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Cette semaine, la CW passe à l’attaque en faisant sa rentrée après tout le monde. La plus petite des grosses networks, très orientée vers les ados, a-t-elle réussit à surprendre et à trouver sa place ?

La rentrée se termine et les derniers retours de série se mettent en place. A partir de dimanche dernier vous pouviez donc retrouver The Cleveland Show ; The League ; It’s Always Sunny in Philadelphia ; ainsi que les “classiques” de la CW : 90210 ; Gossip Girl (pour son ultime saison) ; et The Vampire Diaries.

Ce n’est pas parce que la CW fait sa rentrée que les autres chaînes s’arrêtent de programmer des nouveautés. NBC ouvre le bal cette semaine avec Chicago Fire, nouvelle création de Dick Wolf, le papa des interminables déclinaisons de Law and Order. Avec ce nouveau show plutôt musclé, Dick ne va pas chercher dans l’originalité puisqu’il nous met en place les aventures des pompiers (qui éteignent le feu) et des secouristes de premières urgences (qui interviennent juste après le feu.) En clair, il réadapte sa formule Law and Order à des garçons très musclés et des jeunes femmes aux courbes très généreuses, le tout en débardeur plein de sueur alors que les héros gardent toujours leur maquillage impeccable. Ça sent la testostérone jusque chez les personnages féminins (je vous le donne dans le mile : la blonde est plutôt agressive et impétueuse, du coup elle est lesbienne…) pour un casting qui a clairement été plus choisi pour ses heures passées dans la salle de sport que sur les planches d’un cours de théâtre. Difficile donc de s’intéresser à cet ensemble cast ultra stéréotypé, à ce flot d’intrigues feuilletonnantes dont on voit déjà où elles vont toute nous mener, ou encore de supporter cette musique grandiloquente et cet appui systématique sur les beaux drapeaux américains car les héros représentent toutes les belles valeurs de ce grand pays. A moins d’un sacré retournement de situation, Chicago Fire risque bel et bien de finir dans les poubelles de l’histoire de la télé américaine…

Mon Pronostic : il serait vraiment surprenant que le public américain se laisse avoir par une série qui répète tout ce qui a été fait ces vingt dernières années, sans originalité ni vrai passion. Du coup, je mise sur une annulation en cours de première saison.

L’autre catastrophe de la semaine était proposée par ABC et fait revenir sur les écrans la très sympathique Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et l’insupportable Hayden Panettiere, aka la cheerleader de Heroes qui n’a vraiment rien trouvé à faire depuis quelques années si ce n’est faire la une des tabloïds. Horreur absolue, Nashville cumule les défauts : il s’agit d’une série musicale qui veut se la jouer Glee pour les adultes (comme si Spielberg ne s’était pas déjà cassé les dents sur ce sujet l’année dernière avec Smash) ; c’est une série sur la country (oui, le genre musical, et autant vous dire que si vous ne supportez pas vous allez vous boucher les oreilles la moitié du temps) ; et c’est une série qui veut nous faire croire que Hayden est capable de jouer une méchante artiste qui a tout de même un bon fond – quand elle pleure dans un placard, on explose de rire. Voici donc l’histoire incroyablement peu intéressante d’une ancienne star de la country obligée de faire une tournée avec la petite nouvelle qui monte et qui chante des paroles débiles pour les ados. Wahou. Pour pimenter le tout, les auteurs glissent une petite intrigue politique tellement peu crédible qu’elle termine de faire sombrer Nashville dans les heures sombres de la série télé. A fuir d’urgence.

Mon Pronostic : non, franchement, il n’y a pas moyen que cette série se voit commander une deuxième saison. A la fin de la première, ABC l’annulera sans avoir à se justifier…

Les plus vieux d’entre vous se souviennent peut-être de la série Beauty and the Beast des années 80 avec Ron Perlman et Linda Hamilton (ah, Linda Hamilton…) voici la version revue et corrigée et adaptée au XXIème siècle par la CW et donc avec Kristin Kreuk et Jay Ryan qui ont le mérite d’avoir autant de charisme l’un que l’autre soit, combiné, le charisme d’une huître peu fraîche le lendemain du jour de l’an. Fort heureusement, le show ne s’appuie pas uniquement sur l’irrésistible attirance des deux héros l’un envers l’autre et va chercher une intrigue feuilletonnante bien alambiquée (à base d’expérience sur des soldats pendant la guerre en irak) pour susciter notre intérêt. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi bon reprendre une vieille série dont le charme était dans le look bien particulier du héros (qui avait une pseudo gueule de lion) pour le transformer en beau gosse avec une cicatrice qui a juste les dents qui poussent quand il se met en colère !

Mon Pronostic : un pur produit CW qui devrait arriver à toucher la cible de la chaîne – ça sent la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

C’est sans doute la nouvelle qui m’a fait le plus plaisir cette semaine : le succès phénoménal (enfin, pour la CW, hein !) de Arrow, série adaptée de l’archer vert de chez DC Comics. Et pourtant, il y avait de quoi prendre peur à la vue des premières affiches et de la gueule dépourvue d’expression de l’acteur principal. C’était sans compter sur un scénario qui prend l’intrigue de base au sérieux et va réellement chercher dans les recoins sombres de la psychologie des super-héros. Dark, bien ficelé, s’en sortant plutôt pas mal au niveau des FX, et bien entendu bourré de références pour les fans qui n’attendent que ça, le pilote est tout simplement jouissif et donne envie de voir si la suite va arriver à rester à ce niveau de qualité. Plus proche du deuxième Batman de Nolan que du Superman de Smallville, Arrow pourrait bien devenir la série de super-héros qu’on attendait.

Mon Pronostic : de tout mon coeur je vois la commande d’une deuxième saison. J’espère juste que la suite de la série ne va pas s’avérer une plantade absolue !

Le seul départ de la semaine – et pour moi le premier de la saison, même si le show a redémarré en août ! – me permet d’inaugurer un nouveau système de notation qui me paraît plus intéressant. Vous pouvez retrouver les explications ici ! Ce départ, c’est donc la fin de la deuxième saison de Hell on Wheels, qui nous plonge dans les affres de la construction d’une ligne de chemin de fer en plein western. Après une première saison intéressante mais qui se perdait dans ses multiples personnages, cette deuxième fournée d’épisodes approfondies les différentes trajectoires qui s’avèrent surprenantes et très intéressantes. Entre l’ex-prostituée partagée entre son véritable amour – noir et donc mis au bas rang de la société – et le mec un peu couillon mais au bon fond qui peut assurer la sécurité de son futur enfant, la femme de l’ouest trop intelligente pour son propre bien, les deux frères qui dirigent un bordel et un bar mais dont l’un des deux tombe amoureux de la fanatique religieuse, ou encore le héros à la psyché détruite, il y a franchement de quoi faire. Dommage que l’ultime épisode tourne au carnage longuet et assez inutile, nous laissant sur une note un peu décevante. Mais les auteurs se rattrapent à la dernière minute en nous rappelant que le sujet de la série est le conflit entre la rédemption et la vengeance, dans une séquence de pendaison absolument démentielle. Quant au dernier plan, il prouve que la réalisation a tout compris aux western. Voilà une bien belle série dont on attend avec impatience qu’AMC la renouvelle officiellement pour une troisième année.

Final Score : 7/10

RAISE HELL comme l’affirme la publicité pour cette deuxième saison de Hell on Wheels qui confirme la série comme un très bon show mais pas encore forcément comme un immanquable. Une troisième saison pourrait apporter l’ampleur qui lui manque encore un peu, alors croisons les doigts…

Rendez vous la semaine prochaine pour découvrir encore quelques nouveautés, fêter le retour d’American Horror Story, et saluer la fin de la deuxième saison de Boss !

Ca y est, l’été est présent et le programme télé US se calme un peu avec les fins de saison… ou les fins de série tout court. Et on se réjouit de voir de nouveaux programmes arriver sur les écrans. Enfin, on se réjouit, ça dépend des fois…

Autant vous l’avouez tout de suite, non je ne dirai rien sur le finale de Game of Thrones et on ne s’étendra pas sur la série qui, de toutes façons, n’a pas besoin de mon avis pour s’attirer les faveurs du public. Je ne vais pas revenir non plus sur la fin des pitoyables Hot in Cleveland (mais comment diable cette sitcom dépassée peut plaire aux critiques américains ?) et Happily Divorced, tout comme il sera de bon temps de s’abstenir de critiquer la quatrième saison de l’effrayante The Secret Life of the American Teenager… qui en plus enchaîne directe sur sa cinquième saison dés la semaine prochaine.

Pretty Little Liars : notez le A en lettre de sang qui fait très très peur...

Je vais juste rapidement vous prévenir du retour de Pretty Little Liars, avec une reprise ma fois assez réussie et qui – on s’en doutait – complexifie à outrance la fameuse question centrale de la série, à savoir qui se cache sous le pseudonyme de A et s’amuse à effrayer ainsi nos petites héroïnes ? La solution donnée à la fin de la saison précédente est donc sacrément remise en question… Reprise aussi de Jane By Design, série très bof bof sur l’enfer de la mode ou comment une jeune lycéenne se fait embaucher par une terrible styliste qui la prend pour une adulte. Mou du genou et très consensuel, c’est un show pour les après-midi où il fait trop chaud, afin de s’endormir tranquillement après un saut dans la piscine (si vous pouvez faire ça, vous êtes vraiment des veinards.) On saluera le retour très réussi de Breckin Meyer et Mark-Paul Gosselaar (Zack de Sauvé par le gong, combien de fois faudra-t-il vous le redire ?!) dans Franklin & Bash qui reste le legal show le plus drôle du moment pour l’instant. Enfin, le concept de concierge medicine (fallait le trouver celui-là) continue son bout de chemin dans la quatrième saison de la très oubliable Royal Pains ou les aventures mirobolantes d’un médecin qui n’a rien à envier à McGyver. Par contre, on n’oubliera pas de jeter un oeil au retour de l’intrigante Necessary Roughness, série très inégale (comprendre parfois géniale et parfois totalement soporifique) sur une thérapeute qui pratique l’amour vache.

Forte d’une très bonne première saison en terme d’audience, mais aussi de critiques finalement enthousiastes (alors que le tout premier pilote avait été jugé comme le pire pilote présenté cette année là !), Teen Wolf revient en grande pompe sur MTV, s’offrant deux épisodes pour bien nous lancer dans l’action, mais aussi un nouveau générique… absolument magnifique. Une reprise fort sympathique qui creuse un peu plus les différences avec la grande soeur spirituelle qu’est The Vampire Diaries pour se concentrer sur un mode plus sombre, plus réaliste (oui, même avec des loup-garous !) et qui délaisse au maximum les intrigues romantiques. Bref, ça sent l’ado qui a les poils qui poussent et qui veut pisser partout pour marquer son territoire, et ça traite ce sujet de manière plutôt sympathique. Un indispensable de l’été à mon avis, surtout au vu de ce qui est diffusé à côté.

