Tag Archive: TNT


Lorsque les auteurs de soap se dépassent et lorsque les “grands” auteurs déçoivent, on passe forcément une semaine un peu étrange. Il va quand même y en avoir pour tous les goûts, avec de la SF, du pétrole, le diable, et même de la comédie décalée.

Defiance-season-1-2013-Syfy-poster_595_slogoDEFIANCE (nouveauté)

Defiance, le show le plus cher de l’histoire de Syfy, proposé en sortie mondiale, adapté d’un jeu vidéo en ligne sorti simultanément, a donc enfin été diffusé. Que penser de ce pilote d’une heure-vingt qui nous raconte les mésaventures d’une petite ville futuriste après que la terre ait accueillie huit races extra-terrestre au terme d’une longue guerre ?

Et bien pas grand chose. S’il faut reconnaître que le budget semble bien encaissé dans des scènes en images de synthèse parfois bluffantes, les postiches censés faire passer des comédiens pour des extra-terrestres sont en revanche beaucoup moins convaincantes. Tout comme l’univers de la série, très bordélique pour l’instant, sans doute idéal pour un jeu en ligne mais inutilement compliqué pour une série.

Le scénario reste donc le principal problème de ce pilote. L’exposition est compliquée et lourdingue, les personnages sont tous déjà-vus, et l’intrigue ne révèle aucune réelle surprise (non, même pas la scène finale qui paraît plus artificielle qu’étonnante). La suite remontera peut-être le niveau mais une chose est déjà sûre : on ne tient pas là le prochain Battlestar Galactica

your-pretty-face-page-headerYOUR PRETTY FACE IS GOING TO HELL (nouveauté)

On aura bien du mal à être convaincu par le pilote de Your Pretty Face is Going To Hell, nouvelle comédie de format court (13 minutes) diffusées sur la pourtant très excellente chaîne Adult Swim. En effet, ces premières mésaventures sur un employé de l’enfer et son stagiaire s’avèrent ridiculement kitch au niveau de la réalisation (mais ça, encore, on est habitué sur ce network) et surtout très peu drôle. Les blagues sur le monde du travail tombent à côté de la plaque, les acteurs ne sont pas terribles et au final on ne rigole absolument jamais. Bref, c’est l’enfer sur terre.

dallas saison 2

DALLAS (saison 2)

Ca me fait toujours aussi étrange d’écrire “Dallas saison 2″ étant donné qu’il ne s’agit pas d’un reboot mais d’une vraie suite à la série originale, mais bon… Après 14 saisons (soit 357 épisodes !) ainsi que deux téléfilms (en 1996 et en 1998), TNT rappelait tout le monde quatorze ans plus tard pour donner une suite au plus célèbre des primetime-soap et (entre autre) inventeur du cliffhanger de fin de saison. Connu surtout pour la médiatisation sans précédent autour de la tentative d’assassinat de J.R. (si vous vous ne vous en souvenez pas, demandez à vos parents !) le show est encore considéré comme une vraie mine d’information sur l’état d’esprit de l’Amérique des années 80 et reste, à ce jour, le plus étudié de part le monde.

Faire une suite était donc un véritable casse-pipe, d’autant plus qu’elle fut confiée à une scénariste presque inconnue au bataillon, Cynthia Cidre, auteur de quelques films, mais qui avait quand même su montrer son talent à parler de familles plus ou moins mafieuses, du moins très liées au monde des affaires, avec la série Cane sur le business du rhum et du sucre de canne. La première chose que fit la showrunner fut justement de mettre à jour le business des Ewing en opposant les progressistes (incarnés par Bobby et Christopher, les “gentils”) qui travaillent sur les nouvelles énergies et les traditionnalistes (J.R. et John Ross, son fils, les méchants ou plutôt les prêts-à-tout pour réussir) qui veulent maintenir l’emprise de la société familiale sur le monde du pétrole. Une belle manière d’actualiser les conflits d’autrefois et de faire entrer de plein pied la série dans les années 2010.

Difficile de passer après une première saison exemplaire. Et marquée par la mort de Lary Hagman, le terrifiant J.R., en plein tournage, cette deuxième saison avait toutes les raisons du monde de s’avérer décevante. Mais Cynthia Cidre et son équipe de scénaristes ont su parfaitement rebondir et trouver une idée de génie pour faire face aux aléas du destin : J.R. est mort, certes, mais il a laissé sa masterpiece se mettre en place. Toute la deuxième partie de la saison (après un épisode hommage sacrément réussi car ni larmoyant ni pathétique) laisse donc le spectateur (et la plupart des personnages) se triturer le cerveau pour savoir quel fut le plan ultime du plus célèbre méchant de l’histoire de la télévision US… mais aussi et surtout l’épisode pose à nouveau l’éternelle question : qui a tué sur J.R. ? (et a, cette fois, réussi à l’abattre !)

On s’en doute un peu rapidement, “the only one who could take down J.R. was J.R.” Toute la question reste de savoir pourquoi et comment. Et c’est ici que se trouve la grande réussite du show. En effet, un bon primetime soap se doit d’avoir des personnages attachants même si leur objectif est négatif (Emily Thorne de Revenge) et surtout doit savoir manier ses rebondissements avec une certaine aisance (l’exemple contraire serait donc Deception qui n’arrive jamais à surprendre.) Cynthia Cidre et son équipe utilisent tous les ressorts à leurs dispositions et n’hésitent devant rien pour prendre le spectateur de cours : ainsi lorsqu’un homme d’affaire crapuleux doit faire exploser une bombe sur la plateforme où se trouvent nos héros, mais que sa fille est parmi eux… il va quand même la faire sauter ! Les personnages cachent tous un double-jeu et des faux-semblants, mais au final aucun ne trahi sa psychologie de base – un “méchant” restera toujours un méchant, un gentil finira toujours par se faire avoir avant de prendre sa revanche.

Véritable chef-d’oeuvre dans son genre, ce Dallas 2012 met clairement tous les autre primetime-soap à l’amende. Certes, on peut parfois avoir l’impression d’être plus dans une maison de retraite que dans une série récente, mais les papis (et les mamies, Sue Ellen en tête, incroyable Linda Gray) font de la résistance et tiennent la route face à la bande de jeunots qui semble à chaque épisode en apprendre beaucoup sur le métier de comédiens grâce à ces vieux briscards. La réalisation reste tout à fait honorable pour ce type de programme, mais c’est bien évidemment la qualité de ses scénarios, le rythme implacable et les (vraies) surprises des rebondissements qui font tout le sel de la série. Et, une fois de plus, Cynthia Cidre montre sa maîtrise dans le cliffhanger de fin, presque impossible à voir venir mais pourtant tellement évident, qui nous fait trépigner d’impatience pour la suite.

Final Score : 8/10

Dallas mériterait amplement un 9 si ce n’était pas un simple primetime-soap, avec les écueils que tout cela comporte (scénarios à tiroir mais peu réalistes, réalisation pas forcément géniale.) Dans son genre, c’est juste la masterpiece, égalée uniquement par celle de J.R., le plan le plus improbable qui soit et sans doute la meilleure idée de cette deuxième saison. Adieu Lary Hagman, mais ne t’inquiète pas, le destin de tes enfants terribles est entre de bonnes mains.

top of the lakeTOP OF THE LAKE (saison 1)

Attendue comme le messie suite à sa diffusion au festival de Sundance puis au festival de Venise (c’était dans les deux cas la première fois qu’une série était présentée), Top of the Lake jouit de l’aura de Jane Campion, auteur affirmée, première femme a avoir obtenu une palme d’or à Cannes pour La Leçon de Piano. Qu’on aime ou pas son style, force est de reconnaître qu’il transparaît dans chaque plan du show, et ce dès le premier épisode. Ambiance étrange, fascinante pour l’histoire de cette jeune flic (Elisabeth Moss, totalement transformée depuis son rôle de secrétaire dans Mad Men) qui enquête sur le cas étrange d’une adolescente de douze ans qui est tombée enceinte. On comprendra plus tard que tout ceci fait écho au trouble passé de l’héroïne qui veut à tout prix retrouver le violeur de la gamine…

Si l’essentiel du show est absolument réussi, avec une construction dramatique intelligente, une mise en scène magnifique et des acteurs franchement exceptionnels, il faut bien avouer que ce genre de programme tient aussi beaucoup à sa conclusion. Et là, c’est un peu la débâcle… Alors que le show cernait avec une précision rare l’horreur quotidienne, restant dans un réalisme crasseux malgré quelques personnages hors-norme, les deux derniers épisodes accumulent les rebondissements excentriques et les révélations capilotractées. Ainsi, les vraies origines de Robin n’ont aucun intérêt et plombent même sérieusement la crédibilité de la série avec ce tour de passe-passe juste là pour gonfler artificiellement la tension dramatique.

Quant à l’ultime rebondissement – c’est à dire ce qui se cache réellement derrière toute cette affaire – il souffre de deux problèmes. Le premier, c’est qu’on le voit venir un peu trop tôt alors qu’on sent que les auteurs cherchent à le ménager comme une énorme surprise. Pas de bol, l’effet est totalement manqué. Le second, c’est que s’il s’agit d’une idée absolument géniale, elle n’est jamais traitée dans toute la série (alors qu’il y aurait vraiment matière à le faire) et qu’elle tombe donc comme un cheveu sur la soupe. Du coup, c’est bien toute la thématique de la série, le sens de son histoire qui en prend un coup sur la figure. De quoi Jane Campion et son co-auteur voulaient-ils vraiment parler ? Avaient-ils vraiment une idée en tête ? Tout ceci a-t-il bien un sens ?

Alors forcément, lorsque le générique de fin démarre, on se dit qu’on a rarement été aussi déçu.

Final Score : 7/10

Envoûtante, incroyablement belle et magistralement interprétée, Top of the Lake  a beaucoup de qualité. Mais le show repose aussi beaucoup sur son enquête et son réalisme – deux éléments jetés aux orties dans les derniers épisodes, nous laissant forcément sur une impression de raté franchement décevante. Quel dommage !

Southland-poster-quad-Season-5SOUTHLAND (saison 5)

Série désespérée d’un cynisme absolu, Southland se veut une plongée ultra-réaliste dans l’univers glauque du sud de Los Angeles, là où les lumières d’Hollywood ne brillent plus et où règnent les gangs, la drogue, et le “petit” crime du quotidien. D’abord diffusée sur NBC, la série sera annulée puis récupérée par TNT où, même avec des moyens sérieusement amoindris, John Wells et Christopher Chulack continuent de faire vivre la création assez originale de Ann Biderman.

