation, qui utilise une fois de plus le principe du mockumentary, paraît datée et laisse totalement circonspect sur ce choix qui n’apporte absolument rien au scénario. Les comédiens en font trois tonnes, et les petits vieux qui s’agitent dans le fond ont juste l’air d’être venu pour avoir un thé et des gâteaux gratos. Au final, quand le dernier épisode se termine, on est soulagé de ne plus avoir à supporter ce calvaire. Pas de chance, Gervais a assuré qu’il produirait une deuxième saison que Channel 4 en veuille ou non.
Final Score : 3/10
Pas drôle et même fondamentalement énervante et répulsive, Derek est sans doute LA catastrophe de l’année, surtout en regard de son créateur, Ricky Gervais, qui nous avait habitué à tellement mieux.
House of Cards (saison 1)
Il y a des séries, comme ça, qu’on voudrait ne pas aimer. Sans doute parce qu’elles font parler d’elles trop vite et trop fort, ou tout simplement parce qu’on a l’impression de faire face à un gros matraquage publicitaire. Avec ses nombreux réalisateurs connus (dont Fincher en tête de liste), et son casting imposant (Kevin Spacey, Robin Wright, ou encore Constance Zimmer), House of Cards fait partie de ce genre de projets excessifs qui attirent tout autant qu’ils repoussent. Adaptation d’un programme anglais qui a connu son heure de gloire dans les années 90, le show sent bon la récupération chic et choc. Ajouter à cela qu’il s’agit de la première série de Netflix, un service de vidéo à la demande et pas du tout une véritable chaîne, et il y avait de quoi se poser de vraies questions sur le programme…
La bonne nouvelle c’est que oui, House of Cards est une excellente série. La mauvaise, c’est qu’il faut absolument voir la première saison dans son intégralité pour vraiment en être convaincu. En effet, tout le show repose sur un personnage principal moteur de l’action (Spacey) dont on ne connaîtra véritablement les intentions – et surtout le plan furieusement complexe – que dans les derniers épisodes. Du coup, sur les sept ou huit premiers, on a l’impression que la série part un peu dans tous les sens mais sans trouver la fameuse ligne directrice qui pourrait lui donner son identité.
Si le show se laisse totalement regarder la première fois que ce soit par la qualité de sa réalisation, du jeu des acteurs, et même de la partie “bouclée” des scénarios, c’est donc vraiment rétroactivement qu’il prend toute son ampleur. Il passe alors du statut de simple (!) très bonne série, à celui de petit chef-d’œuvre. Mais qu’on se le dise, House of Cards ne fait rien pour se faire aimer et seuls ceux qui iront jusqu’au bout pourront en apprécier toute la saveur…
Mais aussi être totalement irrité (ou non, c’est une histoire de caractère) par la conclusion qui appelle définitivement une suite. Fort heureusement, vu le succès de ces treize premiers épisodes, une deuxième saison est déjà en cours de production.
Final Score : 9/10
Ne vous laissez pas avoir par tous les petits éléments qui pourraient vous faire abandonner la série : si vous allez jusqu’au bout de House of Cards, nul doute que vous ne regretterez pas d’avoir vu un show de cette qualité.
Allez, rendez-vous demain pour faire le point sur les nouveautés de la semaine !



