Aïe, attention ça fait mal et ça pique longtemps. J’attendais Longmire pour le retour sur nos écrans de Katee Sackhoff, inoubliable Starbuck de Battlestar Galactica, et certainement pas pour la série de romans policiers dont le show est inspiré. Et d’ailleurs l’inspiration, c’est bien ça le problème, tant Longmire ressemble à énormément de série policière sans aucune originalité. Cette fois, le cadre et l’attitude très western sont censés faire la différence, mais au final cela à revient à avoir un personnage de flic droit dans ses bottes aidé par son ami indien et sa jeune flicette bagarreuse - et oui, c’est presque le trio de Walker Texas Ranger ! Bon, je suis méchant, mais il faut avouer que le côté western est déjà joué – et avec un talent absolument imparable – dans Justified ; quant à Sackhoff, elle rigole comme une bêtasse et se montre particulièrement peu investie par ce rôle au demeurant déplorable. Enfin, la palme revient à Robert Taylor qui, dans le rôle titre, en fait carrément trop pour être crédible. Bref, c’était un pilote long, chiant, et tellement banal qu’on se demande bien comment la suite pourrait relever la pente. Ah, c’est dans ces moments là que Starbuck nous manque le plus !

Je ne suis pas un fin connaisseur de l’univers de Tron, du coup je me suis renseigné mais j’espère quand même que je ne vais pas trop dire de conneries. Apparemment, Tron : Uprising, cette version animée, qui vient de démarrer sa diffusion sur Disney XD (la version bad-ass de Disney Channel !) se déroule entre les deux films histoire de situer à peu près temporellement le schmilblick. C’est donc l’histoire de Beck, mais pas le groupe de musique, il s’agit ici d’un programme jeune et plein de vie, mécanicien, qui va peu à peu s’opposer au régime totalitaire que met en place le méchant Clu et qui va devenir le prochain Tron, c’est-à-dire la personna de la résistance. Ça a l’air compliqué comme ça, mais en réalité c’est très simple et suffisamment bien écrit dans les deux premiers épisodes pour qu’on puisse vite accrocher à cet univers sympathique et à ces personnages fortement charismatiques. Il faut dire que la série a une patte graphique vraiment très particulière qui souffre seulement du “syndrome du vide”, à savoir un net problème de foule lorsqu’il est censé y avoir du monde dans les parages. La musique est assurée par l’arrangeur des Daft Punk et on retrouve tout à fait l’esprit de la BO du film récent – pour ma part, j’ai bien cru au début que c’était les Daft Punk eux-mêmes qui étaient aux manettes. Au niveau des voix, on retrouve tout de même Elijah Wood, Mandy Moore, Emanuelle Chiriqui, le magistral Lance Henriksen (mais si, le protagoniste de la série Millenium de Chris Carter) et l’excellente Tricia Helfer (forever number six), bref du beau monde qui se prend totalement au jeu. C’est donc tout à fait réjouissant et on verra sur le long terme si c’est absolument génial…

Mon histoire avec Saving Hope est un peu particulière. La première fois que j’ai regardé le pilote, je rentrai d’une soirée plutôt très arrosé, un appétit de T-Rex dans mon ventre et le cerveau aussi fonctionnel  qu’une tablette tactile pour écrire un roman (allez-y, essayez…) Je me souviens que j’étais incapable de comprendre qui était l’héroïne, que je confondais quasiment tous les médecins et que je me demandais pourquoi la série se focalisait autant sur ce pauvre mec en costard et noeud papillon qui semble attendre désespérément qu’il se passe quelque chose. Et pour tout avouer, je n’avais même pas reconnu la sémillante Erica Durance, la Lois Lane transfuge de Smallville. Du coup, deux jours après, je m’y attelle à nouveau pour découvrir un show particulièrement propre… et particulièrement peu imaginatif. Saving Hope, puisque maintenant je peux le raconter, c’est donc l’histoire d’un couple de chirurgiens qui est sur le point de se marier mais qui ont un accident de voiture. Du coup, le monsieur devient un fantôme dans l’hôpital où celle qui aurait dû être sa femme continue d’officier. Enfin, un fantôme… plus ou moins vu qu’il est “seulement” dans le coma mais qu’il n’est pas encore mort. Alors oui, comme ça, ça peut paraître un poil original (mais ça a déjà été fait cette année, à l’envers, dans la pas très reluisante A Gifted Man), mais en réalité on fait face à un medical show de plus, avec des personnages bien creusés, une bonne ambiance visuelle, des intrigues secondaires poignantes (et bien morales), en clair quelque chose de déjà vu cent fois mais qui est fait dans les règles de l’art. Pas chiant, pas débile, pas condescendant, et pas original pour deux sous. La suite me fera peut-être changer d’avis, en attendant je crois que j’ai trouvé le show parfait à regarder quand tu fais du vélo elliptique.

Pour terminer, un petit mot rapide sur The Runaway, série anglaise enfin diffusée aux US sur la chaîne Ovation, un tout petit network qui “essaie” de faire dans la qualité. The Runaway date de 2011, est basé sur un roman de Martina Cole et apparemment cette mini-série de six épisodes, qui conte une romance maudite entre deux petits londoniens dans les années 60 et 70, serait une vraie bonne surprise. Qui sait, au vu du peu de programmes suffisamment intéressants diffusé cet été, il est possible que j’y jette un oeil et que je vous en parle un peu plus longuement une prochaine fois !

Allez, à la semaine prochaine avec… oh mon dieu, mais oui c’est eux, Bobby Ewing et J.R. ! Dallas, le comeback du siècle ? (de la décennie ? de cette année ? de cet été ?) Réponse dans une petite semaine !

Cette semaine les départs commencent à s’accumuler avant le “grand débarras” de la semaine prochaine. Retour donc sur quatre départs et une arrivée !

Mais commençons par glisser un petit mot sur ses séries qui viennent de finir leur saison (ou carrément leur diffusion) et qu’on ne critiquera pas vu que, malgré tous mes efforts, il n’y a pas encore assez d’heure dans une journée et assez de capacité dans mon cerveau pour tout regarder. On dit donc aurevoir à Last Man Standing (une sitcom extrêmement mauvaise avec Tim Allen qui arrive tout de même à convaincre le public américain), New Girl (mais qu’on tentera de regarder vu son succès), Big Bang Theory, The Office, Parks and Recreation, CSI : New York (alors que Miami se voit annulée), la pourtant très décevante Blue Bloods, l’increvable American Dad, Bones, la catastrophe Hart of Dixie (qui viendra donc polluer la CW l’année prochaine), et la franchement pas drôle Mike & Molly. Et on fait un adieu définitif à Unforgettable (un cop show à twist mais malheureusement vraiment trop classique), The Finder (le spin-off de Bones, énième spin-off à se voir claquer la porte au nez au bout de douze épisodes), la passablement fatiguée Desperate Housewives qui mérite bien sa retraite du coup. La première série à se faire la malle cette semaine, c’est donc The Secret Circle, deuxième show adapté des romans de L. J. Smith et venue accompagner sa grande soeur The Vampire Diaries (dont on parle juste après !) L’affiche vous fait penser à The Craft (mais si, Dangereuse Alliance en vf, avec Neve Campbell période à peine pubère) ? C’est normal, on est dans le même registre. Soit un groupe de sorcières (bon, y a deux mecs dans le groupe, mais ils servent pas à grand chose si ce n’est apporter des intrigues amoureuses) qui se confrontent à leurs pouvoirs. Vont-elles faire le bien ou le mal ? Et puis comme il faut tenir sur la durée, vous me mettrez une petite louche de chasseurs de sorcières (que des mecs là pour le coup), un papa super puissant, et pis même du voyage temporel. Sorte de soap fantastique qui n’a rien à envier à Dark Shadows (le vieux programme télé comme le film de Burton), The Secret Circle sait parfaitement distiller des cliffhangers monstrueux en début et fin d’épisode mais a bien du mal à construire des scénarios prenant de bout en bout. Et même si les jeunes actrices ont toutes de jolis minois, que les garçons ont eux aussi une plastique irréprochable, et qu’au final ils s’avèrent tous pas si mauvais que ça, impossible de ne pas s’énerver face à la réalisation pataude qui fait cruellement ressentir le manque de moyens. Pour autant, la série méritait-elle d’être annulée aussi vite, à la fin de sa première saison, alors qu’elle ne fait pas plus mal que le programme qu’elle remplace ? Les patrons de la CW pensent sans doute avoir un programme magique dans leur chapeau pour l’année prochaine, mais les fans n’ont pas encore dit leur dernier mot. Deux topics mondiaux sur twitter le jour de l’annonce de l’annulation, et une pétition (ou plutôt twittition) de plus de 23 000 signatures en quelques jours. On repense alors aux fans de Roswell qui avait tout fait à l’époque pour éviter l’annulation (et d’ailleurs, je découvre à l’instant que l’un des show runner de l’époque n’était autre que Ronald D. Moore… le papa de la nouvelle version de Battlestar Galactica !) Alors, internet fera-t-il changer les choses ? Wait and see…

Final Score : 3/5

Pas folichonne mais pas mauvaise non plus, The Secret Circle est une série tout juste moyenne qui souffre d’une mauvaise gestion des scénarios et d’une mise en scène pataude. Seuls les fans les plus acharnés d’histoire de sorcières devraient se lancer dans l’aventure… mais on leur recommande quand même d’attendre de voir si la CW va finalement recommander la série suite aux pressions des fans ou si elle va se borner à les bouder ! On attendait une grandiose adaptation du magnifique comics Fable de Bill Willingham, on a pris en pleine gueule Once Upon A Time et ses effets spéciaux démodés. Autant dire qu’au démarrage, la nouvelle série d’ABC partait sur de mauvaises bases. Et ce n’est pas la piètre performance de Ginnifer Goodwin (que l’on n’aura pas pleuré longtemps chez House) qui aurait pu nous remonter le moral. Once Upon a Time c’est la pas très fascinante histoire d’une femme d’une trentaine d’années qui voit un jour débarquer chez elle l’enfant qu’elle a laissé à l’adoption dix ans plus tôt. Il la ramène dans son petit bled paumé mais là, fichtre, on découvre que tous les habitants sont en réalité des personnages de conte de fée. Et la dame qui a adopté le petit gars, c’est la méchante reine. Arf. Mais il faut bien avouer que, passé la mauvaise surprise du début, le show trouve très vite ses marques et commence à nous embarquer dans son feuilletonnant plutôt rondement mené. Dans sa deuxième moitié, la série atteint sa vitesse de croisière pour offrir de vraies bonnes surprises – comme par exemple l’épisode consacrée à la méchante reine dans lequel les auteurs trouvent un astucieux moyen de nous expliquer sa psychologie. Alors oui le final est totalement raté car prévisible à des kilomètres, oui les acteurs ne sont pas folichons (même si Robert Carlyle se démène comme un petit fou) et oui les effets spéciaux restent tout le temps absolument catastrophique, mais Once Upon a Time s’installe confortablement dans le coeur du spectateur comme une mauvaise habitude, comme la cigarette qui accompagne la bière.

Final Score : 3.5/5

Note mitigée pour ce Once Upon a Time qui décevra tous ceux qui tombent dessus par hasard et jugeront la série sur son apparence et ses comédiens. Ceux qui se laisseront gentiment glisser dans ce réel conte de fée moderne découvriront un programme singulier, bourré de défauts mais franchement unique et désespérément attachant. Et comme nous, ils attendront avec impatience la deuxième saison !