Cette cinquième saison fut l’occasion d’aborder l’autre côté du crime, celui commis par les flics, que ce soit pour protéger leurs intérêts, pour (se) faire justice, ou tout simplement parce que, poussés à bout, ils perdent le fil de la réalité et plonge de plein pied dans les obsessions morbides de ceux qu’ils arrêtent tous les jours. Terrifiante de réalisme dans le traitement psychologique sans concession de ses personnages, la série perd malgré tout de sa crédibilité en enchaînant les rebondissements un peu trop énormes et certains coups d’éclat qui sonnent faux.

Dés lors, Southland manque son but car elle ne nous laisse plus croire au réalisme de son traitement (valorisé depuis le début par une réalisation faisant écho à la télé-réalité Cops) mais plonge dans les ressorts parfois artificiels de la dramaturgie. Elle n’est plus un vrai faux-documentaire édifiant sur la police mais une fausse vraie-série qui ne se permet pas tous les écarts autorisés par la fiction.

Il serait pour autant assez glacial de ne pas être touché par les arches narratives de John Cooper, flic homosexuel, droit dans ses bottes, ancien instructeur, qui va brutalement glisser vers une absence d’humanité, ou encore de Ben Sherman (Benjamin McKenzie, qui n’a cessé de s’améliorer depuis ses piètres performances dans The O.C.) dont la passion pour les femmes et la valeur qu’il donne à l’amitié vont mettre à mal ses relations avec la justice. Quant aux deux seuls détectives (c’est à dire les seuls réels enquêteurs) ils viennent apporter un peu de souffle à des épisodes pas toujours très reposant.

Final Score : 7/10

En moins bonne forme que les autres années, Southland déçoit quelque peu cette année par quelques facilités qui l’éloigne de l’ultra-réalisme de ses débuts. Et puis noir, c’est noir, mais c’est surtout il n’y a plus d’espoir et le show se montre parfois un peu épuisant. Il serait malgré tout dommage de passer à côté de cet OVNI télévisuel qui ne doit franchement pas réjouir l’office du tourisme de Los Angeles…

suburgatorySUBURGATORY (saison 2)

Bien plus excitante que la très moyenne The Middle, et bien plus incisive que la très conventionnelle Modern Family (qui, à mon avis, ne fait que véhiculer de vieux poncifs sur les bonnes valeurs d’une grande famille américaine), Suburgatory est assurément la deuxième meilleure sitcom de la soirée comédie du mercredi sur ABC, derrière The Neighbors. Et ce ne sont pas les nouveautés sitcom affligeantes qui ont débarqué ces dernières semaines qui vont lui subtiliser sa place…

Avec ses stéréotypes volontairement assumés, l’histoire de cette adolescente qui vit seule avec son père et déménage de son fier New York pour se retrouver dans la plus artificielle des banlieues avait de quoi décontenancer de prime abord. Les ficelles sont grosses, l’univers est tout sauf réaliste et, encore une fois, les personnages sont plus des artifices que de réelles personnalités. Pourtant, avec son ton sarcastique, sa voix off insolente, ses scénarios malins et son humour indélicat, la première saison avait su nous convaincre sur le long terme. Que vaut donc cette deuxième année à Chatswin ?

Et bien c’était plutôt pas mal. Si les personnages ne quittent pas leurs rôles de simulacres légèrement attardés, ils s’affinent pour laisser entrevoir de vraies problématiques. La série se donne alors enfin les moyens d’aller bien plus loin que ses concurrentes dans la critique d’une Amérique soit ouvertement trop bien pensante, soit ouvertement cynique sur son propre sort, en tous cas incapable de faire la part des choses sur sa propre situation. Ainsi, la relation très ambiguë entre Dalia (incroyable Carly Chaikin, capable de monosylaber sur un ton monocorde tout en faisant passer des émotions qui secouerait le plus insensible d’entre nous – comme dans la dernière scène de l’ultime épisode) et son pseudo beau-père George (le fameux papa qui a déménagé de New York) se révèle être une excellente représentation de la rencontre de ces deux mondes qui n’ont en réalité rien à s’apprendre mais tout à faire pour s’accepter.

On se laisse en définitive facilement embarquer dans l’aventure, suivant avec délice les moults rebondissements d’arches narratives parfois un peu désuètes mais plutôt bien menées, où c’est (encore une fois) l’amour qui dirige chaque fait d’arme car le feuilletonnant se révèle avoir une part très importante dans la série. Suburgatory a donc le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers et de vraiment “gêner” le spectateur qui aurait manqué un épisode – il se précipitera le rattraper au plus vite. Voilà une chose plutôt rare dans le monde des sitcoms, et rien que pour ça, le show mérite toute votre attention.

Final Score : 8/10

Sans conteste l’une des meilleures sitcom du moment, Suburgatory saura convaincre le plus grand monde malgré ses allures de de série familiale. Sous ses stéréotypes évidents et revendiqués le show cache en effet une vraie science de la narration et l’une des plus acerbes critiques de la société américaine actuelle ou – pour une fois – absolument tout le monde en prend pour son grade. Réjouissant.

ben show et nathanTHE BEN SHOW / NATHAN FOR YOU (saisons 1)

Pas vraiment des séries, le nouveau duo de show de Comedy Central vient foutre un sérieux coup de pied dans le réel. En effet, The Ben Show et Nathan For You s’appuient sur une idée toute bête pour faire rire, étonner et s’interroger : dans les différents segments qu’ils présentent, qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui est du pur ressort de la narration comique ?

Dans The Ben Show, Ben Hoffman se lance des minis défis et va rencontrer tout un tas de guests qui doivent l’aider à réaliser son projet. Ainsi, lorsqu’il cherche à organiser une fête, il va contacter une sosie de Whoopy Goldberg, demander à une mannequin de se faire passer pour sa copine, ou encore tout simplement demander des conseils à son père. Le show est entrecoupé de quelques vrais mini-sketchs plus ou moins drôles, qui viennent malgré tout alléger l’ensemble.

Dans Nathan For You, Nathan Fielder va aider de petites entreprises avec des idées totalement saugrenues (un goût “caca” pour faire venir des gens dans une boutique de glaces, une fausse vidéo virale pour un zoo, et même carrément se créer une fausse télé-réalité à la The Bachelor pour s’aider lui-même à dépasser sa peur des filles…) Là encore, tout marche sur la personnalité du présentateur, à la posture étrange et au débit décontenançant, ainsi qu’au fait qu’on se demande constamment si ce sont des vraies personnes qu’il aide ou si tout est bidon.

Si les deux shows ne sont absolument pas indispensables, ils ont le mérite de sacrément secouer les codes de la télé du réel et de remettre le spectateur en question face à ce qu’il croit voir. La télé-réalité avait bien besoin qu’on rigole d’elle de manière intelligente, c’est chose faite.

Final Score : 7/10

Totalement dispensables, The Ben Show et Nathan for You restent deux shows qui secouent le réel et s’avèrent bigrement drôles. A vous de voir !

 

Allez, rendez-vous Dimanche pour une nouvelle semaine chargée de nouveautés en tout genre ! Il y aura même des loups-garous pour remplacer House of Cards ?!

Pour cette semaine chargée qui se voit donc une fois de plus découpée en deux articles, on s’intéressera en premier à six fins de saisons dans des univers très différents. Des consultants aux chirurgiens, en passant par un auteur bourré, des ados dans les années 80 et des vampires qui font copains avec des loup-garous et des fantômes, voici une semaine qui vous fera pleurer pour une bonne raison : il est l’heure de dire au-revoir aux Gallagher.

House-Of-Lies-Season-2-Cast

House of Lies (saison 2)

Remarquée l’année dernière pour son ton irrévérencieux et (surtout) sa plastique originale et avantageuse, House of Lies avait su prouver que l’on peut intéresser les spectateurs à des personnages dont on ne comprend pas le métier. En l’occurrence, une bande de consultants qui assument : si on comprenait ce qu’ils font, ça voudrait dire qu’ils le font mal. Avec ses personnages un poil caricaturaux mais diablement attachants, et surtout une vraie maîtrise du scénario sur la durée, la première saison nous avait laissé sur une très bonne impression mais laissait sérieusement circonspect quant à la validité de la série sur le long terme.

Fort heureusement, cette deuxième saison nous a pris de cours. Exit les délires visuels, les arrêts sur image, et les leçons au spectateur : le show estime que l’on est maintenant dans la confidence et il n’y aura que de très rares regards caméras de Don Cheadle pour nous rappeler que l’on fait partie de son équipe, que l’on est dans son camp. En se privant de tous ces artifices qui faisait autrefois sa touche, le show doit se recentrer sur ses autres qualités : des dialogues acérés et des intrigues finement développées, le but étant une fois de plus d’arriver à une conclusion inévitable mais qui sert tout le propos de la saison. Touchdown  ! : si on excepte quelques facilités sur Doug, personnage souffre-douleur dont on voit un peu trop vite la ficelle qui l’anime, les treize épisodes s’avèrent plus que convaincants au niveau du scénario. Et le final est magistral, avec une toute dernière réplique qui résume l’ensemble de la saison – un réel tour de force.

Et puis il ne faut pas oublier que, même sans les délires visuels, la réalisation reste de toute beauté. Pas besoin de mouvements de caméra dans tous les sens, d’effets spéciaux improbables ou de split-screen pseudo modernes : en revenant aux sources, la réalisation se veut plus posée, plus réfléchie et a finalement beaucoup plus de sens. Quant aux comédiens, ils sont tous relativement bons mais tirons notre chapeau à Don Cheadle qui assume avec une carrure remarquable d’avoir le poids du show sur ses épaules. Et ceux qui étaient fans de Veronica Mars seront toujours contents de retrouver Kristen Bell (l’entendre faire la voix de Gossip Girl n’était vraiment pas suffisant !), qui assure plutôt pas mal un rôle de beauté froide et grinçante bien loin de l’intrépide ado qu’elle incarnait auparavant.

Final Score : 8.5/10

Sans doute l’une des meilleurs séries “courtes” (compter quand même pas loin d’une demi-heure par épisode, comme pour Californication), House of Lies prouve avec cette deuxième saison qu’elle n’a pas besoin d’artifice pour s’avérer toujours aussi passionnante. Après nous avoir séduit par son physique, elle nous retient par son intelligence. Vivement la suite.

californication s6Californication (saison 6)

Il faut le reconnaître, l’année dernière on commençait un peu à se lasser des aventures de Hank Moody, l’indéboulonnable queutard, buveur de whisky et consommateur de drogue, et accessoirement romancier, héros de la série Californication. Tom Kapinos, le créateur du show, avait annoncé que la série devait se renouveler mais malgré un bon dans le futur de deux ans et demi, il n’avait pas vraiment réussi à nous entraîner dans un nouveau monde avec sa vision très stéréotypée d’Hollywood.