Véritable rollercoaster d’émotions et de rebondissements, The Vampire Diaries a offert cette année deux épisodes de conclusions absolument stupéfiants. Certes, le cliffhanger était attendu (il s’agit d’une promesse de Kevin Williamson et Julie Plec, les deux showrunners) mais le chemin pour y arriver est tout bonnement génial. Difficile donc de faire le point sur une série qui arrive toujours autant à me surprendre et ne s’appesanti jamais sur un quelconque statu quo. Cette troisième saison voit l’émergence de très bons acteurs (Candice Accola, délicieuse Caroline) tandis que le trio de tête commence à véritablement maîtriser les rôles qu’ils incarnent. La réalisation, par contre, ne s’améliore pas mais elle est loin d’être dérangeante. Au niveau du scénario, on ne peut qu’applaudir l’approfondissement psychologique des différents protagonistes alors que d’un autre côté on a un peu l’impression qu’on remplit avec un maximum de “trucs” pour éviter la panne d’inspiration (fantôme, ghost whisperer, loup-garou, hybrides, vampires originaux – je me demande quelle nouvelle race ils vont pouvoir nous sortir l’année prochaine !)

Final Score : 4/5

Le rollercoaster de la télévision US est toujours en pleine forme et fait sacrément plaisir à voir tant on sent que tous ceux qui font la série s’amusent énormément. Après trois ans d’existence, The Vampire Diaries s’affirme comme l’un des shows les plus funs de sa génération et tant pis si au final tout ça semble un peu vain : l’important reste de passer 42 minutes scotché devant son écran !

Fringe, la série la moins rentable de l’histoire de la FOX (non, j’exagère à peine) vient de clore sa quatrième saison. On le savait, la production n’avait pas pris de risque quant à l’avenir incertain de la série et avait décidé de tourner deux fins différentes. C’est donc celle ouverte sur une cinquième et ultime saison (de seulement 13 épisodes, diffusées dés septembre 2012) qui a été choisie… Ou plutôt qui a été montée à l’arrache en bout d’épisode tant ce season finale se pose en véritable conclusion. Et s’il n’y avait pas eu ce petit épisode se déroulant dans le futur, glissé comme ça sans aucun lien avec le reste de la dramaturgie à trois épisodes de la fin de la saison, on n’attendrait pas vraiment de suite à ce show qui nous a pourtant offert de sacré bons moments. Certes, on commence à sentir la fatigue des scénaristes et l’équipe technique semble tourner un peu en rond (en tous cas elle tourne avec un budget de plus en plus réduit), mais Fringe reste ce programme absolument charmant et agréable qui vous accompagne le soir pour vous endormir ou pour certains au matin avec le café. A consommer avec modération, donc, mais à consommer quand même !

Final Score : 4/5

On savait que cette saison serait délicate, non seulement à cause des restrictions budgétaires mais aussi parce que la FOX n’arrivait pas à prendre de décision quant à l’avenir de la série. Du coup, on se retrouve avec une quatrième année plutôt bancale, qui oscille entre vraies petites perles et épisodes écrits à la truelle pour retarder le feuilletonnant. Allez les gars, motivez vous, vous savez que vous n’avez plus que treize épisodes à pondre, ça serait quand même chouette de conclure sur une saison magistrale : Fringe en a tout à fait le potentiel.

Si c’est pas fantastique tout ça…

Quand on connaît une semaine plutôt tendue niveau boulot, on aime se réfugier dans des séries qu’on aime. Quand on fait face à une semaine particulièrement chargée au niveau de la programmation, on se demande comment on va faire pour arriver à tout regarder. Quand les deux tombent en même temps, l’heure est venue de faire un choix : il va falloir laisser tomber certains de nos héros préférés. Ou peut-être juste arrêter de regarder les plus grosses daubes…

Dimanche, le choix était assez délicat. Enfin, pas au niveau de la daube à éviter puisqu’il paraissait évident de faire l’impasse sur Army Wives dont le démarrage de cette sixième saison aura été hautement traumatisant pour les yeux, les oreilles, et le bon goût.

Donc tu veux que ton propre show s'arrête ?

Mais si on ne devait choisir qu’une série à regarder, là, les choses se corsent. Luck ? Trop lent, trop compliqué. Californication ? Les aventures de Hank Moody finissent toujours par fatiguer un petit peu. The Good Wife ? La déception risque de décevoir nos plus grandes attentes sur cette magnifique série (j’ai triché, j’ai regardé l’épisode…) Alors oui, faisons nous plaisir avec ce petit bonbon délicieusement tordu qu’est Once Upon a Time, la série improbable sur les contes de fée qui arrive à mélanger le Petit Chaperon Rouge et une histoire de loup-garou. Quand les scénaristes se lachent, c’est le spectateur qui se régale !

Red Hood VS Werewolf : on dirait le titre d'un jeu Capcom

Lundi, le choix paraissait évident : on se garde Pretty Little Liars pour la semaine prochaine (avec le grand final de la saison deux) et on se remet dans Being Human (version US) qui de plus signe ici l’un de ses meilleurs épisodes avec un petit retournement de situation que je n’avais franchement pas vu venir…

That's creepy.

Mardi, inutile de tergiverser avec l’immanquable Justified dont cette troisième saison s’avère encore meilleure que les deux premières.

J'adore ce petit regard sympathique et méprisant à la fois !

Mercredi, ce n’est pas le choix qui se bouscule au portillon… heureusement que Cartoon Network est là pour nous rappeler les méfaits de laisser la cuvette des toilettes levée et nous révéler la vraie manière d’utiliser ce formidable objet. Vous l’aurez compris, c’était la rentrée de South Park, qui commence cette seizième saison bien fort.

Nuff said

Jeudi, c’était sérieusement plus compliqué. Entre le flash-back 1912 de The Vampire Diaries, l’enlèvement du fiston d’Awake, et le rassurant retour de Community, on avait déjà pas mal de choses à voir. Mais c’était sans compter sur l’excellente surprise de MTV, I Just Want My Pants Back dont les scénarios sont au moins aussi sympathique que le titre de la série. Sans doute l’un des meilleurs shows sur les vingtenaires depuis… pff, tellement longtemps qu’on ne s’en souvient plus !

Voilà le genre de répliques sympathiques auxquelles vous devez vous attendre.

Enfin vendredi, même s’il y a tout plein de séries qu’on adore, on se réchauffera avec le retour de Sarah Shahi dans Fairly Legal - le show qui vous rappelle à quel point il semble faire bon vivre à San Francisco… (ok, ça ne parle pas du tout de la ville, mais c’est pas grave !)

San Francisco... what else ?

Bon, espérons juste qu’on aura un peu plus de temps pour regarder des séries la semaine prochaine !

La semaine dernière, on ne trouvait pas grand chose de nouveau et de qualitay à se mettre sous la dent du lundi au mercredi soir. L’espoir viendrait-il de la très chargée soirée du jeudi soir, du vendredi plutôt SF et fantastique, ou dimanche à vocation familial ? Je crois, mes amis, qu’il n’y a pas beaucoup d’espoir en vue…

JEUDI SOIR :

Le topo :

A 20h00 sur ABC vous pouvez signer votre arrêt de mort. Si si, je vous assure. Rassemblez les suicidaires et les masochistes (mais violents les masochistes, on peut pas dire qu’on s’adresse à des chochottes là). Comme beaucoup de personnes qui se sont forcées à regarder le pilote en entier, je me suis moi aussi retrouvé à pleurer du sang, à sentir la mort tout autour de moi, à entendre des voix me poussant à descendre à Marseille pour exterminer toutes les cagoles (à défaut de pouvoir défenestrer les bimbos terrifiantes de L.A.), et à ne plus sentir mon corps m’appartenir. Expérience hautement traumatique (bien plus qu’un séjour en Afghanistan) prouvée scientifiquement : 90% des spectateurs souffrent de PTSD pendant plusieurs semaines après le visionnage. De quoi je parle ? Mais de Charlie’s Angels, bien entendu, le remake abrutissant des Drôles de Dames des années 70. Scénarisée par les deux scientifiques diaboliques responsables de Smallville (Miles Millar et Alfred Gough), on a l’impression qu’ils ont lavé le cerveau de Drew Barrymore (la seule solution pour qu’elle ait accepté de produire se ramassis de clichés honteux) et sans doute ceux du réalisateur et du monteur qui ont commis cette aberration de la nature. Une effroyable catastrophe sur laquelle on reviendra forcément beaucoup plus longuement dans quelques temps (enfin, si on survit au visionnage d’autres épisodes).

A 20h30, vous reprendrez bien une petite dose de show absolument horrible qui vous donne envie de mettre votre tête dans un four ? La plus que honteuse How to be a gentleman aurait déjà parut vieillotte et dépassée en 1987, vous savez l’année où a démarré 21 Jump Street ! Non seulement le discours est édifiant (tout intello a besoin d’un redneck, d’un tocard, pour apprendre à devenir un vrai homme) mais en plus les répliques ne sont pas drôles, les acteurs mauvais, les décors immondes… Un petit plaisir coupable ? Non, même pas en fait. Et ouf, soulagement, la série est annulée après deux épisodes. Il y a une justice en ce monde.

A 21h00, les choses ne s’arrangent pas tellement. Person of interest n’est pas une catastrophe atomique, mais on ne peut pas dire que la nouvelle série de J.J. Abrams (sur laquelle il n’a pas dû passer tellement de temps à notre avis) soit vraiment digne d’être regardée. Écrite par le frère de Christopher Nolan, Jonathan Nolan, on sent clairement l’ombre du succès familial sur le pitch hautement improbable de ce concept show : un ancien agent de la CIA a construit une machine qui analyse toutes les écoutes américaines pour prévoir à l’avance de futurs attentats. Mais par un retournement de situation oh combien rocambolesque, voilà que la machine fait aussi une liste de numéros de sécurité social de personnes coupables ou victimes d’un futur crime. Du coup, notre agent, le monsieur à lunettes rescapé de Lost, mais si vous savez, le chef des autres, il fait appel au mec qui reprenait le rôle du prisonnier dans le remake récent pour qu’il résolve les enquêtes. Et voilà. Un cop show de plus avec une morale à la fin du pilote plus que nauséabonde… Sur la CW, on prend l’équipe de The Vampire Diaries et on s’attaque à une autre série de romans de L.J. Smith, The Secret Circle. On passe des vampires à des sorciers, mais le reste se ressemble beaucoup… et a au moins le mérite de prouver combien The Vampire Diaries est surprenante par rapport aux scénarios très attendus du petit cercle de sorciers.

A 21h30, Whitney sur NBC tente de nous faire rire. Elle n’y arrive pas (pour l’instant).

A 22h00, la bonne surprise vient de Prime Suspect, sur NBC. Certes, c’est la énième adaptation d’une série anglaise, certes c’est encore un show policier, certes le personnage de femme forte dans la police a déjà vu et réussi dans The Closer, mais c’est indéniable : Prime Suspect opère une sorte de charme difficile à expliquer sur son spectateur.

Le gagnant :

Sans surprise, il s’agit de Prime Suspect, la seule nouvelle série du jeudi à ne pas vous endormir ou à vous faire vomir. Ce n’est pas la révélation du siècle mais assurément ce qui se fait de mieux en terme de cop show féministe à tendance réaliste. Du coup, tous ceux qui n’ont pas vu The Closer peuvent se jeter dessus. Les autres, c’est à vous de voir…

VENDREDI SOIR :

Le topo :

A 20:00, sur CBS, on tente un petit peu de nous embrouiller en nous refilant le concept de Bonbon Sucré (Ghost Whisperer partout dans le monde) en le mêlant à un show médical. Du coup, nous voici avec un neurochirurgien dont la plastique est digne de Grey’s Anatomy, le caractère lorgnant clairement vers House, qui parle aux fantômes comme Jennifer Love Hewitt. A Gifted Man n’en est pas pour autant dépourvu d’intérêt et au bout de deux épisodes je dois clairement avouer que je ne vois pas du tout, mais alors pas du tout, vers quoi le reste de la série se dirige. Pour l’instant très feuilletonnante, elle propose des scénarios qui oscillent entre des moments clichés au possible et de vraies surprises forcément très sympathiques. Du coup, j’attendrai bien la suite pour émettre un vrai jugement !

Le gagnant :

Humm… oui, le suspense est pas terrible pour le coup. Faute de concurrent, si vous tenez vraiment à voir une nouvelle série le vendredi soir, ça sera A Gifted Man. En même temps qui sait si ça ne va pas s’avérer vraiment passionnant par la suite ?

DIMANCHE SOIR :

Le topo :

A 22h00, une vraie révolution s’est installée sur Lifetime depuis tout de même une dizaine de semaines (mais bon, on va dire que c’est une nouvelle série, ok, ça m’arrange pour la suite de l’article) : leur première vraie bonne série ! Against the Wall se présente comme un cop show relativement classique, et forcément mené par deux femmes vu qu’on est sur Lifetime, la chaîne des femmes (mais celles qui ont d’habitude plutôt mauvais goût). Le truc c’est qu’elles travaillent pour les affaires internes (la police des polices quoi) alors que l’héroïne est la seule fille d’une famille de quatre enfants… dont tous les frangins et le papa sont flics. Si vous vous demandez si ça suffit à faire la différence, je peux vous affirmer que oui et que les scénarios de Against the Wall sont plutôt surprenants et changent du traditionnel meurtre/enquête/résolution avec une blague sur le temps que le coupable va passer derrière les barreaux. Après, on reste chez Lifetime. Comprendre par là que la série avance avec très peu de moyens et que malgré toute la bonne volonté de l’équipe technique on fait face à quelques moments plutôt cheap…

Sur ABC, on nous propose de nous envoler avec la Pan Am. Le casting trois étoiles ne masque pas le vide abyssal de l’intrigue du pilote, obligé de recourir à une curieuse (et très peu probable) histoire d’espion histoire de nous maintenir un peu éveillé. A surveiller malgré tout, ne serait-ce que pour le joli minois de Christina Ricci.

Enfin, sur Showtime, on peut retrouver une autre idole de notre jeunesse, Claire Danes. Femme d’action qui a l’air d’avoir un sacré grain dans la tête, elle resplendit dans ce Homeland particulièrement paranoïaque et superbement écrit. L’histoire d’une agent de la CIA persuadée que la libération d’un militaire américain disparu il y a neuf ans et maintenant acclamé en héros fait partie d’un complot d’al-Quaeda… Oui, paranoïaque, c’est bien le mot !

Le vainqueur :

C’est haut la main que Homeland devient LA nouvelle série à voir le dimanche soir… et sans doute LA nouvelle série à regarder tout court (avec American Horror Story dans un tout autre genre). Magistralement écrite, superbement réalisée et donnant enfin à Claire Danes l’occasion de resplendir comme à la bonne époque de My so called Life, Homeland vient de sauver la rentrée. Merci Showtime !

Neuvième bilan, où on va (enfin) parler fantastique et SF ! Un bar bien spécial, des colocataires étranges, un sanctuaire pour les anormaux, une école mystérieuse, et la dernière version d’une franchise bien connue. C’est parti !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Bar Karma sort tout droit du cerveau de Will Wright, le mec qui assassine par millier les esprits de ces jeunes gens qui se laissent aller à jouer pour de vrai à ses Sims (oui, ceux qui ne passent pas leur temps à chercher différentes manières de tuer ces foutus personnages.) Willy est particulièrement malin : tout comme il ne vous vendait pas un vrai jeu mais un simple bac à sable, il ne vous vend pas une série mais un programme que les internautes devront écrire. Bien joué Willy, toi tu n’as pas besoin d’être sauvé.

Le problème quand on laisse les internautes écrire, et même si on utilise des professionnels pour lisser le tout, c’est que la plupart d’entre eux ne sont pas des scénaristes et ne connaissent quasiment rien à la dramaturgie… Et cela se fait fortement ressentir sur les scénarios de la série : si les idées sont généralement sympathiques (à défaut d’être bonnes !), le traitement est quasiment toujours absolument catastrophique, avec encore moins d’action qu’un épisode de Plus Belle la Vie et encore plus de dialogues explicatifs bidons.

Petit rappel tout de même pour ceux qui ne connaîtrait pas le concept : le bar Karma est un endroit à part de l’univers où vous pouvez voir les conséquences de vos actions, dans le présent et le futur, avant de décider comment agir, voir de retourner dans le passé pour tenter de tout changer. L’idée est séduisante donc – encore plus quand Willy se décide à glisser son grain de sel dans les derniers épisodes et à mettre un peu de feuilletonnant pour développer son univers.

Mais à part ça, c’est quand même le désastre du point de vue de la réalisation, de la production value (et de ses deux décors en studio), et des acteurs – une vraie et constante bataille pour prouver qu’ils jouent tous plus mal les uns que les autres. Sans ramage ni plumage, il ne reste qu’une sympathique idée de départ. C’est peu.

Final Score : 2/5, série en hiatus.
Participer à l’écriture de Bar Karma a peut-être été amusant pour certains internautes, mais le résultat est un vrai calvaire pour les spectateurs. Et vu que le reste est tout aussi à la ramasse, difficile de trouver un point positif à la série de Will Wright. Même les fans des Sims ferait mieux de retourner voir comment leur dernière création s’affame en essayant de sortir d’une piscine vide dépourvue d’échelle plutôt que de s’infliger ça.

Les amateurs de séries anglaises sont souvent très critiques avec leurs homologues américaines, encore plus quand celle-ci ne sont “que” des remake de leurs shows préférés. Du coup, Being Human US s’était fait une assez sale réputation avant sa diffusion sur Syfy. Essayons de voir vraiment ce qu’il en est.

Je dois commencer par vous avouer que je n’ai vu que le début de la série anglaise (une dizaine d’épisodes) lors de sa diffusion, il y a donc un peu plus de trois ans. Du coup, j’en avais un souvenir assez fugace mais plutôt positif, mis à part un casting qui ne m’avait pas particulièrement convaincu.

Face à cette version US, les souvenirs affluent tant les scénarios se ressemblent (les fans pourraient vérifier s’il ne s’agit pas de simples copier/coller). Le casting n’est guère plus convaincant, même si les acteurs semblent vraiment prendre du plaisir.

Being Human, c’est donc la vie en colocation d’un vampire, d’un loup-garou et d’un fantôme. Loin des intrigues à tiroir de The Vampire Diaries et beaucoup plus adulte dans ses thématiques qu’un Teen Wolf (heureusement, les personnages ont une trentaine d’années… ok, à part le vampire !), la série voudrait s’interroger sur ce qui fait de nous des êtres humains ou des monstres mais manque un peu le coche sur le sujet. En fait, l’histoire est juste fun et agréable à suivre et c’est déjà vraiment pas si mal.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Je ne pourrai vous dire si cette version US est meilleure ou pire que l’anglaise (qui va tout de même entamer sa cinquième saison) mais je peux vous assurer que ce Being Human est fort sympathique à suivre. Si vous chercher un show intéressant et fun, mais qui ne vous fera pas plus réfléchir que ça, vous pouvez sérieusement y jeter un oeil ! (Quant à tous les fans de la série anglaise, si vous détester cette version US merci de me dire pourquoi et peut-être que je ferai un comparatif entre les deux !)

Au premier abord, Sanctuary, avec ses effets spéciaux à la ramasse et ses faux décors en 3D pas franchement réussis, a tout pour rebuter même le plus hardcore fan de SF. Ce serait pourtant dommage de passer à côté de cette série qui réserve quelques moments magistraux… mais souffre aussi parfois de petits accidents industriels !

Car oui, c’est bien là tout le problème de Sanctuary : proposer à la fois des scénarios géniaux (notamment sur tout le passé de l’héroïne, Magnus, alliée de l’homme invisible, du docteur Watson, de Nicolas Tesla – un vampire – et de Jack l’éventreur !) et des quelques histoires franchement catastrophiques (oh, flûte, une grosse baleine a décidé de faire péter la planète) !

L’idée de départ permet de toutes façons plein de possibilités : le docteur Hélène Magnus dirige un Sanctuaire dans lequel tous les anormaux (comprendre toutes les bestioles et les êtres mythiques) peuvent être accueillis. Sur cette base relativement simple, les auteurs arrivent à tisser toute sorte d’intrigues et, peu à peu, installent un univers crédible et relativement jouissif.

Dommage que la technique ne suive pas et que certains décors en 3D soient juste à se vomir dessus. Dommage aussi que les acteurs ne soient pas tout le temps à leur maximum, on sent quelque peu un certain laisser-faire, comme s’ils ne prenaient pas totalement la série au sérieux. Mais c’est aussi ce qui fait la force de Sanctuary : ne jamais chercher à péter plus haut que son cul et juste proposer (la plupart du temps) de sympathiques épisodes.

Final Score : 3,5/5
Mettre un 3 serait cruel, mettre un 4 serait trop généreux… Sanctuary oscille vraiment entre des passages fabuleux qui vous donnent absolument envie de voir la suite, et des bourdes difficiles à pardonner ! Pour ceux qui sont en manque de SF ou de fantastique, voici un parfait palliatif qui pourrait tout à fait vous combler. Les autres passeront leur chemin !

Pas de méprise : Tower Prep était la première série live de Cartoon Network et se destinait clairement à un public d’adolescents de dix à quatorze ans – donc inutile de vous plaindre, si vous vous laissiez tenter à regarder le show, qu’il est un peu trop gamin. Avec cette notion bien en tête, que penser de cette nouvelle création de Paul Dini (un célèbre auteur de comics) et de Glen Morgan (un ancien de chez X-Files) ?

En pleine partie de jeu vidéo, Ian Archer se met à entendre un bruit strident et s’effondre au sol. Il se réveille à Tower Prep, une école bien mystérieuse, sans aucune idée de la manière dont il est arrivé là. Paniqué, il tente de s’échapper, mais des créatures étranges peuplent le bois qui entoure le bâtiment principal. Et Ian ne va pas tarder à découvrir que la fameuse école abrite en réalité uniquement des adolescents possédant des facultés extraordinaires…

Du mystère dans des questions dont les réponses ne révèlent qu’encore plus de mystères, voilà bien le leitmotiv de la série qui joue à 200% la carte du gros complot paranoïaque. Si les histoires sont amusantes et les scénarios plutôt bien rythmés, c’est bien le casting, choupinou et fort sympathique, qui accroche définitivement le spectateur. Par contre, ce dernier devra prendre sur lui pour oublier une réalisation assez déplorable (surtout dans les séquences de combats qui font penser à du Power Ranger ou n’importe quel sentai japonais), accablée par une production value strictement sans aucun moyen.

La série s’arrête malheureusement sans nous révéler tous ses secrets, mais surtout sur un gros cliffhanger bien stressant et c’est donc avec une certaine rage qu’on a appris son annulation par Cartoon Network. Dommage dommage, car tout ceci était franchement très rafraîchissant !

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Réalisation déplorable et production value sans moyen ne viennent pas entacher la fraîcheur et le dynamisme de Tower Prep, sympathique petite série à mystères destinée aux plus jeunes. Comme quoi, avec de bons scénarios et une histoire bien préparée, on peut quasiment convaincre tout le monde !