Cette sixième saison s’intéresse cette fois au monde de la musique et voit Hank obligé de travailler avec une étrange star du rock pour adapter son roman en comédie musicale. Bien sûr, le monsieur est un habitué de la coke, des putes, et autres soirées totalement débordantes : rien de bien original pour Californication, donc !

Heureusement pour nous, il y a le personnage de Faith, charismatique muse qui va faire chanceler notre doux Hank et presque remettre en question sa longue (non)histoire d’amour avec son ex. Autre bon point, la relation entre Hank et sa fille, qui décide de suivre les traces de son père en devenant romancière et qui veut pour cela expérimenter tout un tas de truc : Hank mis face à ses propres contradictions, voilà un sujet qui intéresse et amuse particulièrement Duchovny qui y trouve ses meilleures scènes (il faut dire qu’on l’a trop vu jouer le mec bourré ou défoncé pour être encore surpris par sa prestation générale.)

A part ça, Californication reste Californication. Amusante mais un peu creuse, se permettant tout mais fantasmant son univers plus que lui rendant hommage, décalée mais résolument pantouflarde : le show de Tom Kapinos convaincra toujours ceux qui ont suivi jusque là les aventures de Hank, même s’ils se sentiront en terrain largement conquis. Allez, s’il vous plait, essayer un peu de nous réveiller tout ça l’année prochaine.

Final Score : 7/10

Californication est assurément une bonne série – ne serait-ce que parce qu’aucun autre show ne lui ressemble à l’heure actuelle. Mais c’est aussi un programme qui ronronne sérieusement et qui se contente d’une ou deux surprises pour faire tenir sa saison. C’est peu.

carrie diaries

Carrie Diaries (saison 1)

Oh mais qu’est-ce qu’elle est mignonne cette AnnaSophia Robb, semblent s’extasier les magazines de mode pour ado. Sauf que non, elle est pas mignonne du tout et elle a même une tête à claque qui rend tout simplement impossible de supporter un épisode entier de the Carrie Diaries, prequel très CW de Sex and the City, elle aussi inspirée des romans de Candace Bushnell.

Dommage, car bien que la série se déroule dans les années 80, elle reste assez moderne sur certains points qui auraient pu lui valoir un véritable coup de coeur. Ainsi, le personnage de la petite soeur de 14 ans, Dorrit et son hyper-sexualisation qui va à l’encontre de son aînée, permettent de traiter la thématique de la désormais classique première fois sous un jour assez original. Tout comme la lente descente aux enfers de sa meilleure amie Maggie, sarcastique bout en train qui cache une évidente abyme.

Mais pour voir tout cela, encore faudra-t-il supporter la très ringarde histoire d’amour entre l’héroïne (une jeune Cassie Bradshaw qui a au moins le mérite d’être aussi détestable que sa version adulte) et son blondinet de service, ainsi que des intrigues autour du monde de la mode plutôt vomitives. Au vu des audiences mitigées, il semble que les ados américains ne s’y soient pas trompés. Mais diffusée sur un network qui a toute les peines du monde à installer de nouvelles séries, the Carrie Diaries pourrait bien être renouvelée pour l’année prochaine. Espérons que dans ce cas elle saura saisir cette seconde chance.

Final Score : 4/10

Pas catastrophique mais pas intéressante pour deux sous, the Carrie Diaries est surtout plombée par une actrice principale horripilante et des intrigues sur l’amour et la mode franchement dépassées. Même les fans les plus acharnés de Candace Bushnell peuvent passer leur chemin.

being human s3Being Human (US – saison 3)

Sympathique succès d’estime pour Syfy, Being Human est l’adaptation américaine de la série anglaise du même nom. Ou comment un vampire, un loup-garou et une fantôme se retrouvent à vivre ensemble – et toutes les complications que cela implique sur leur quotidien.

Cette troisième saison reste dans la droite lignée des deux premières. On retrouve donc des acteurs sympathiques mais pas extraordinaires, une réalisation limitée par les moyens du bord, et des scénarios qui vadrouillent un peu dans tous les sens. On sent d’ailleurs que les auteurs commencent sérieusement à se demander comment ils vont arriver à renouveler la série et on a du coup droit pour cette saison à une petite transition fantôme -> zombie tout ça pour revenir au point de départ dans le dernier épisode.

Et c’est bien le problème de Being Human : si le show est vraiment agréable à suivre, impossible de ne pas se questionner sur sa vacuité. Vous ne serez pas bouleversé d’émotions, vous ne vous rongerez jamais les sangs en attendant le prochain épisode, et vous finirez forcément par vous demander si vous allez regarder la suite ou si vous ne préféreriez pas aller boire une bonne pinte.

Final Score : 6/10

Being Human a un gros potentiel de sympathie et on aurait vraiment envie de lui mettre une meilleure note. Mais il faut faire face à la réalité : si le show disparaissait de nos écrans du jour au lendemain, il n’est même pas sûr que l’on s’en apercevrait. Uniquement pour les purs fans de vampires, loup-garous et fantômes !

Monday-Mornings-Poster-Saison1-2Monday Mornings (saison 1)

La première question que je me suis posé en voyant cette série, c’est : mais qu’est-ce que c’est que ce titre ?! Le “monday morning” est la réunion hebdomadaire dans un hôpital au cours de laquelle les chirurgiens peuvent recevoir des louanges pour leurs accomplissements ou de sérieuses remises en question et critiques pour leurs erreurs. Le show est donc entièrement construit autour de cette fameuse réunion qui peut servir de point de départ d’un épisode mais est en général utilisée en conclusion pour mettre à jour la thématique du moment. Oui, un peu à la manière des séries de tribunaux…

Et ce n’est pas un hasard. Car le cerveau derrière Monday Mornings, n’est nul autre que David E. Kelley, grand habitué du legal show, papa d‘Ally McBeal, The Practice, ou encore Boston Legal. Spécialiste de la recette, il l’applique au monde de la série médicale – mais se permet tout de même un vrai procès pour le dernier épisode, on sent que ça lui manque…

Le problème, c’est que monsieur Kelly est bien gentil mais qu’il commence à vivre dans un autre temps. Déjà un peu ringard dans les années 2000, où son Boston Legal était sauvé par des personnages percutants et deux acteurs en super forme, il fait vraiment figure d’antiquité avec ce show qui sent bon la naphtaline. Les habitués de l’auteur sauront voir les trajectoires des personnages dès le pilote, et ne devraient s’attendre à aucune surprise dans les épisodes. La réalisation est elle aussi particulièrement datée (oh, les ralentis à l’image saccadée…) et les acteurs se prennent définitivement trop au sérieux pour être crédibles.

Bref, à part pour les nostalgiques des années 90, vous pouvez passer votre chemin.

Final Score : 5/10

Pas fondamentalement mauvaise, Monday Mornings fait juste partie d’un autre temps. Seuls les fans de Kelley peuvent apprécier, mais ce sont aussi les fans du bonhomme qui verront toutes ses ficelles faciles se mettent en place.

Shameless season 3Shameless (US – saison 3)

L’un de mes plus grands regrets et de ne pas avoir continué à regarder Shameless, version anglaise. Alors que la série s’achève en ce moment en Angleterre avec pas loin de onze saisons (en neuf ans) d’aventures, la version américaine s’affirme un peu plus d’avantage comme l’un des beaux succès du network Showtime.

Menée de main de maître par John Wells, la série bénéficie aussi de la participation (sacrément importante !) de Paul Abbott, le créateur du show original. Ensemble, ils ont réussi à batailler ferme pour imposer leur situation de base : parler de ces galériens qui vivent juste à côté de nous, que l’on côtoie tous les jours, des spécialistes du système D qui doivent tirer sur toutes les ficelles que la société leur tend pour aller au bout de la journée.

Voici donc la famille Gallagher, six enfants et un père, Frank, alcoolique notoire incapable de s’occuper de son clan qui ne reste fonctionnel que grâce à la poigne de fer de Fiona, l’aînée. La réussite du show tient dans le fait que les Gallagher font face à de réels problèmes, pris très au sérieux, mais le tout traité avec beaucoup de comédie et un sens de l’espoir et de l’entraide rarement vu ailleurs. Sans jamais tomber dans les travers des bons sentiments ou de morales alarmistes, Shameless n’a qu’un seul réel défaut : son penchant pour quelques gags / situations un peu trop crades ou abusées pour être crédibles (comme, par exemple dans cette troisième saison, quand une jeune fille dans le coma se réveille suite… à un cunnilingus.)

La plus grande force du show reste assurément les scénarios, extrêmement dynamiques (malgré la durée de près d’une heure des épisodes) et des arches narratives fines mais puissantes, qui se révèlent toujours bouleversantes dans les derniers épisodes – cette saison le prouve encore avec une scène magistrale où le petit Carl vient raser les cheveux de son père… La réalisation est elle aussi franchement très réussie, évitant tout fioriture inutile pour se concentrer sur l’humain et nous mettre au plus proche des personnages. Et les acteurs ? Voici une formidable bande de comédiens plus talentueux les uns que les autres – mention spéciale tout de même pour William H. Macy qui incarne un Frank détestable et attachant, et Emmy Rossum, assurément la meilleure actrice de sa génération à la télévision en ce moment.

Final Score : 9/10

En passe de devenir l’une des meilleures séries du moment, Shameless US réussit ce que tout le monde disait impossible : faire une adaptation US d’une série UK au moins aussi bien que l’originale. Si vous ne connaissez pas, jetez-y un oeil. Je suis sûr qu’en moins de cinq épisodes vous voudrez, vous aussi, faire partie du clan Gallagher.

 

Rendez-vous dans deux jours pour dire adieu au plus grand des gladiateurs…

Chers lecteurs,

Aujourd’hui plus que jamais il est temps de pleurer nos récents disparus. Alors que les semaines s’enchaînaient à coup de bêtisiers ou autres célébrations magnifiées par de grands feux d’artifice, dans l’ombre le tueur à la hache rodait autour de quelques séries que l’on ne peut plus, désormais, que pleurer. On se gavait de foie gras, il assassinait une chirurgien qui bosse pour la mafia. On se racontait nos histoires d’amour avec les cousins, il décapitait cette fille aux ragots faciles. On se battait autour d’une partie de Mario Kart, il supprimait toute une équipe qui se battait pour les opprimés. On voulait profiter de la vie, il mettait un terme à celle d’une bande de jeunes perdus face à leur avenir. Et le pire, c’est que le carnage va continuer au fil des prochaines semaines.