Le plus gros défaut de Stargate Universe, c’est sans doute de faire partie de la licence Stargate. Un vrai souci quand on sait que la direction prise par la série n’a pas convaincu les fans, ce qui a vraisemblablement mené à l’annulation de la série par Syfy. C’est aussi un problème pour tous les gens qui, comme moi, n’ont jamais accroché à la porte des étoiles et qui ne penserait jamais donner une chance à cette quatrième déclinaison en série. Reste une question : en tant que programme à part entière, que vaut ce SGU pour les fans de SF ?

De prime abord, pas grand chose – et ce pour la simple et bonne raison que Battlestar Galactica est passée par là et que le casting de SGU ressemble un peu trop à celui du mythique show avec Starbuck. Rush fait inévitablement penser à Baltar, le commandant Young rappelle un peu trop notre bon vieux Adama (mais sans la moustache…), et on retrouve même, au départ, la “bataille” entre les politiciens et les militaires. Sans oublier le concept lui-même : SGU voit un équipage de vaisseau condamné à errer dans l’espace en quête d’un moyen de retourner sur Terre. Ça vous rappelle forcément quelque chose…

Et pourtant, SGU mérite quand même toute votre attention. Pourquoi ? Parce que par ses histoires variées qui partent dans tous les directions, le show se fait le point de départ d’un nombre incalculables de réflexions autour de la SF, bien plus que ne le faisait un BSG qui avait tendance à s’enfermer dans ses délires religieux et son questionnement sur la nature humaine. Ne vous méprenez pas pour autant : Stargate Universe est loin d’égaler la série de Ronald D. Moore, tout simplement parce que si elle évoque une foule de thématiques, elle peine toujours à les traiter (ce que, au contraire, faisait parfaitement BSG). Du coup, impossible de ne pas ressentir une petite frustration face à des scénarios qu’on souhaiterait aller voir plus loin, alors qu’ils vont juste se contenter de nous titiller les neurones.

Le casting ne cesse de s’améliorer, tous les personnages prenant une certaine épaisseur, même le petit geek insupportable censé être le héros de la série au début (ce qui sent bon la geeksploitation bien calibrée)… Si on aimera tous la complexité d’un Rush (Robert Calyle, qui a rarement été aussi bon), on appréciera tout autant l’évolution du trio de scientifiques, ou le destin compliqué de la petite Chloé. La réalisation n’est pas en reste, souvent très imaginative et qui pallie grandement à une production design qui souffre de décors un peu trop récurrents (pas évident quand l’action est censée se dérouler sur différentes planètes.)

Sans tout vous spoiler, la série se termine sur deux sourires : celui sur l’écran et celui qu’il y aura sur votre visage.

Final Score : 4/5, série annulée à la fin de sa deuxième saison.
Stargate Universe souffre de faire partie de la licence Stargate et de passer après Battlestar Galactica. Elle n’en reste pas moins une série de grande qualité, qui évoque pléthores de sujets de SF mais peine parfois à les traiter. Un plus qu’agréable moment qui devrait ravir tous les fans de SF qui oserait se tenter à l’aventure.

Aujourd’hui, double ration ! Allez voir là-bas pour la suite du bilan de l’année avec la critique de Game of Thrones.

Ici, on fait un premier tour d’horizon des pilotes des nouvelles séries de l’été. Cinq premiers épisodes, des genres très différents pour un résultat dans l’ensemble franchement peu probant… Vous devez connaître le système de notes maintenant, sinon faites un tour dans n’importe quel post sur le bilan de l’année 2010/2011 !

Autant commencer par le pire du pire, en l’occurence la première série de fiction de VH1, une chaîne plutôt spécialisée dans la musique et les télé-réalités bas de gamme. Pourtant, avec un budget assez conséquent et une communication plutôt bien pensée, on aurait pu croire que ce Single Ladies allait nous réserver de bons moments. On ne pouvait pas plus se tromper… Bienvenue au paradis de la pouffiasse !

Il y a une réplique  qui symbolise parfaitement l’image de la femme telle qu’elle est représentée dans la série : “you want the prince, and I want the castle.” Mais commençons par le commencement : Single Ladies, c’est donc l’histoire de trois jeunes femmes indépendantes, leurs relations sentimentales et la manière dont elles prennent le contrôle de leurs vies. Sur le papier, le show peut être intéressant : si on en n’était pas tous fan, Sex and the City regorgeait d’indéniables qualités et avait un vrai discours sur son époque.

Dans Single Ladies, les hommes noirs ne pensent qu’à eux-mêmes, les blancs sont quasiment tous des gentils benêts, et les blondes prennent définitivement trop de place dans le monde. Courir après l’amour, c’est bien, mais totalement inutile si le prince charmant en question n’a pas les moyens de couvrir toutes vos envies et ambitions. Et n’oublions pas que tous les homos travaillent dans la mode et assurent toujours de bons conseils – à part ça, ils n’ont strictement aucune vie, donc on ne va pas se faire chier à leur mettre une personnalité.

Je rédige ce texte tout en regardant le deuxième épisode et le constat ne s’améliore vraiment pas. Alors certes, il y a une réalisation franchement honnête, des actrices qui se démènent comme elles peuvent avec leur stéréotype de personnages, et une production design qui gère parfaitement l’important budget de la série. Mais chaque séquence contient son lot de réplique qui va vous faire vomir, chaque nouveau personnage semble encore plus crétins et vide de sens que le précédent (mention spéciale au mari de la blonde qui découvre qu’elle couche avec le maire !), et je commence sérieusement à me demander pourquoi toutes ces femmes portent des tenues qui affichent sérieusement leurs sous-vêtements !

Final Score : 1/5

Single Ladies, c’est comme une barre chocolatée avec du vomi à l’intérieur : quand tu la vois tu as bien envie de la manger, mais dés que tu la gouttes c’est juste infâme. Bon courage à tous ceux dont la copine trouveras ça très drôle et super sexy. Heureusement pour moi, pas la moindre trace de robot à l’horizon…

Franklin & Bash ou un nouveau legal show pour l’été. Points forts : jouer sur la comédie, ne pas trop se prendre au sérieux, mais surtout nous proposer Mark-Paul Gosselaar dans l’un des deux personnages éponymes. Points faibles : un legal show sans vrai concept, une simple série de plus pour l’été ?

J’aime Mark-Paul Gosselaar. Je le trouvais génial dans Saved by the bell, et depuis on l’a toujours retrouvé dans des séries franchement sympathiques : D.C., NYPD Blue, Raising the bar… Ici, il joue un avocat assez funky et avec des combines géniales, qui travaille avec un autre avocat qui a décidé de tout prendre à la cool – genre son bureau est à la maison, il commence à travailler tard, et personne ne porte de costumes. Embauchés par un gros cabinet pour on ne sait pour l’instant quelle raison (ah ah, un peu de mystère feuilletonnant histoire de faire revenir le public), le duo va quelque peu se disputer tant les choses vont changer pour eux. Mais ils resteront les mêmes sur un point : ils vont gagner tous leurs procès.

Rien de bien original là dedans, même si le duo éponyme fonctionne plutôt bien et arrive à nous décrocher de nombreux sourire. Au niveau de la réal et de la production design, on est en plein dans une série TNT : c’est à dire que c’est loin d’être moche, mais aussi loin d’être exceptionnel ou même remarquable. Au final le pilote se déroule sans qu’on s’en aperçoive vraiment, sans nous teaser ni nous déplaire…

Final Score : 3/5
Pour un legal show, c’est un bon legal show… mais c’est tout. Assez amusant, Franklin & Bash manque profondément – pour l’instant – de personnalité pour se faire remarquer. Les fans du genre peuvent y jeter un oeil, les autres attendront que la série soit un peu plus avancée avant de se laisser tenter si elle s’avère meilleure que prévue !

Love Bites mise beaucoup sur son concept de trois histoires sentimentales par épisode, les différents personnages principaux étant tous plus ou moins liés les uns les autres. Pour s’assurer encore plus de succès, le show propose un grand nombre de stars en guest qui viennent jouer (si j’ai bien compris) leur propre rôle – ainsi Jennifer Love Hewitt dans le pilote. Après une conception plutôt chaotique et une diffusion qui l’est encore plus, la série n’apparaît plus sur les plannings de NBC sans être formellement annulée. Alors, série géniale mais maudite, à la Profit, ou juste énorme déception ?

Il est vrai que lors du visionnage du pilote, on ne peut qu’être à la fois décontenancé et charmé par le principe des trois histoires différentes. Trois univers, trois tons, trois acteurs principaux plutôt géniaux : la série fait dans la diversité pour ne pas s’enfermer dans un schéma classique d’intrigues sentimentales.

Malheureusement, ces trois fameuses histoires sont loin d’être convaincantes. Le format court provoque des résolutions très attendues, et un manque profond de réflexion sur les différentes sujets évoqués. On se retrouve plus face à des sketchs plus ou moins (et d’ailleurs plutôt moins) intéressants, qui en réalité provoque un certain ennui. Love Bites misait haut, sans doute trop haut et s’avère au final une sacrée fausse bonne idée.

Final Score : 2/5
Love Bites n’est pas sans intérêt, mais c’est un ratage des plus complets. La pauvreté scénaristique des trois histoires présentées dans le pilote ne laissent pas vraiment espérer une quelconque amélioration pour la suite. La disparition du show dans les plannings de NBC est encore moins rassurante…

ABC Family s’offre à nouveau les services de Paul Stupin, producteur de l’assez intéressant Make it or Break it diffusée sur la même chaîne, pour nous proposer Switched at Birth, l’histoire de deux adolescentes échangées à leurs naissances (mais bon, vous l’avez sans doute deviné grâce au titre) et qui ont grandi dans des environnements très différents (des gros riches et la classe moyenne). Attention, double concept : l’une des deux filles… est sourde.

“If you hate her, maybe you hate me too”, c’est ce que dit la petite fille riche à sa (pas génétique) maman en parlant de la petite sourde. J”avoue ne pas vraiment comprendre comment elle en vient à cette conclusion, mais de toutes façons je dois bien avouer que je ne comprends pas vraiment le comportement des différents adolescents présentés dans la série. Et c’est bien là le principal problème de la série (en plus d’avoir un concept qui occupe les cinq premières minutes de la série mais ne peut en réalité pas vraiment porter toute une saison) : les auteurs ont tellement voulu éviter les clichés qu’ils ont compliqué à outrance leurs personnages qui en deviennent sérieusement incompréhensibles. Ils sont tous mystérieux, courent tous après totalement autre chose que ce qu’on pourrait croire, et ils ont tous des vrais-faux sentiments les uns pour les autres.

Du côté des parents, c’est exactement le régime inverse. La maman riche est ultra conservatrice et chiante, la maman pauvre est ultra progressiste et laisse trop sa fille faire ce qu’elle veut (même quand elle fait des choses illégales comme… être assise à l’arrière de la moto de son mec.)

On est chez ABC Family, donc on ne s’attendait pas à grand chose du côté de la réalisation et de la production design… et on a bien eut raison. Passable sur tous les points, ce n’est pas la forme de la série qui va la sauver d’un fond assez peu intéressant et carrément à la ramasse.

Final Score : 2/5
Un pilote vraiment peu intéressant, un deuxième épisode relativement ennuyeux et surtout ces personnages auxquels on ne comprend rien : Switched at Birth aura bien du mal à convaincre qui que ce soit. Du coup, n’hésitez pas à switcher de série.

La voilà enfin, la fameuse série MTV qui s’était attirée les foudres de toute la critique lors de sa présentation il y a à peu près un an. Pourtant les teasers de Teen Wolf nous laissaient suggérer une série assez sympathique et plutôt réussie visuellement. Le pilote de deux heures, ou plutôt les deux premiers épisodes diffusés l’un après l’autre, nous a-t-il convaincu ? L’heure de vérité, c’est maintenant !

Impossible de ne pas penser à The Vampire Diaries en regardant Teen Wolf : même volonté de mêler série pour ado avec évènements fantastiques, même ton mêlant romance, aventure et comédie, même type de personnages ténébreux. A part ça, Teen Wolf propose sa propre identité en s’attardant beaucoup plus sur les problèmes sentimentaux du héros (il est amoureux d’Alison - qui n’est pas du tout insensible à son charme – mais qui est la fille d’un chasseur de loup-garou) qu’elle joue pleinement et ne bazarde pas d’un coup de “on est ensemble et on dépassera tout.” L’ambiance est aussi beaucoup plus crépusculaire, et c’est peu dire qu’il fait un temps de merde dans la contrée où est censée se dérouler le show !

On pourrait s’en douter, le gros souci de la série, ce sont ses effets spéciaux, particulièrement le rendu des loups qui ont plus tendance à faire rire qu’à apeurer. Ce détail mis à part, difficile de reprocher quoi que ce soit à la série de MTV : le scénario est carré, les dialogues sont réussis, les acteurs sont franchement tous bons, et la réalisation et la production value remplissent parfaitement leur office. Fun, mystérieuse, diablement enthousiasmante, Teen Wolf pourrait bien être la série de l’été… si vous n’êtes pas allergiques aux histoires d’adolescents face au surnaturel !

Final Score : 4/5 pour ceux qui apprécient le genre, 2/5 pour les autres.
Teen Wolf est résolument réussie… dans son genre. Du coup, si l’idée de voir des ados et des vampires ou des loups-garous vous fait vomir, ce n’est pas la série qui va vous faire changer d’avis ! Pour tous les autres, voici un parfait palliatif à The Vampire Diaries, au moins aussi réussi et tout aussi intrigant.

Troisième fournée de reviews des séries diffusées cette année. Deux séries pour ados (encore), un cop show musclé, une sitcom survoltée et l’une des meilleures séries de l’année…

Pour la première partie, c’est ici ! Pour la deuxième, c’est par !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Huitième saison pour le show (à l’origine) pour ado le plus increvable du monde. Même sans le duo majeur des premières années, One Tree Hill continue son bonhomme de chemin et raconte toujours la vie d’un groupe de personnes dans une petite ville de Caroline du Nord. Après avoir exploré à peu près toutes les possibilités de combinaison romantique possible, après avoir évoqué quasiment tous les thèmes des séries pour ado, la série a-t-elle vraiment encore quelque chose à dire ?

Il y a des shows comme ça, avec qui on partage quelque chose de spécial, d’absolument indescriptible. Pour ma part, j’ai regardé One Tree Hill depuis la diffusion du tout premier épisode et je n’en ai depuis manqué absolument aucun. Non pas que la série soit géniale ou qu’elle me corresponde parfaitement, non, c’est juste que les habitants de cette ville de Caroline du Nord sont peu à peu devenus comme une famille, ou plutôt un groupe de potes que je prends plaisir à revoir de temps en temps. J’aime apprendre les dernières nouvelles, qui a fait un bébé, qui ne peut pas en avoir, qui lutte contre l’alcoolisme, qui fait son film et comment il s’en sort, qui va une nouvelle fois monter sur scène pour jouer de la guitare, etc.

Alors oui, on pourrait critiquer la réalisation molle du genou, les innombrables voix off récitant des passages interminables de bouquins, les acteurs pas toujours au top, mais que voulez-vous, One Tree Hill est quasiment devenue une institution, une série impossible à bouger, à vraiment déranger. Les fans de la première heure s’y retrouvent toujours, les auteurs (et en particulier le show runner Mark Schwahn) ayant eut la bonne idée de vraiment faire grandir les personnages en même temps que l’audience. Les autres ne peuvent pas comprendre – et ne comprendront jamais d’ailleurs – comment on peut passer plus de cinq minutes face à ce qui leur apparaît d’une totale absurdité dépourvue d’intérêt.

Final Score : 0/5 pour les pervers, 4/5 pour les fans de la première heure, 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une neuvième (et malheureusement ultime) saison.

Snif, snif : One Tree Hill s’arrête l’année prochaine, cette fois c’est sûr, certain, promis, juré, craché. Le show qui aurait déjà du mourir deux fois tirera enfin sa révérence. Les fans vont verser une petite larme, les autres ne sont déjà plus en train de lire cette critique.

Quand Tom Welling, le mythique Clark Kent de Smallville, assure ses arrières pour ses vieux jours, il se met à produire des séries pour la CW. Et comme il est malin, il fait appel à Kevin Murphy, un scénariste connu pour son implication dans Desperate Housewives. Il ne manquait qu’un concept unique et novateur. Et là, Tom ne se refuse rien : on va mélanger Glee, The Good Wife, et One Tree Hill. Pour sûr, on n’avait jamais vu ça avant !

Hellcats c’est donc l’histoire tout à fait crédible de Marti, une jeune étudiante en droit, qui découvre un beau jour que sa mère a oublié de payer pour ses études. Du coup, elle risque de se faire virer. Et comme maman est simple serveuse dans un bar, et que de toutes façons elle n’assume rien et laisse Marti gérer tout, la pauvre n’a pas l’ombre d’une idée de la manière dont elle va bien pouvoir payer la fac. Coup de bol, elle s’engueule avec une jeune texane, Savannah (quand on vous dit que les auteurs n’ont reculé devant rien, ça concerne même les noms des personnages !) qui vient chercher sa bourse de cheerleader. Quoi, des bourses pour des putains de pompom-girls, s’énerve Marti ! Mais Savannah se défend furieusement : les cheerleader, c’est des méga athlètes je te ferai dire (refrain qui reviendra jusque dans le season finale, histoire qu’on comprenne bien que c’est pas facile facile d’être cheerleader). Et comme Marti a tout de même un super bon fond, elle s’excuse de s’être énervée et décide de rejoindre les Hellcats, le groupe de cheerleaders, pour pouvoir payer ses études.

Déjà là, vous doutez que je vous raconte vraiment la série, mais je vous jure que tout est vrai. Et ce n’est pas finir. Car croyez le ou non, Marti va s’avérer une très bonne cheerleader, mais aussi une super compétente étudiante de droit (bien qu’on se demande quand elle trouve le temps de bosser ou de réviser) qui va même participer à un vraie affaire – transformant le show en legal show. Et là coup de boule / renversement dans tes dents, on pimente l’intrigue, on la complique un peu, on montre qu’il y a des gens qui cachent des mystère et badaboum, Hellcats devient aussi un cop show.

Mais il faut aller plus loin ! Car oui, Marti va aussi se révéler une talentueuse chanteuse ! Du coup, on va pouvoir caler aussi des moments de chansons à la Glee. Et tiens, bam, on va faire en sorte qu’elle découvre que son père n’est peut-être pas mort, qu’il y a des secrets de famille, et on va pouvoir tirer un peu sur la corde One Tree Hill. Yep, c’est bon tout ça ! Mélanger, agiter, et vous obtenez Hellcats, la série la moins crédible du monde mais qui, au moins, ne se refuse rien.

Final Score : 2/5 , série annulée après sa première saison.

Grand moment de n’importe quoi, Hellcats est un fourre-tout admirable mais totalement indigeste. Une seule petite saison et la série met la clé sous la porte, pour faire de la place aux nouvelles séries des créateurs de Gossip Girl et de The Vampire Diaries. Désolé Tom Welling, il va vraiment falloir que tu trouve quelque chose à faire maintenant que Smallville est finie…

Vu les audiences pharaoniques, aux Etats Unis comme dans les pays étrangers, de NCIS, la série policière dans l’univers de l’armée, il était tout naturel que CBS cherche à décliner ce succès. Mais pour une fois la commande n’a pas été de faire un simple copier/coller dans une autre ville. Du coup, NCIS : Los Angeles, avec son équipe totalement différente et son traitement beaucoup plus “agent secret” (une bonne part des enquêtes reposent sur de l’infiltration) avait surpris en positif. Alors, le retour de Callen et Sam pour une deuxième année est-il lui aussi convaincant ?

Ne perdons pas de vue qu’on parle ici de NCIS - soit une série policière musclée, qui ne cherche pas à faire réfléchir mais simplement à divertir. Cette année encore, on retrouve la parfaite combinaison d’enquête et de comédie qui fait le sel de la série. Entre deux gunfights pas trop mal filmées, on a droit une blague (souvent un peu potache) qui nous fait sourire. Les enquêtes sont toujours aussi tordues – et souvent à la limite de la crédibilité, les gadgets sont toujours de la partie, et les explosions fracassantes viennent généralement conclure les épisodes. Bref, la recette est la même mais elle fonctionne toujours aussi bien.

Cependant, les auteurs ont voulu aller plus loin pour cette deuxième année. Et vu que CBS leur a lâché la bride, ils se sont bien amusés à mettre un peu de feuilletonnant. Du coup, la série joue encore sur le passé mystérieux de G. Callen qui ignore toujours ce que la fameuse lettre G de son nom peut bien vouloir dire ! Alors bien sûr, on y va vraiment petit à petit, cinq minutes ici, deux minutes par là, un petit flash back étrange au détour d’une intro et hop, l’affaire est dans le sac. Et on s’octroie deux épisodes de fin pour faire semblant qu’on va enfin tout révéler alors que – spoiler inside – en fait pas du tout, on va juste narguer le spectateur jusqu’à la dernière minute.

Final Score : 3/5 , série renouvelée pour une troisième saison.

Ok, un 3 peut vous paraître beaucoup mais n’oublions pas à quoi nous avons affaire : NCIS LA est une simple série de divertissement qui ne cherche pas à aller plus loin. Et dans son genre, difficile de lui reprocher quoi que ce soit. La réalisation est musclée comme il faut, les scénarios offrent un bon ratio enquête / humour et on a même un peu de feuilletonnant histoire de nous tenir en haleine. Avec une pizza et un coca, y a pas mieux pour se laver le cerveau.

Dotée d’un potentiel énorme, placée juste derrière American Idol pour faire des audiences de folie, Breaking In fut bien la plus grande déception de la Fox cette année. Malgré Christian Slater au casting (absolument impeccable) et Adam Sandler en partie derrière la production, il y avait vraiment de quoi y croire. Alors pourquoi diable le public américain n’est pas resté ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre…

Breaking In se concentre sur une équipe de génies, chacun dans sa spécialité, qui bosse dans une entreprise qui teste les systèmes de sécurité. Du coup, c’est l’occasion idéale d’avoir des scènes d’action dans une sitcom et donc de changer un peu la donne. Les auteurs vont même un peu plus loin en faisant de Oz (Christian Slater) un boss proprement hallucinant, qui sait lire sur les lèvres, faire de l’hypnose, est immunisé contre tous les poisons, etc. Les autres personnages sont poussés dans leur retranchement, avec une mention spéciale à Dutch, personnage de simplet baraqué super sympathique, interprété par le grand Michael Rosenbaum, méconnaissable depuis qu’il a des cheveux (pour info, c’était LE Alex Luthor de Smallville.) Se permettant donc allègrement d’aller dans le délire le plus total en se contrefoutant totalement du réalisme, la série fait penser à une sorte de Parker Lewis nouvelle génération, moins ado mais tout aussi délirant.