Mob Doctor - chirurgienne pas credible

Ah, mais c’est qu’elle nous aura bien fait marré la Mob Doctor ! Oui, on veut bien croire qu’un chirurgien soit une jeune femme jolie et sympathique, mais il ne faut pas pousser le bouchon : maquillée à outrance, toujours habillée pour faire apparaître en transparence son push-up du jour, Jordana Spiro déambule dans les couloirs de l’hôpital le regard perdu, avec l’air de se demander ce qu’elle peut bien foutre là. Question crédibilité du personnage, on repassera. Mais qui a bien pu avoir l’idée de mélanger Urgence et Un Flic dans la mafia en pensant que ça fonctionnerait ?

Basé sur un récit bien réel d’un chirurgien qui bossait pour un ponte de la mafia italienne, la série raconte les mésaventures de Grace Devlin, contrainte et forcée par l’ancien mafieux qui dirigeait le quartier où elle a grandit de lui rendre de menus services comme retirer des balles, soigner un cancer de la prostate ou encore faire débander un cheval (véridique.)

Mal foutue, mal réalisée, mal jouée, la série atteint son pire avec les retournements de fin du scénario qui ose nous dévoiler comme une énorme révélation ce qu’on savait depuis le premier épisode (et qui ne tient pas du tout la route) : le vieux mafieux est bel et bien le père de notre héroïne. Quant à l’entourloupe des dernières minutes, tournées à l’arrache pour apporter une conclusion à la série après l’annonce de son annulation, elle terminera de faire vomir les plus téméraires d’entre vous.

Final Score : 2/10.

On peut le dire, The Mob Doctor ne manquera à personne. Et certainement pas à la Fox qui y a trouvé son plus gros bide depuis fort longtemps. underemployed sur le toitNettement moins mauvaise, on regrettera donc largement plus l’annulation de UnderEmployed, petite série estampillée MTV sur le destin de cinq jeunes confrontés à la réalité du monde du travail après avoir rêvé sur les bancs du lycée et de la fac. La série n’est toujours pas officiellement annulée, mais la diffusion de ses derniers épisodes le samedi soir vers 23:00, c’est à dire quand son public est occupé à faire la fête, ne laisse pas vraiment de place au doute.

Que retiendra-t-on de cette énième show autour d’un groupe de personnages en devenir ? Des petites scénettes comiques très réussies, des acteurs frais et plutôt sympathiques, et surtout une grosse patate dans le rythme qui ne retombe jamais. Malgré tout, comment ne pas se lasser des intrigues un peu tirées par les cheveux, des raccourcis psychologiques pas très fins, ou encore de certaines situations tellement vues et revues qu’on les sent arriver dix minutes avant qu’elles ne soient jouées ? C’est bien là toute la faille de UnderEmployed : ne pas avoir compris que le public MTV connaît par cœur tous les codes des séries, et qu’il allait se lasser faute d’innovation. Au final, malgré toute la bonne volonté de l’équipe derrière le show, force est de constater qu’une fois la série finie, on n’en retiendra pas grand chose.

Final Score : 5/10.

Par manque d’ambitions, d’idées, UnderEmployed fait une fausse route malencontreuse, ce qui est d’autant plus dommage qu’elle sait manier la comédie comme on l’a rarement vu. Chez MTV, on continuera donc à chercher un autre grand show à succès pour accompagner Teen Wolf. leverage s5-2 Holy Shit, ça y est, ils l’ont annulée !

Malgré un succès critique et une fan base plutôt forte, Leverage a toujours été au bord de l’annulation, sa rentabilité n’étant pas forcément à la hauteur des attentes de la chaîne TNT. Après cinq ans de bons et loyaux service, le network a décidé, en accord avec les deux show-runners, de partir sur un coup d’éclat avec un double épisode diffusé le 25 décembre et qui conclue la série tel que ça a toujours été prévu. On regrettera franchement cette équipe de cinq personnages totalement complémentaires et forcément jouissifs.

Pourtant la série partait sur un pitch pas franchement folichon. Quatre anciens voleurs et l’homme qui les traquait pour une grande compagnie d’assurance décident de s’allier pour aider les “petits” contre les “grands” en leur apportant de quoi obtenir ce qu’ils veulent. Extrêmement dynamique et franchement maligne dans la manière de raconter ses histoires, la série souffrait quand même d’un certain manque d’ambition due à son côté “formule” qui s’adaptait mal aux quelques tentatives de feuilletonnant souvent décevantes.

Leverage n’était donc pas l’un des meilleurs shows de sa génération mais sans doute l’un de ceux qui nous aura le plus séduit par ses personnages et on regrettera vraiment de ne plus voir leurs jolies frimousses en plein milieu d’un énième cambriolage alambiqué.

Final Score : 7/10.

Grâce à ses personnages immédiatement touchants et ses intrigues plutôt malignes, Leverage savait gagner notre sympathie. Dommage que le show n’ait jamais réussi à décoller de sa formule et soit resté si terre à terre.

gossip-girl-season-6-poster Six ans plus tard, peut-on y voir un peu plus sur le phénomène Gossip Girl ?

On doit au minimum lui accorder un coup d’éclat peu commun : avoir réussi à garder le secret sur l’identité de la blogueuse / twitteuse pendant toutes ces années. Certaines mauvaises langues pourraient arguer que les auteurs ne savaient sans doute pas dès le début qui serait ce “coupable” peu commun, mais le fait que cette ultime révélation soit totalement en accord avec le slogan de la toute première saison reste tout de même plutôt convaincant. Et puis nos chers showrunners ont bien préparé le terrain en répondant dans le dernier épisode à presque toutes les questions que l’on pourrait se poser sur certaines incohérences.

Ok, mais est-ce que la série mérite pour autant de rester dans les anales de la série pour ado, et de la série tout court ? Difficile de s’en souvenir maintenant, surtout depuis que le show a sombré lors d’une cinquième saison inintéressante au possible, mais Gossip Girl a quand même fait exploser bien des barrières sur un grand network pas franchement réputé pour vouloir choquer. Cocaïne, prostitution, partie à trois, comportement à risques… la série s’est intéressée à tout ce qu’il y avait de croustillant et de fantasmant dans la vie de ces jeunes gosses de riche. Mais elle fut aussi extrêmement matérialiste, n’a jamais reculé devant un plan pub agressif, ou véhiculé certaines idées franchement limites…

En fait, on détestait Gossip Girl tout autant qu’on l’appréciait. Remuante mais vulgaire, intelligente mais sans âme, maligne mais racoleuse, voilà une série qui n’aura pas laissé indifférent. Alors mérite-t-elle qu’on se souvienne d’elle ? Pour l’instant oui, surtout pour ses premières saisons. Mais seul l’avenir nous dira si, dix ans plus tard, on se rappellera les mésaventures de Serena van der Woodsen (oui, j’avais envie d’écrire ce nom !)

Final Score : 7/10 (pour l’ensemble des saisons, la série ayant oscillé entre le meilleur et le catastrophique.) 

XOXO, Gossip Girl  !

 

Allez, rendez vous dans quelque jours pour retrouver le sourire avec les quelques nouveautés qui se sont déjà glissées sur les écrans US.

Cette deuxième semaine de la rentrée télé US la joue encore relativement tranquille par rapport à tout ce qui va tomber la semaine prochaine. Profitons en pour dire au-revoir à quatre sympathiques petites séries, avant la grosse fournée de nouveautés.

Au rayon des news de cette semaine, on va essayer de faire vite ! Alors, depuis dimanche dernier vous pouvez retrouver sur les écrans US la diaboliquement compliquée Boardwalk Empire, en route pour une troisième saison. Pour rigoler, tournez vous donc plutôt vers les retours de The Office et Parks & Recreations, accompagnées de leurs petites soeurs Saturday Night Live Weekend Update Thursday (ce n’est pas tout à fait une série, mais bon, comme c’est bien, autant vous en glisser un mot !) et Up All Night qui fait un retour des plus réjouissants (Christina Applegate + Will Arnett = que du bonheur.) La Fox nous propose de reprendre les aventures de Bones - mais vu que je ne regarde pas, je n’ai rien à en dire ! Et enfin, Syfy nous fait plaisir avec le retour de Haven, série devenue tellement compliquée que le previously du pilote dure presque quatre minutes !

C’est marrant, mais le départ définitif de Weeds n’a pas fait pleurer beaucoup dans les chaumières… La saison deux de Wilfred m’a tout l’air d’être passée totalement inaperçue… et qui se souvient encore de Royal Pains (à part les spectateurs américains ?!)

Comme chaque année, Leverage se fait une petite pause au milieu de sa saison (ah les plaisirs des séries diffusées sur TNT…) Et comme chaque année, on me demande si vraiment ça vaut le coup de regarder… “ça.” Du coup, il est peut-être temps de faire un petit point : Leverage est une série sur des arnaqueurs qui aident les pauvres et s’en prennent aux riches. En gros, c’est Robin des Bois dans Ocean’s Eleven. Il n’y a quasiment pas de feuilletonnant, pas de high concept, c’est un vrai formula avec des codes scénaristiques qui se répètent, et ce n’est pas spécialement beau. En revanche, les personnages sont géniaux et fabuleusement complémentaires, les acteurs sont franchement à l’aise dans leurs rôles, les scénarios sont très inventifs et malicieusement roublards et c’est vraiment rare de s’ennuyer au cours d’un épisode. Cette cinquième saison ne change pas la formule et reste toujours aussi bien ficelée – la seule prise de risque étant de mettre sur le devant de la scène des personnages autrefois un peu plus en retrait auparavant (Eliot et Parker principalement.)

Final Score : 3.5/5

Leverage ne changera pas votre vie, c’est sûr, mais voici une série suffisamment bien foutue pour pouvoir la regarder avec n’importe qui à n’importe quel moment. Et pour tous les auteurs, jetez un oeil à la complémentarité des personnages, c’est une vraie leçon !

Vous vous souvenez de Rachael Leigh Cook ? Mais si, l’héroïne de magnifique film Elle est trop bien et de… heu… oui, bon, ok, elle n’a pas eu la plus grande carrière du monde, mais ce n’est pas une raison pour bouder son retour dans une série policière à concept puisque le héros s’avère être un schizophrène paranoïaque qui voit des personnes qui n’existent pas. Ça vous en bouche un coin, hein ? Ah, vous sentez le coup fourré, genre ce mec est prof dans une fac mais assez curieusement il va toujours se retrouver à bosser pour le FBI et son histoire d’amour avec Rachael ne va jamais être assumée parce que de toutes façons il aime une autre femme dont on sent qu’elle a disparu ? Oui, bon ok, vous avez raison. Est-ce une raison pour bouder Perception ? Et bien… oui. La série propose un pilote relativement réussi et un deux épisodes de fin qui approfondissent le personnage. Au milieu, on aura brassé pas mal de vent, sans grande qualité. Ma perception de Perception ? Re-regardez plutôt Elle est trop bien (ou les épisodes de Dawson’s Creeck avec Rachael…)

Final Score : 2/5

Les acharnés regarderont le pilote et les deux derniers épisodes, histoire de voir comment on traite la schizophrénie paranoïaque à la télé US. Les autres passeront leurs chemins. Les fans de Rachael Leigh Coock se poseront sans cesse des questions sur ce petit bout de femme qui a l’air construit tout bizarrement. Mais personne ne devrait vraiment être accroc à ce cop show de plus.

C’est déjà la fin de la première partie de la quatrième saison de White Collar, série dont on ne pouvait prévoir la longévité au vu de son concept délicieusement ringard : un voleur et faussaire travaille pour un service spécial du FBI histoire de racheter sa peine. Et pourtant, il faut bien avouer qu’avec ses acteurs sympathiques, sa mise en scène léchée, et ses scénarios assez tordus, le show fait toujours mouche. Cette année, les scénaristes s’intéressent au passé de leur héros et creusent le mystère de ses origines. Alors oui, on perd en crédibilité ce que l’on gagne en fun, mais au final White Collar s’avère toujours aussi agréable à regarder… A-t-on vraiment besoin d’en dire plus ?

Final Score : 3/5

White Collar n’est pas qu’un cop show parmi les autres, c’est le cop show le plus classe et le mieux sapé. On ne va pas faire démarrer à la quatrième saison ceux qui n’ont jamais regardé, mais les autres peuvent regarder sans souci cette quatrième saison qui s’avère, pour l’instant, des plus amusantes.

Le dernier départ de la semaine, c’est celui de la délicieuse Awkward, série ado estampillée MTV typique de la programmation culottée de la chaîne ces dernières années. Pour cette deuxième saison, le sujet principal de la série reste l’amour mais cette fois sous l’angle de quel garçon choisir… Une situation qui ne nous est pas forcément arrivé à tous mais qui reste traitée de manière absolument hilarante par des scénaristes qui n’hésitent pas à pousser jusqu’au bout la logique (parfois absurde) des situations. Les acteurs surjouent un peu, mais Ashley Rickards porte la série à bout de bras et assure comme une reine chaque passage comique. Son personnage est un peu tête à claque parfois et on a envie de la baffer par moment cette petite brune renfermée sur elle-même alors qu’elle a tout pour être heureuse, mais cool, les scénaristes s’en chargent pour nous. Et du coup, encore une fois, on est totalement conquis.

Final Score : 4/5

Si vous n’avez pas vu la saison 1 d’Awkward, courez la regarder. Si vous n’avez pas encore vu la 2, vous savez ce qui vous reste à faire. Et si vous êtes absolument, totalement, définitivement réfractaire à la comédie et/ou aux séries pour ados, qu’est-ce que vous faites encore ici à lire cette critique ?

La première nouveauté de la semaine, c’est donc The Mob Doctor, diffusée sur la Fox. Adapté d’un récit autobiographique italien d’un vrai chirurgien qui travaillait pour la mafia, la série nous fait d’office l’affront de nous mettre la très mignonne Jordana Spiro dans le rôle titre ce qui, certes ravi les yeux, mais donne déjà un grand coup dans la crédibilité de l’ensemble. Il est d’ailleurs assez marrant de reconnaître, tout au long du pilote, des têtes de seconds rôles souvent vus, comme si la série était allée faire la poubelle de ses concurrentes pour trouver ses comédiens… Et il faut bien avouer que ce premier épisode n’a pas grand chose pour nous prendre aux tripes : les intrigues à l’hôpital sont assez clichées et lassantes, et toute la partie mafia se veut tellement intelligente et originale qu’elle en devient totalement irréaliste. Bref, pour l’instant, vous pouvez franchement vous en passer.

Mon Pronostic : la série n’est pas géniale, le concept n’est pas super fort, et de toute façon le show est diffusé sur la Fox : la série sera annulée avant la fin de sa première saison !

L’autre nouveauté de la semaine, c’est pas de la gnognote mon bonhomme. C’est une série qui va t’en mettre dans la gueule avec J.J. Abrams à la prod, Eric Kripke (Supernatural) au scénario, et Jon Favreau (Iron Man) à la réalisation. Et en plus, y a deux héros bien gaulé – une fille et un mec – qui aiment tirer à l’arc parce que depuis Hunger Games c’est redevenu à la mode. Alors voilà, je te fais le topo, d’un coup dans le monde entier y a plus d’électricité, tous les appareils ils s’arrêtent, mais y a un mec qui l’avait prévu. Après zou, je te saute quinze ans dans le futur, et là le mec il s’occupe d’un bled, mais y a les méchants de la milice qui viennent le chercher pour lui poser des questions. Tu sais qu’ils sont méchants parce qu’ils ont volé les lunettes et la veste de Néo de Matrix, vu qu’il s’en sert plus. Après, le mec il veut pas suivre les méchants, alors son fils il intervient, après ça se bat, après les méchants ils tuent le mec, ils prennent son fils, et pendant ce temps sa fille qui est l’héroïne bien gaulée dont je te parlais, elle arrive et elle est triste. Alors elle va aller chercher son père correction (merci Cédric) : son frère, vu que son père, ben il est mort, mais d’abord elle va chercher son oncle qui est le patron d’un bar mais aussi un ninja de la mort qui tue que t’y croyais pas parce qu’il avait l’air toujours bourré le mec. Ah ouais, et aussi, la mère de la fille, ben c’est Juliette de Lost, mais bon là elle est morte. Et puis y a un barbu, avant il était millionnaire et il avait un hélicoptère parce que tu vois il travaillait pour Google mais maintenant ça sert plus à rien et les enfants ils savent même pas ce que c’était internet. Ah ah ! C’est drôle hein ?! Bon alors, vu comment ils y ont mis le paquet, tu y crois que ça va devenir la série à suivre, Revolution ? Réponse : non.

Mon Pronostic : après l’embrouille Alcatraz l’année dernière, et même si je veux bien croire à tout le talent de Eric Kripke, je ne crois pas que public va se faire avoir une nouvelle fois. Revolution a bien démarré mais je mise sur un effondrement tout au long de la saison et une annulation à la fin de l’année. Parce que même NBC ne pourra pas soutenir un tel projet jusqu’au bout, si ?

PS : après avoir vu le deuxième épisode, je sais exactement à quoi sert Revolution : vous occuper pendant une session de sport. Même si vous avez la tête ailleurs, si vous parlez à votre voisin ou si vous vous focalisez à battre votre record, vous ne vous perdrez jamais dans cette série dont on attend tranquillement que les rebondissements, prévus à l’avance, arrivent, tout en sachant qu’il n’y aura pas de vraie surprise avant… pfiou… la fin de la saison.

Exceptionnellement, vu le programme particulièrement chargé de la semaine prochaine, on se retrouve une première fois jeudi soir (si tout va bien) puis à nouveau dimanche soir pour parler au total de trois fins de saison et de pas moins de onze nouvelles séries ! Ca y est, la rentrée démarre !

Pour le retour du conseil du lundi, absent depuis quelque temps pour cause de grand bilan de l’année, on fait coup double avec la critique de la saison 2 de Men of a Certain Age, et celle du pilote de Alphas. Entre réalisme sur les cinquantenaires et série fantastique avec des super pouvoirs, il va falloir choisir.

Aussi peu originale que son affiche le laisse suggérer, Alphas était pourtant le show le plus attendu cet été sur Syfy… peut-être aussi parce que c’était la seule nouveauté ! Créée par deux inconnus au bataillon, la série repose sur l’opposition entre deux groupes de personnes aux habilités surhumaines, dont l’un les utilisent pour commettre des crimes, et l’autre (nos héros) pour les en empêcher. Après tout, pourquoi pas ?

Le problème, visible dans les dix premières minutes du pilote, c’est que même si l’histoire repose sur une base sympathique et pourrait s’avérer convaincante au fil du temps (on surveillera attentivement le fil rouge, le feuilletonnant, qui pourrait faire la différence), les scénarios, eux, sont fichtrement mal foutus. Après une introduction plutôt sympathique, le pilote s’attarde à nous présenter chacun des personnages et son pouvoir d’une manière automatisée, peu inventive et extrêmement artificielle. On ne plonge pas du tout dans la série, on fait plutôt un gros plat qui fait mal sur le flot de sa narration. Le reste du pilote se cantonnera en permanence à ce problème : si l’intrigue est assez maligne (avec du joli twist pour la fin), les séquences en elles-mêmes sont relativement creuses, les dialogues beaucoup trop explicites, et les rares tentatives d’humour tombent généralement à plat.

Le problème posé par ces scénarios peu convaincants et d’autant plus dommageable que la réalisation peine franchement à convaincre et se révèle d’une certaine mollesse dans les scènes d’action. Il semble que la production ait une volonté de créer une ambiance vraiment différente, de tout faire pour s’éloigner de Heroes (qui partage quelques points communs), mais les partis pris ne sont pour l’instant pas vraiment satisfaisant. Ajouter à cela une production value qui propose des effets spéciaux vu et revu cent fois, et on comprendra aisément que le visuel de la série soit relativement décevant.

Enfin, le plus gros problème qui se présente dans ce pilote, c’est bien le casting des personnages du show. Si les acteurs ne sont pas mauvais (on ne pas non plus dire qu’ils sont bons, hein…) les rôles qu’ils incarnent méritent qu’on s’attarde dessus tant ils nous semble ratés. Il y a d’abord la femme fatale qui peut influencer ceux qu’elle regarde droit dans les yeux : très formatée dans son traitement, elle semble de plus complètement hors du coup et de la manière dont son géré les autres personnages, comme si elle s’était trompée de série. Le gros noir qui peut devenir très fort en situation de stress et qui devrait apporter le sérieux du groupe (c’est aussi un agent du FBI si j’ai bien compris) semble détesté par tous les autres membres du groupe, si bien qu’on ne cesse de se demander ce qu’il fout là. La petite capable de synesthésie est quant à elle particulièrement naïve et gentillette et on a envie de la secouer pour la faire sortir de son monde. Mais le pire, c’est bien l’ado atteint d’asperger et qui voit et contrôle toutes les transmissions sans fil, pouvoir intéressant s’il en est mais maladie qui le rend totalement insupportable et qui donne envie de le brûler au bout de vingt minutes. Reste le vieux savant chef du groupe et le futur petit nouveau doté d’hyperkinésie (faites un tour sur wikipedia), absolument pas originaux mais au moins supportable.