Le gros problème, il me semble, c’est que la série est sortie en pleine geeksploitation et joue à fond cette carte… un peu trop même, puisque les trois quart des blagues seront incompréhensibles pour les non-initiés. De plus, le rythme sur-trépidant (puisque les auteurs essaient tout à la fois de mélanger de vrais scénarios d’aventure/action avec des intrigues classiques de sitcom) met en avant une accumulation de blagues mais ne permet jamais de les jouer pleinement, de les utiliser à leur maximum. Résultat des courses : c’est speed, fun, on ne s’ennuie jamais, mais on reste toujours un peu sur notre faim. Et encore, quand on est un peu geek et qu’on comprend les blagues – les soccer moms doivent juste se demander ce qu’il est en train de se passer sur leur écran.

Final Score : 4/5 pour les geeks, 2/5 pour les autres, série annulée après sept épisodes.

Breaking in aurait pu faire un carton si elle avait été diffusée après The Big Bang Theory ou à la limite sur Syfy. Mais sur la Fox, après American Idol, difficile pour se programme très geek de trouver son public parmi les soccer mom totalement dépourvues face à son rythme infernale. Dommage car les acteurs sont tous parfaits et que c’était l’occasion de retrouver un univers aussi déjanté que celui de Parker Lewis.

The Good Wife, la meilleure série de l’année dernière, vraie surprise enchanteresse, revient et se doit de faire aussi bien sinon mieux. Une sacrée gageure…

Pourtant, il faut bien avouer qu’on attendait pas grand chose d’un nouveau show produit par les frères Scott (Tony et Ridley), responsables du catastrophique Numbers, série qui a dégoûté les plus scientifiques d’entre nous des mathématiques et des cop shows en quelques épisodes. Du coup, leur retour sur le marché avec une série ayant en premier rôle Julianna Margulies, sympathique dans Urgence mais pas glamour pour deux sous, avait de quoi sérieusement faire peur. D’autant qu’on savait qu’il s’agissait d’un legal show et qu’il en pullulait déjà pas mal sur nos écrans…

Mais contre toute attente, The Good Wife n’était pas qu’un legal show et Julianna Margulies pas qu’une ancienne de E.R. bonne pour les seconds rôles. La série s’intéresse à Alicia Florrick, dont le mari, Peter Florrick, un ancien procureur général, est pris dans un scandale médiatique mêlant sexe avec des prostituées et corruption en général. Pour survenir aux besoins de sa famille, et surtout de ses deux enfants, Alicia décide de reprendre son ancien métier d’avocate dans une grande firme.

La force des scénarios de la série est de reposer à la fois sur des affaires juridiques franchement fascinantes et souvent complexes – bien qu’on puisse un peu s’en lasser tant la firme d’Alicia semble ne jamais perdre ses procès ! – et sur un habile feuilletonnant autour de la reconstitution de la famille et du procès de Peter (en saison 1) puis d’une campagne électorale (en saison 2). Les deux axes de la série sont si habilement entremêlés qu’on n’imagine pas l’un sans l’autre et que rien, jamais, ne paraît artificiel.

Cette année, les grandes qualités scénaristiques découvertes en saison 1 sont donc de retour, tout comme la réalisation sobre mais diablement efficace, une production design toujours réussie et surtout un cast qui frôle la perfection absolue. Margulies est tout à la fois sublime et extrêmement touchante, Archie Panjabi (Kalinda) sait parfaitement jouer de tout le mystère qui entoure son personnage (et le ramène magnifiquement à sa condition humaine dans les derniers épisodes), Matt Czuchry exprime toute la dualité de Cary depuis qu’il s’est fait virer du cabinet d’avocats. Et on pourrait vous faire comme ça l’ensemble du cast, mais ce post n’en finirait pas :)

Un seul reproche pourra cependant être fait à cette saison : un épisode totalement absurde et loupé du début jusqu’à la fin censé mettre en scène Hugo Chavez. Une catastrophe absolue dont on ne connaîtra jamais la cause et qu’on s’empressera d’oublier…

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une troisième saison.

Les rares critiques émettant un mini avis négatif sur la série en première saison avaient peur que le show ne puisse maintenir l’intensité de son feuilletonnant sur le long terme. Avec cette deuxième saison, Robert et Michelle King, showrunners de la série et coupable de l’assez oubliable In Justice en 2006, prouvent qu’il n’y a absolument plus de souci à se faire. The Good Wife est un très grand show qui aurait déjà marqué tous les esprits s’il était diffusé sur HBO. La preuve par l’exemple (merci CBS) que les grands networks censés être plus familiaux peuvent faire aussi bien (voir mieux) que n’importe quelle chaîne un peu hype du câble (et j’espère que cette phrase va me valoir quelques commentaires bien haineux).

Jeudi12, vendredi 13 et dimanche 15 mai, une première fournée de séries nous offrait leur season finale (ou tout simplement leur dernier épisode pour celles qui n’ont pas été renouvelées.) L’occasion de faire le point sur les shows que nous avons regardé pour mieux vous conseiller…

Une petite explication s’impose au niveau des notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

C’était l’un des show les plus controversés dés sa sortie, provocant des réactions épidermiques de la part des internautes dont certains appelaient au boycott avant même la diffusion du pilote – sous le prétexte, plutôt fallacieux, que la sitcom donne une mauvais image des indiens. Le season finale ayant été diffusé le jeudi 12 mai, on peut enfin donner un avis concret sur ce programme plutôt atypique, auquel NBC ne concédera finalement pas de seconde saison…

Outsourced, c’est donc l’histoire de Todd Dempsy, un jeune américain venu du Kansas, qui se retrouve muté en inde pour s’occuper d’un call center à Mumbai. La sitcom va principalement jouer la carte des différences de culture, ne s’épargnant aucun cliché aussi bien sur les indiens (dont la bouffe peut tuer n’importe quel blanc-bec) que les américains (représentés ici par un imposant gaillard qui se contrefout de la culture indienne et dont la principale passion est la chasse.) Ce n’est clairement pas le point fort de la série – on se lasse très vite de ces préjugés gonflés à bloc pour tenter de nous faire rire. La réussite du show se situe plutôt dans le casting qui propose, de loin, le plus grand nombre de tarés jamais vu – de Gupta, gros attention-whore qui ne cesse jamais de parler, à Rajiv, le patron indien à la moustache limite hitlérienne, en passant par l’ultra-timide Madhuri que pratiquement personne ne remarque. Un casting extrêmement sympathique, auquel on adhère immédiatement et dont on a vraiment envie de suivre les mésaventures.

Mais là où Outsourced se plante complètement, c’est en voulant intégrer un feuilletonnant romantique dont on se contrefiche royalement – et qui n’est en fait qu’une scorie, un reste, du film du même nom sur lequel est basée la série. Du coup, il faut bien l’avouer, quelques épisodes sont franchement à la ramasse, mélange d’ennui implacable mêlé à quelques blagues qui n’arrivent pas à faire mouche.

FINAL SCORE : 3/5 ; série annulée à la fin de sa première saison.

Outsourced ou la sitcom au casting implacable, mais plombée par un feuilletonnant sentimental à la limite de faire gerber les plus romantiques d’entre nous. La série n’a pas réussi à choisir entre le délire complet et le réalisme et du coup se limite dans tous les sens. Dommage.

LA bonne surprise de l’année dernière, the Vampire Diaries se devait d’offrir une deuxième saison digne de ce nom si elle ne voulait pas rapidement devenir la petite soeur pour ado pré-pubère de True Blood. Pour le coup, j’ai toujours trouvé que la série de la CW avait au moins un gros avantage sur sa concurrente de HBO, c’est qu’on aime ses héros, tous ses héros, et quasiment tous les personnages (oui, oui, même Damon, le soit-disant “gentil” frère.)  A contrario, si vous me trouvez une personne qui supporte Sookie et/ou Bill, faites moi signe : pour ma part, ils m’ont tellement gâché la première saison que je ne suis pas encore allé plus loin.

L’autre point fort de la série de Julie Plec et Kevin Williamson (qui, rappelons le, fut aussi le créateur de Dawson’s Creek et le scénariste de tous les Scream, à l’exception du troisième qu’il se contentera de produire…) c’est de ne jamais se reposer sur son concept de base. Ainsi, ne vous attendez pas à retrouver les personnages toujours dans la même situation psychologique ou dans le même rôle scénaristique (les méchants ne le restent jamais très longtemps, les gentils encore moins, mais c’est pour mieux nous surprendre avec une autre révélation !) Le nombre de décès par saison se compte aisément sur les doigts des deux mains (et limite aussi ceux de vos pieds) et les scénaristes n’hésitent pas à utiliser ce qui pourrait être un bon cliffhanger de fin de saison en plein milieu de cette même saison.

Pour sa deuxième année, il faut bien avouer qu’après un démarrage haut en couleur les auteurs se sont un peu essoufflés par la suite. Mais il me semble que ce n’était que pour reprendre des forces et nous offrir une tripotée de scénarios irréprochables menant à la fatidique conclusion… qui a lieu dans l’avant-dernier épisode ! Et pour le coup, le season finale se veut beaucoup moins convaincant. Du moins dans ses vingt premières minutes, avant de nous asséner les séquences finales qui promettent de faire repartir la série sur des bases neuves et encore plus surprenantes qu’avant.

Après ce déballage de points positifs, il faut tout de même avouer que the Vampire Diaries n’est pas percutante partout : acteurs parfois en berne (trop jeunes pour jouer certains sentiments ?), réalisation pas vraiment foudroyante d’inventivité, quelques longueurs musicales avec des personnages qui regardent dans le vide (une vraie spécialité de la CW – qui vend à tour de bras des OST de ses différents shows), viennent quelque peu plomber l’ensemble. Mais se priver de cette série qui cherche toujours à surprendre (et y parvient la plupart du temps) serait comme se priver d’une bonne glace au chocolat en plein cagnard alors qu’on n’a pas mangé depuis plusieurs jours : une abérration.

FINAL SCORE : 4/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

The Vampire Diaries ne se distingue pas par son casting, par sa réalisation ou par ses choix musicaux discutables, mais bel et bien par son équipe de scénaristes qui tente toujours l’impossible pour surprendre le spectateur et l’emmener définitivement là où il ne s’attendait pas. Pas un indispensable, mais sans conteste l’une des séries les plus fun du moment.

Attendue comme la plus grosse plantade de l’année avant sa diffusion, Nikita, remake de la série du même nom, elle-même inspirée par le film de Luc Besson, aura su convaincre le public de la CW et s’offre un retour en deuxième saison grâce à des audiences plus que confortables. Alors, faut-il vraiment s’intéresser un peu plus à cette série d’espionnage qui nous promet que “Looks do kill” ?

Il faut bien l’avouer, il y a un peu mensonge sur la marchandise avec cette tagline. Car on se serait très franchement passé des poses pseudos langoureuses de Maggie Q qui aura bien du mal à nous faire croire qu’elle a l’âge de son personnage (et pas une bonne dizaine d’années de plus.) Épaisse comme une feuille de papier Canson, la pauvre actrice a bien du mal à effectuer ses scènes de baston au cours desquelles on ne cesse de se demander combien de fois son partenaire lui a péter les genoux, les phalanges et l’ensemble des os de son corps (qui ne semble pas bien solide…) Et quand on lui met dans les mains n’importe quel flingue, autant vous dire que ce n’est pas mieux : la pauvre a bien du mal à porter une arme alors imaginez, faire semblant de viser avec…

Vous l’aurez compris, le principal problème de Nikita, c’est bien l’actrice qui incarne le personnage éponyme et qui à elle seule justifie amplement le fait de ne pas regarder la série. Ce qui est vraiment dommage tant le reste du casting se débat pour arriver à convaincre – et ce n’est pas simple quand on demande à la plupart de jouer des personnages qui ressentent des émotions fortes mais ne les laisse pas voir. J’aimerai vous y voir…

Nikita, c’est donc l’histoire d’une ancienne agent d’une division secrète du gouvernement américain, forte heureusement appelée Division, qui oeuvre en réalité pour son propre compte. Nikita est bien décidée à les faire couler et elle dispose pour cela d’une arme maîtresse en la personne d’Alex, nouvelle recrue de Division, agent double pour son compte. Voilà pour le pitch de départ, qui ne tient que pour les cinq/six premiers épisodes avant que les scénaristes ne se décident à compliquer le tout avec de nouvelles informations. Et plus la série va évoluer, plus les coups d’éclats, les révélations et les retournements de situations vont se cumuler pour atteindre un délire paroxysmique dans le season finale qui ne s’épargne absolument rien… pour notre plus grand plaisir pervers !

Final Score : 0/5 pour ceux qui partent dans le délire ; 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une deuxième saison.

Réalisation catastrophique dans les scènes de baston, pas folichonne dans les gunfight, et plutôt pauvre le reste du temps + über fail du casting du personnage principal + scénario aberrant mais absolument jouissif dans son délire = une série qui vous demandera beaucoup de second degrés mais qui vous le rendra bien.

Attendue au tournant par toute la communauté (arf arf) de fans pour sa saison deux, Community a faillit perdre toute crédibilité à cause de premiers épisodes cherchant à réinstaurer un feuilletonnant plus que dispensable et un schéma d’utilisation des personnages de plus en plus visibles et donc moins surprenants…

Heureusement, les auteurs n’auront pas mis trop longtemps à se réveiller et à se rappeler que, déjà l’année dernière, c’est quand ils ont commencé à partir dans des délires surréalistes que la série a commencé à se faire un nom. Du coup, exit les scénarios montrant à quel point Jeff aime aider les autres malgré ce qu’il raconte, et retour dans le bon vieux non-sens, l’auto-dérision à outrance, et l’humour de référence au kilo.

La force de Community, c’est toujours à la fois son casting (il n’y a pas un personnage, même secondaire, que j’arrive à ne pas aimer !) et le fait de proposer, plusieurs fois dans la saison, des épisodes tellement inoubliables qu’on ne se souvient plus que d’eux. Qui a dit le trampoline, l’attaque de zombie ou encore le final en deux parties qui se paie le luxe d’être largement à la hauteur du premier épisode “paintball” ?

Final Score : 4/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

Seulement 4 parce que faut pas déconner, cette année y a quand même eu une tripotée d’épisodes inutiles et pas drôles. Mais bon, ça reste un immanquable et une vraie perle d’humour.

Avec Robin Green et Mitchell Burgess aux manettes, deux des cerveaux derrière les Sopranos, on ne pouvait qu’attendre beaucoup de Blue Bloods, cop show peu ordinaire qui s’intéresse à une famille de flic à New York au même titre que les Sopranos s’intéressait à une famille de mafieux. Autant dire que la déception fut grande.

Blue Bloods suit donc les aventures de la famille Reagan, dans laquelle on est flic de père en fils. On a donc l’arrière grand-père à la retraite, le grand-père Magnum (interprété par Tom Selleck) qui est commissaire, un aîné récemment décédé (oui, donc lui on ne suit pas beaucoup ses aventures, j’en conviens), un deuxième qui est une sorte de super flic (Donnie Wahlberg), une fille devenue assistante du procureur et enfin le petit dernier qui a fait des études de droit à Harvard mais qui s’est subitement décidé à suivre la tradition familiale – c’est donc un rookie, un bleu parmi les flics. Ajouter à cela une tripotée de petits enfants, enrober le tout de dîner familial du dimanche, de grandes discussions sur le sens de la justice, saupoudrer d’un zest de religion protestante et d’une bonne dose d’esprit républicain et vous obtenez cette charmante famille, confrontée au fil des épisodes à des enquêtes policières sacrément coriaces…

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un sacré effort a été fait de la part de CBS concernant le casting, nettement irréprochable, et la réalisation de haute volée qui magnifie New York à coup d’ambiances crépusculaires qui font rêver. Malheureusement, côté scénario, c’est un peu la débandade. Le problème est tout simple : dés le pilote, les auteurs mettent en place une intrigue feuilletonnante concernant les Blue Templars, sorte de police des polices devenue un repaire à ripoux, qui pourrait être responsable de la mort du fils aîné. Une intrigue qui se devait de faire trembler toute la famille Reagan sur ses fondations, nous montrer l’envers du décors de ce petit groupe qui vit en autarcie. Grosse déception : l’enquête n’avance pas de toute la saison et les Reagan restent éternellement des anges protecteurs de New York à qui on ne peut décidément rien reprocher. Quant aux Blue Templars, ils sont balayés d’un revers de la main dans le season finale, proprement ridicule et qui achève dans le sang la crédibilité de la série.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Pour un cop show, c’est un très bon (et surtout très beau) cop show. Par rapport à ce que l’on était en droit d’attendre de la part de deux des cerveaux des Sopranos, c’est une honte. La plus grande déception de cette année ne mérite pas – pour l’instant – que vous vous attardiez dessus.

Deuxième saison pour The Cleveland Show, dessin animé amorçant les dimanches soirs de la Fox. Seth MacFarlane est aux commandes et on pouvait craindre qu’il ne copie à l’envie ses propres bonnes idées de American Dad ou Family Guy (dont Cleveland Show est un spin-off.) Craintes totalement avérées… mais est-ce vraiment un problème ?

Certes, on ne peut pas dire que The Cleveland Show fasse dans la grande originalité. Son casting rappelle celui de Family Guy, déjà copié/collé dans American Dad et la comédie repose toujours principalement sur de l’humour de référence et des blagues plutôt grasses. La seule nouveauté du show, c’est de jouer à plein pot la carte de la sitcom – jusqu’à faire apparaître les personnages dans une sorte de faux documentaire sur le tournage de la série.

Cette deuxième saison n’a pas fait de grande prouesse, à l’exception notable du season finale se déroulant en plein Comic Con de San Diego et qui se paie le luxe d’avoir en guest Emily Deschannel, Eliza Dushku, Mark Hamill, Robert Rodriguez et même Kathee Sackhoff. Une explosion de joie pour tous les geeks qui se respectent. A part ça, rien de particulièrement extraordinaire, mais rien à jeter non plus. Du coup, les fans de Seth MacFarlane s’y retrouveront, les autres pourront passer leur chemin.

Final Score : 3/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

Que dire de The Cleveland Show ? Si vous aimez déjà Family Guy et/ou American Dad vous y retrouverez tous les ingrédients qui vous font rire. Sinon, l’humour vous passera totalement à côté. Pour moi, c’est juste un sympathique petit show amusant du dimanche soir.

Après les regrettables “nouveautés” de la rentrée sur les gros networks (c’est ici que j’ai longtemps pleuré) les bonnes nouvelles arrivent enfin concernant des séries qui ont déjà fait un petit bout de chemin. Donc, ouf ! , je suis enfin rassuré concernant l’avenir de Vampire Diaries et de Nikita (oui, je sais, je suis le seul français à m’inquiéter de l’avenir de Nikita mais que voulez-vous, on ne se refait pas) : les audiences pour les reprises de ces deux séries sont très réjouissantes avec des “best performances” sur les adultes de 18 à 34 ans – soit le coeur de cible de la CW. Moins réjouissant (quoi que, on pourrait bien se marrer) l’annonce d’une énième version moderne d’un ancien show : Charlie’s Angels (Drôles de dames) pourrait bien débarquer sur ABC à la rentrée prochaine. Et mon sang ne fait qu’un tour, et j’ai envie de tuer du romain quand j’apprend que Spartacus : Gods of the Arena fait un très bon démarrage avec 2.8 millions de spectateurs ! Kill them all, comme dirait l’autre ! Enfin, la nouvelle la plus rassurante de la semaine c’est que Fringe a bel et bien fait son trou dans la soirée maudite du vendredi soir en devenant le show le plus regardé ce jour là pour deux vendredi consécutifs. On respire, cela pourrait vouloir dire que la Fox ne va pas tuer la série à la fin de l’année. Et d’ailleurs, Fringe, c’est le conseil du jour.

Show créé, en partie, par le célèbre J.J. Abrams, plus connu pour ses dérives scénaristiques de Lost que pour sa science du cliffhanger foireux sur Alias, Fringe est sans doute sa meilleure série jusqu’ici. Au premier abord, il s’agit d’une sorte de revamping de X-Files, moins les extra-terrestres. Une héroïne qui, dixit les amis de Binnie, a moins de poitrine que Scully ; un héros moins salace et moins tripé que Mulder ; et le trio des Lone Gunmen raccourci à un personnage de savant fou : il n’en faut pas moins pour crier au scandale tous les fans de la série de Chris Carter qui a fait les beaux jours de M6. Cependant, ce serait vraiment une insulte faite à l’intelligence de tous les scénaristes qui se sont débattus sur Fringe que de réduire ce sympathique show à cet état de fait.

En effet, Fringe, c’est aussi une vache et c’est ça qui fait toute la différence. Comprendre par là qu’il y a une certaine dose d’humour, de second degré et d’auto-dérision dans la création de J.J. dont X-Files était tout de même relativement dépourvue (du moins pendant les premières saisons.) Quel plaisir de voir le scientifique du groupe se réjouir de devoir synthétiser du LSD pour mener à bien une expérience encore plus farfelue que les vaisseaux en forme pyramidale de Stargate ! Quelle joie de voir Peter Bishop, dés le pilote, prévenir un suspect qu’il va compter jusqu’à un avant de lui détruire les doigts de la main ! Et comment ne pas rire à l’humour décalé et cynique d’Olivia Dunham… heu, non, là je m’embourbe complètement.

Fringe marque aussi par son esthétisme léché, comme la manière dont sont affichés les noms des endroits où l’action se déroule (ils sont “incrustés” en 3D dans le paysage), ou encore les différents petits inserts mystérieux – comme ceux que vous pouvez voir sur l’affiche ci-dessus – qui viennent nous surprendre avant la pub. Il y aurait même un code Fringe dont je vous dévoile tous les secrets avec l’image ci-dessous.

Vous l’aurez compris (ou non), Fringe soigne ses spectateurs et s’adonne à beaucoup de fan service. Est-ce pour autant une mauvaise série ? Loin de là. Car si à trop vouloir en faire elle se perd parfois dans des conjectures assez étranges, Fringe a au moins le mérite de constamment surprendre, de prendre le spectateur à son propre piège en choisissant d’éluder certains mystères du départ (qui se souvient du fameux Pattern ?) pour nous emmener toujours plus loin dans le délire fantastique et le secret caché dans un mystère caché dans une question cachée dans une machine à écrire. Bref, amis intellectuels qui ne supportent que les séries hautement prise de melon de HBO, passez votre chemin : Fringe ne révolutionne pas la télé, ne changera pas votre manière de pensée et ne vous fera pas vous creusez les méninges outre mesure. A moins que vous décidiez de jouer le jeu, de plonger avec un certain délice dans des mystères à outrance et considérer que parfois une bonne série, c’est juste une série fun. Et Fringe est bel et bien la série la plus fun du moment.