Final Score : un tout petit 3/5.
Bof bof bof, c’est ce qu’on ne peut s’empêcher de penser à la vision de ce pilote de Alphas qui ne secouera guère les masses. Une erreur de casting pour l’instant catastrophique, une réalisation et une production value sans intérêt, ainsi que des scénarios relativement mal foutus, viennent plomber une histoire sympathique et un fil rouge qui pourrait faire la différence au fil de la saison. Pas désagréable mais absolument pas intéressant pour l’instant.

Deuxième saison de Men of a certain age, l’occasion de retrouver sur TNT les sympathiques Ray Romano, Andre Baugher et surtout Scott Bakula, presque totalement disparu de nos écrans depuis les vieux jours de Quantum Leap (Code Quantum). Trois hommes proches de la cinquantaine, qui tente de (re)faire leur vie. Pour ceux qui aime l’ultra réalisme.

Car il faut bien l’avouer, il n’y pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent depuis la première saison. Joe tente bien de draguer quelques femmes, joue les récolteurs de pari, et finit par monter sur le green pour une palpitante partie de golf ; Owen récupère le garage de son père et tente comme il peut de faire survivre la société ; et Terry abandonne définitivement ses talents d’acteur pour aller vendre des voitures. Au passage, il tombe réellement amoureux, ce qui l’emmerde bien.

La recette fonctionnait assez bien dans la première saison, elle marche toujours ici. Rien de surprenant, juste une lente étude de crise de milieu de vie, avec des personnages extrêmement travaillés mais des scénarios qui frôlent la syncope. Côté réalisation et production value, on fait dans le minimalisme à outrance, pas question que l’image vole la vedette aux acteurs qui, il faut bien l’avouer, représentent bien 90% du potentiel sympathie de la série.

Malheureusement pour le trio, TNT a décidé de ne pas renouveler la série pour une troisième saison. D’autres networks seraient intéressés pour la reprendre, so wait and see. Mais autant vous l’avouer : très franchement, la disparition de Men of a Certain Age n’attristera que les plus élitistes tendus du slip en terme de série.

Final Score : 3/5, série annulée après sa deuxième saison.
Men of a certain age tire (potentiellement temporairement) sa révérence. Et, comment dire, ça ne nous fait ni chaud ni froid. Pas mauvaise mais pas vraiment palpitante non plus, la série n’est jamais devenue un incontournable. Fan d’ultra réalisme, vous pouvez toujours lui donner sa chance, les autres vous pouvez déjà oublier jusqu’à son titre.

On termine ce petit tour d’horizon des nouvelles séries qui ont débarqué pour l’été (et on se retrouvera seulement fin juillet pour les autres nouveautés qui vont arriver maintenant au compte goutte) avec le retour d’une actrice Disney particulièrement agaçante, un duo d’avocat (mais pas en salade), un hobbit qui parle à un chien (si si, je vous jure) et une psychothérapeute face à des joueurs de foot…

Qu’on se le dise, Raven Simoné est de retour ! Si vous ne connaissez pas Raven, c’est que vous n’avez pas d’enfant et/ou que vous ne vous intéressez pas aux programmes jeunesses préparés fièrement par le groupe Disney pour nos petites têtes blondes ! Actrice, chanteuse à la carrière fulgurante (on ne se souvient déjà plus de son hit), la jeune femme revient dans State of Georgia pour montrer à tout le monde qu’elle en a encore sous le capot.

On retrouve donc Raven dans une sitcom destinée aux nouveaux mercredis comédie de ABC Family (qui tente donc de copier sa grande soeur ABC qui assure depuis deux ans des mercredis sitcom qui cartonnent). En duo avec (l’assez déprimant) Melissa & Joey, State of Georgia tentera de nous faire rire avec les aventures de Georgia, une aspirante actrice qui vient de débarquer à New York avec sa meilleure amie… en l’occurrence une science geek (la geeksploitation continue de faire des ravages). Il semblerait que par la suite l’es copain de Georgia, toujours aussi amoureux d’elle, débarque, bien décidé à la ramener à la maison, mais il ne fait aucune apparition dans le pilote.

Et ce pilote, justement, il est loin, très loin, d’être convaincant. Le duo avec Majandra Delfino, vu sporadiquement depuis ses années dans Roswell (dans laquelle elle est pourtant assez convaincante), ne fonctionne pas du tout tant Raven prend de la place, assume (trop) ses blagues et se paie la part du lion. Delfino fait toute petite, un peu perdue, sans doute décontenancée de se retrouver dans des décors criards très disneyen. L’humour est franchement éculé, les personnages sont des stéréotypes sur patte et ce n’est pas le petit passage sur “hey les filles, assumons nos formes” (certes fort sympathique) qui va faire passer la pilule. Je crois que le summum est atteint quand Raven joue une scène de sexe métaphoriquement interprétée sur le mode du “je vais te faire croquer mon bon poulet frit, monsieur qui organise le casting avec le rôle que je veux obtenir…”

Final score : 2/5
On n’attendait pas grand chose de ce State of Georgia, et pas de surprise : c’est juste pas terrible du tout. Daté, peu drôle, un poil racoleur quand Raven en fait des tonnes pour nous montrer qu’elle assume ses formes, voici une sitcom qui s’écoule en fond sonore en faisant la vaisselle, mais vous ne tiendrez pas vos vingt minutes de vélo elliptique face à ce programme beaucoup trop coloré pour quiconque a passé ses dix ans.

Sur TNT, on a lancé Franklin & Bash, legal show qui marque sa différence en faisant une large part à la comédie. Sur USA, on vient de lancer Suits, legal show lui aussi, reposant sur un duo d’avocat lui aussi, mais qui se veut beaucoup plus sérieux, intelligent et classe. Et se permet même d’être énormément feuilletonnant. Bonne idée ou programme résolument trop pompeux ?

Comme souvent avec les séries USA, on en prend plein la vue dés la première image. Production value éclatante, qui met en image un New York éblouissant, qui est de plus soutenue par une réalisation qui fait tout de suite preuve de beaucoup d’intelligence. Mais méfions nous de la forme et étudions un peu le fond.

Suits s’intéresse à Mike Ross, un jeune homme particulièrement brillant qui passe les concours (de fac) à la place des vrais étudiants contre de l’argent. A dix mille lieues de lui, Harvey Specter, un brillant avocat réputé pour être remarquablement froid et sans sentiment. Le second va faire un pari et employer le premier pour devenir son nouvel associé. Problème : Mike n’a jamais réellement passé son diplôme – et à cause du règlement de la firme, les deux hommes vont faire croire qu’il sort tout juste de Harvard. Le scénario, relativement classique dans son point de départ (deux hommes que tout sépare doivent travailler ensemble), prend par la suite des tournures franchement inattendues et ne s’attarde pas outre mesure sur les affaires légales si ce n’est pour faire réagir les personnages. Et ceux-ci, justement, s’avèrent finement ciselés et loin des stéréotypes dans lesquels ils auraient facilement pu tomber.

Mais l’autre vrai atout de la série est de faire une large part au feuilletonnant. Il ne s’agit pas d’un mystère énorme qui se résoudrait au fur et à mesure, mais plutôt de petits éléments qui rebondissent d’un épisode à l’autre (du moins dans les trois premiers !) et qui crédibilisent totalement l’univers. On est rapidement comblé par cette nouvelle série qui semble n’avoir, pour l’instant, que des points positifs et qui, au final, ne vient pas du tout faire concurrence à Franklin & Bash. Cet été serait-il le renouveau du legal show ? On reviendra dessus en septembre !

Final Score : 4/5
Difficile de mettre d’office un 5/5 alors que la série n’en est qu’à ses balbutiements. Mais Suits promet beaucoup, tellement d’ailleurs qu’on a vraiment peur d’être déçu par la suite. Ce n’est pas pour autant une raison de passer à côté !

Wilfred est beau, wilfred est joueur, wilfred est gentil et il ne mord pas ! Mais si pour tout le monde Wilfred est un joli chienchien, pour Ryan, aka Elijah Wood, aka une espèce de salle petite bestiole qui veut jeter des anneaux dans le feu, c’est un monsieur avec un costume de chien. Un monsieur qui fume, boit, vanne, et lui fait faire tout ce qu’il ne devrait pas. Oui, Wilfred, c’est avant tout un pitch de malade mental.

Bon avant que tous les fans ne s’emballent, je m’empresse de rappeler que Wilfred n’est pas une création de FX, le petit network américain qui le diffusé, mais une série australienne, dans laquelle Jason Gann interprétait déjà le fameux chien – et c’est aussi l’un des trois créateurs de cette idée merveilleuse. Car autant vous le dire tout de suite, non seulement le pitch assure, mais la série aussi ! Le pilote est incroyablement drôle et bien branlé, une vraie petite merveille qui fera rire vos amis à tous les coups (c’est donc l’occasion de briller en soirée en leur diffusant ces jouissives vingt minutes). Même Elijah est touchant, et il faut bien avouer qu’avec son regard tombant on ne sait plus si c’est lui le chien (battu) ou le Wilfred qui est en train de sodomiser un ours en peluche ou de se frotter sur la jambe d’une serveuse. Allez, barrer vous vite mater cette merveille et ne revenez qu’une fois que ce sera fait !

Final Score : 5/5
Note maximale car ce pilote est assurément un immanquable. On verra plus tard pour la suite de la série… En fait, on a qu’une envie, c’est regarder les deux saisons australienne pour voir si c’était déjà aussi génial !

On termine avec Necessary Roughness, l’histoire d’une thérapeute en plein divorce qui, pour assurer ses revenus et soutenir financièrement ses deux gosses et sa mère, se voit contrainte d’accepter un énorme contrat… avec une équipe de football américain. Deux mondes en confrontation frontale, des caractères forcément fort qui s’opposent, la série promet d’être un combat de tous les instants. Est-ce suffisant pour nous intéresser ?

Autre nouvelle série de USA (avec Suits), Necessary Roughness partage trois points communs : un personnage central très fort, une production value réussie et une réalisation franchement intelligente (mis à part dans les toutes dernières minutes du pilote, mais c’est la faute à un scénario qui tourne un peu court). Donc si votre priorité c’est que la série soit belle et bien interprétée, vous pouvez y aller franchement.

Ceux qui s’intéressent plus particulièrement au scénario seront finalement un peu le cul entre deux chaises. Certes les personnages sont finement ciselés et et Callie Thomas incarne magistralement une Dr Danielle Santino particulièrement jouissive (surtout lorsqu’elle remet en place un gros black qui fait deux fois sa taille), certes l’intrigue générale est plutôt intéressante et l’idée de voir des sportifs forcés d’aller en thérapie laisse présager du meilleur, mais c’est justement au niveau de la thérapie, de la manière dont elle est traitée relativement par dessus la jambe que le bat blesse. La résolution des conflits intérieurs est – pour l’instant – trop facile et trop rapide, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi à un moment donné le patient semble enfin accepter ses problèmes.

Final Score : 3/5
Ce pilote est beau, magistralement interprété, mais le scénario un peu bancal par moment fait frissonner pour l’avenir. On espère vraiment que la suite sera plus rassurante, mais pour l’instant Necessary Roughness reste une belle coquille un peu vide.

Pour la quatorzième partie de notre bilan de l’année, fallait bien qu’on s’intéresse d’un peu plus près aux cop-shows. Sélection.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Southland n’est définitivement pas un cop show comme les autres. Abandonnée par NBC après sa deuxième saison, la série est rachetée par TNT qui décide d’en produire une troisième fournée d’épisodes. Passer d’un gros network à un petit est toujours risqué : les coupes budgétaires sont franches et il faut forcément faire du vide dans le casting. Du coup, comment s’en est sorti Southland cette année ? Réponse tout de suite.

La première différence qui saute aux yeux par rapport aux autres cop-shows c’est que Southland est réalisée à la manière d’un mockumentary. Si la série y gagne en dynamisme et en réalisme, elle ne joue pas vraiment le jeu en incorporant des scènes de la vie privée qui ne pourraient être tournée par une équipe réalisant un documentaire. C’est heureusement un moindre défaut, vite oublié et qui ne fait  pas douter de la crédibilité du reste de l’univers.

Cette année, les “enquêtes” si on peut utiliser ce mot, sont toujours aussi rudes et crues, et il est rare qu’il y ait un vrai mystère sur le coupable. C’est plutôt la manière de l’appréhender, de faire avec les innombrables problèmes que pose la ville de Los Angeles, qui intéressent les auteurs. Et quand un personnage important se fait tuer, c’est brutal, sans emphase, si bien qu’on a même du mal à y croire pendant un moment (on se dit que non, il va revenir !) Au final, les coupes budgétaires sont parfaitement contrebalancée par une production value encore plus créative et une réalisation extrêmement intelligente – si bien que, s’il n’y avait la petite réduction de casting, on aurait du mal à croire que la série a moins d’argent.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
Assurément le cop-show le plus réaliste et le plus original encore diffusé cette année, Southland est assurément un immanquable auquel seuls quelques uns pourront reprocher parfois de très légèrement tomber dans le pathos (et encore, cette troisième saison semble résolument régler ce problème). Très intelligemment réalisée, magnifiquement interprétée, Southland est tout à la fois un bonheur pour les yeux et pour la tête. Un immanquable on vous dit !

Detroit 187 aurait sans doute voulu être la nouvelle série policière à la mode. Son idée pour se différencier est de mêler dans chaque épisode trois vraies enquêtes, trois intrigues placées au même niveau. Une structure nouvelle et plutôt intéressante…

Et surtout qui apporte un rythme terriblement efficace qui empêche totalement de décrocher. Detroit 187 est donc un vrai plaisir à regarder, d’autant plus qu’on y retrouve le très sympathique Michael Imperioli qui nous avait quelque peu manquer depuis les Sopranos.

Malheureusement, la série a aussi son lot de problème. A commencer par une production value vieillotte, qui ferait presque passer NYPD Blue pour un modèle de modernité. Quant à la réalisation, elle est tout simplement dépourvue d’idée et se contente de “faire de l’image” comme dans les vieilles séries des années 80. Et si Imperioli est plutôt bon, il ne peut s’empêcher à certains moments d’en faire des tonnes – la faute à une gestion de son personnage assez catastrophique, qui en fait le seul intervenant absolument pas réaliste du show.

Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.
Original dans sa structure, Detroit 187 perd toute modernité à cause de sa réalisation pataude et sa production value complètement à la ramasse. Le personnage d’Imperioli n’est jamais crédible et vers la fin de la saison, la série se perd dans un fil rouge qui n’a strictement rien à faire là. Dommage, le soufflé retombe totalement.

Law & Order : Los Angeles, dernière venue de la célèbre franchise qui repose sur une première partie d’enquête policière et une seconde de procès, n’a pas fini sa diffusion (le dernier épisode est programmé pour le 11 juillet) mais on peut d’ores et déjà vous donnez un avis sur cette nouvelle déclinaison. Vous l’aurez deviné, ce n’est pas bon signe.

Il faut dire qu’avec un changement de casting en plein milieu de la saison, une programmation des épisodes dans le désordre, et une certaine fatigue de la formule qui a tout de même plus de vingt ans, ce L&O : LA ne partait pas forcément sur de bonnes bases.

Et autant dire que ce n’est pas la réalisation, super datée, ou le casting, qui en fait mais alors des tonnes, qui va arranger ça ! La production value est passable, mais ne fait pas vraiment de miracles. Au final, on a juste l’impression de se retrouver face à une cinquième version de la même série, sans réelle originalité, qui se laisse regarder tard les soirs d’insomnie mais c’est tout.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
La diffusion dans le désordre n’aura pas vraiment aidé ce Law & Order : Los Angeles à dépasser ses nombreux défauts. De toutes façons, la formule est fatiguée et ne fait plus vraiment mouche. Vite fait, vite regardé, vite oublié.

Cette année, Criminal Minds s’offrait un spin off pour fêter sa sixième saison. Testé dans un épisode l’année dernière, cette série dérivée m’avait tellement motivée que je ne l’ai pas regardé. Pas vraiment un souci vu qu’elle est déjà annulée et qu’elle n’aura eut que très peu d’incidence sur la série mère. Et celle-ci, que valait-elle cette année ?

C’était la saison des départs. Adieu A.J. Cook, après le deuxième épisode, puis adieu Paget Brewster au dix-huitième. Bienvenue à Rachel Nichols, même si on sent qu’elle n’est vraiment là que pour reprendre le rôle de Cook, tant leurs personnages sont similaires. Et au final, car autant vous spoiler le cliffhanger de fin de saison le plus pourri de l’année, rebonjour A.J. Cook qui n’était donc partie que pour s’occuper de son nouveau né.

A part ça, quoi de neuf ? Et bien, en toute sincérité, rien. Rien du tout. Maîtresse en terrain conquis car seule concurrente, Criminal Minds continue de confronter des super profilers à des tueurs en série tous plus barrés les uns que les autres. Un peu plus sombre, un peu plus trash, la série fait comme elle peut pour retenir des téléspectateurs qui partent tranquillement vers d’autres horizons.

Final Score : 4/5 pour les fans, 3/5 pour les autres.
Les fans de la série ne peuvent pas manquer cette saison qui fait un point final à la trajectoire de Prentiss. Les autres n’y verront qu’un cop show de plus, plutôt bien branlé et un peu plus noir que d’habitude (à définitivement ne pas mettre entre les mains des plus jeunes) mais à part ça, rien de bien folichon.

Bon, ok, ils ont l’air un peu cruche, là, comme ça, sortant tout frais de l’eau, sur la photo, à bander leurs muscles comme pour un concours de policiers en t-shirt mouillé, mais je vous assure que les petits gars d’Hawaii Five-0 ne sont pas autant des branquignoles qu’on aurait pu le croire. Et pourtant, on s’était bien foutu de leur gueule à la présentation du show.

Remake de la célèbre série des années 70 qu’on appelait par chez nous Hawaii police d’état, cette version moderne affirme des ses premières minutes ses deux plus gros points forts : une réalisation irréprochable et une production value qui en met tellement plein la vue qu’on se souvenait pas avoir vu quelque chose d’aussi racé depuis fort longtemps. Bon, ok, j’exagère un peu, mais là où je m’attendais à voir un show relativement bidon et expédié à l’arrache, je fais face à une série dont le budget me titille à l’oreille que pour la chaîne elle est de grande envergure.

Maintenant, un cop show ça tient surtout sur ses personnages et sur ses scénarios. Du côté des membres de cette strike team de force, à laquelle la gouverneur de Hawaii donne les pleins pouvoirs pour résoudre toutes sortes d’enquête, il faut bien avouer que de prime abord on a plus l’impression d’un ramassis de clochard sans série fixe (de gauche à droite ça vient de Moonlight, Battlestar Galactica, Lost et, ah fuck, juste un spécialiste des second rôles au cinéma) que d’une vraie sélection. Et si on n’aurait pas tout à fait tort, il faut bien avouer que l’ensemble fonctionne plutôt bien, avec des personnages bien typés ayant chacun leur passé, leur points forts et faibles et leur caractère bien trempé. Mention spéciale aux petites engueulades entre les deux vrais héros (tout à gauche et à droite) qui sont juste hilarantes.

Car au niveau du scénario, les auteurs misent sur trois éléments clés : une enquête policière qui assure (et franchement, elles assurent), de l’action (hyper spectaculaire) et de l’humour. Beaucoup d’humour. Du coup, la série ne se prend jamais vraiment trop au sérieux et sait dédramatiser un moment trop tendu avec une bonne réplique cinglante. Et puis il ne faut pas oublier le feuilletonnant, assez anecdotique au début (le héros se demande comment son papa de flic est mort) mais qui devient de plus en plus passionnant au fil des épisodes. Le season finale est jouissif et le cliffhanger de fin est l’un des plus malins vu depuis fort longtemps.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Hawaii five-0 se révèle très loin de la grosse daube annoncée : drôle, intelligemment ficelé, avec des personnages très attachants, elle se permet en plus le luxe de vous en mettre plein la vue. Une excellente surprise pour ceux qui cherchent une série fun mais pas stupide pour autant.

Sept ans que ça dure ! Après plus de 150 épisodes, CSI : NY semble siffler son chant du cygne dans son season finale qui fait un dernier tour de New York. Pourtant la série est reconduite pour une huitième saison ! Gary Sinise sera-t-il toujours de la partie ? C’est la question à cent mille dollars. En attendant, jetons donc un coup d’oeil à l’année qui vient de s’achever.

Ce sera donc la première saison sans Melina Kanakaredes qui laisse sa place à Sela Ward sans que cela ne vienne vraiment changer nos habitudes. Côté intrigue un peu feuillentonnante, on retrouve Mac confronté à son ancien formateur, devenu un poil bagarreur, et à un ancien détenu fraîchement libéré alors que c’étaient eux qui l’avaient envoyé sous les verrous.

A part ça, rien de neuf. On retrouve la production value typique des CSI et une réalisation plutôt clean. Les scénarios sont plutôt bien fichus, même si on commence à sérieusement se lasser du traditionnel “c’est de l’herbe qui pousse dans cette micro région de New York”. Bref, on nage en plein terrain connu et vu le succès de la franchise il n’y a pas de raison que ça change !

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une huitième saison.
Bon, il faut bien avouer qu’on commence un peu à se lasser des CSI en tout genre. A part ça, il faut reconnaître que la qualité est toujours au rendez vous mais on aurait aimé que la série commence à prendre un peu des risques histoire de nous titiller un peu.

Still the worst joke ever.

Il est temps mes amis. Il est grand temps d’en finir avec ce programme magnifique que nous ont concocté les chaines US pour l’été. Suite et fin du tour d’horizon des trailers des nouvelles séries de l’été. (Promis, ce post est garanti sans Teen Wolf inside. Ah ben merde, ça y est c’est fait.) Et sinon, c’est par ici pour la première partie, et ici pour la deuxième !

httpv://www.youtube.com/watch?v=zUSFjuEOnmk&feature=related

On commence avec NBC qui nous propose Love Bites, série pour laquelle je vous mets au défi de trouver un vrai trailer. Du coup, on se contentera d’un montage des différentes scènes de Jennifer Love Hewitt dans son propre rôle pour le premier épisode. Car oui, Love Bites propose de magnifiques guests dans chaque épisode (du moins, c’est ce qui est écrit sur le site de la chaîne), guests qui interviendront dans les histoires d’amour de trois couples (?) ou plutôt de trois “loosely connected love stories.” Si quelqu’un y comprend quelque chose… De mon côté, j’attendrai de voir le pilote pour me faire un vrai avis car je suis quelque peu sous le charme du casting : on retrouve Becky Newton, la seule à être restée drôle jusqu’à la fin de Ugly Betty, mais surtout le gros Greg Gunberg, vrai héros de Alias, pilote mort dans le pilote (hé hé) de Lost, et comique malgré lui en policier télépathe dans Heroes.

Annoncée pour le mois d’Aout, Friends with benefits, pourtant de Brian Grazer, l’un des cerveaux responsables de Arrested Development, pue la série pas drôle de trentenaires nombrilistes. Je vous le donne en mille : nous voici face au destin d’un homme qui cherche la femme parfaite et qui en attendant couche avec sa meilleure amie. De son côté, elle fait pareil. Mais, oh mon dieu, seraient-ils faits pour être ensemble ? Le suspense est vraiment trop insoutenable… Et quand on voit les gueules du casting, on se demande bien où la production est allée pécher des acteurs pareils (et je dis bien pécher car ils ont vraiment le charisme d’une boite de thon de marque distributeur) ! Gros fail pour NBC cet été ? on verra bien…

httpv://www.youtube.com/watch?v=YkAnRIug014

Heureusement, Nicktoons pense à nous et nous proposera ce qui est sans doute le dessin animé le plus moche de la deuxième décennie du XXIème siècle (ouais, je joue la carte de l’avenir.) Mais qu’est-ce donc que ce Voltron Force ? Tout simplement le remake de Voltron tout court, série animée des années 80 qui me paraît bien plus belle à l’époque. J’imagine que les connaisseurs crient déjà au scandale et que tous les autres n’ont en strictement rien à foutre, du coup, on ne va pas s’appesantir là dessus…

httpv://www.youtube.com/watch?v=0zHxFaFAU1w

LA nouveauté de l’été chez SYFY, c’est de mélanger CSI (ou NCIS, au choix) avec Heroes, pour obtenir Alphas, un show sur un groupe de personnes dotées de facultés extraordinaires et qui vont apparemment mener des enquêtes. Rien de bien nouveau sous le capot donc, et comme c’est chez Syfy, on peut autant s’attendre au meilleur qu’au pire. Du coup, vivement le 11 juillet pour voir le pilote !

httpv://www.youtube.com/watch?v=R3Mo1HtuYgs

Showtime redonne sa chance à Lisa Kudrow, l’irrésistible Phoebey, compositrice de “Smelly Cat” dans Friends, avec Web Therapy, une nouvelle “concept comedy” sur une thérapeute qui fait des sessions de trois minutes… sur internet. On aimerait ne pas assister au même désastre (strictement en terme d’audience) que The Comeback, autre série hystériquement drôle avec Lisa Kudrow mais qui n’aura convaincu aucun spectateur américain. Du coup, remettons nous en aux grandes qualités des patrons de la chaîne pour qu’ils ne tuent pas ce nouveau bébé fort sympathique dans l’oeuf.

httpv://www.youtube.com/watch?v=E4_XmeDaR0k

TNT nous propose un nouveau legal show dont la principale originalité est qu’il est bourré d’humour, on va donc vraiment rire avec Franklin and Bash et il y a beaucoup de choses à dire sur… NON STOP ! Un show avec Mark Paul Gosselaar (rah putain, comment c’est dur à écrire son nom), LE Zack Morris qui a baigné notre enfance dans Saved by the bell (oui, ok, Sauvé par le Gong, j’ai voulu me la péter, là…) ne se manque jamais. Surtout qu’ils ne durent jamais très longtemps…

httpv://www.youtube.com/watch?v=SjroVVhe8G0

TNT. Noah Wyle. Moon Bloodgood. Aliens. Dreamworks. Aliens by Dreamworks. Steven Spielberg. Falling Skies.

Ca devait arriver. Je le savais. Pourtant, j’avais prévenu du monde, je leur avais dit : profitons de la fin de Une Nounou d’enfer (The Nanny) pour brûler Fran Drescher. Mais voilà, on ne m’a pas écouté, et du coup, TV Land, qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de sitcom infâme, va remettre le couvert avec la brune la plus antipathique du monde. Et dire que je vais me forcer à regarder au moins cinq épisodes histoire de vraiment pouvoir confronter des arguments aux déjà futurs fans. So help me god. Happily Divorced, not viewed.

httpv://www.youtube.com/watch?v=Zq7cM5c_vTg

USA Network ne se cache pas de miser avant tout sur des personnages forts, en tous cas bien plus que sur des concepts excitants. Du coup, on a un peu le cul entre deux chaises avec Necessary Roughness, l’histoire d’une thérapeute qui pratique l’amour vache avec des joueurs de football américain et autres stars franchement dérangées. Alors, génial ou banal, ça donne envie ou c’est chiant comme la pluie ? Seul le pilote, diffusé le 29 juin, pourra nous en dire plus…

httpv://www.youtube.com/watch?v=uYNDZtdhL8w&feature=related

Prenez le texte précédent sur Necessary Roughness, copier / coller, changer juste le pitch : cette fois, c’est l’histoire d’un petit génie qui devient avocat sans faire de fac de droit, allié à un vrai avocat super doué mais presque dépourvu de sentiment. C’est Suits, show qui peut lui aussi s’avérer formidable ou désastreux. Heure de vérité le 23 juin (et oui, j’ai bien conscience que cette phrase ne tient pas debout.)

On terminera avec ce qui me semble être le premier vrai drama de VH1 (mais je peux sans doute me tromper), à savoir Single Ladies, produit par Queen Latifah herself. Détruit par la critique qui n’y voit que des personnages féminins tellement superficiels qu’ils en feraient douter qu’il y a des femmes parmi les scénaristes de la série, encensé par les internautes un peu hip hop (aller voir leur critiques sur youtube, c’est fabuleux), difficile de porter un jugement de prime abord sur ce qui semble être une sorte de Sex and the city multiracial. Faudrait que j’arrive à convaincre chérie de regarder le pilote (de 01h21) avec moi, mais je doute qu’elle adhère vraiment – il me semble qu’il n’y aura pas de robot dans cette série !

Voilà pour ce long tour d’horizon de nos séries de l’été… et je vous promet pour très bientôt un avis ferme et définitif sur au moins quatre pilotes, histoire de savoir si ces trailers nous ont menti, à tort ou à raison. Sur ce, n’oubliez pas d’aller à la plage quand même (ou de vous poser en terrasse pour boire quelques pintes en discutant de ces petites incohérences scénaristiques dans Game of Thrones qui ne cessent de vous réveiller en pleine nuit.)

Pour le premier post de 2011, je me suis longtemps demandé quelle serait la première série dont je parlerai. Force est de constater qu’à ce jour, aucun show n’aura été aussi puissant, magistral et inoubliable que Battlestar Galactica. Après avoir revu la quatrième (et dernière) saison en moins de trois jours, je sais qu’aucune autre série ne saura autant me faire voyager, réfléchir, pleurer, me poser des questions sur la nature même de l’humanité ou encore me faire siffloter des chants pseudo irlandais comme cette immense série de SF. Alors à tous ceux qui ne jurent que par The Sopranos ou The Wire, voici mon conseil du jour : laissez vous tentez par Battlestar Galactica. Une chose est sûre, vous n’en sortirez pas indemne.

Première affiche...

Pour ceux qui n’ont pas le temps de refaire le monde en regardant l’une des meilleures séries de tous les temps mais qui cherchent une petite série passée quasi inaperçue qu’ils pourront recommander dans les soirées huppées de la capitale, mon conseil sera de vous penchez sur Men of a certain age. Cette petite série de TNT, créée en partie par Ray Romano alias l’insupportable Raymond de Everybody loves Raymond, conte les mésaventures de trois hommes d’un certain âge (on va dire qu’ils sont plus proche de la cinquantaine que de la quarantaine) qui vivotent dans une espèce de petite banlieue assez morne. Men of a certain age partage un curieux point commun avec Battlestar : si la série de SF compte dans ses rangs Dean Stockwell, alias Al de la série Quantum Leap (Code Quantum), le show de TNT propose de (re)découvrir Scott Bakula, l’autre héros de Quantum Leap, qui n’a pas si mal vieilli…

Hummm.. deuxième affiche...

Men of a certain age n’est certainement pas la série qui va tout révolutionner ou dont vous vous souviendrez encore dans quinze ans, mais c’est sans doute la meilleure série à conseiller à toutes ces personnes qui ne regarde pas de séries car le cinéma c’est tellement mieux. Vous connaissez forcément une personne comme ça, qui se moque de l’histoire car elle préfère les silences des personnages entre deux plans, la poésie limpide d’une image de voiture qui s’éloigne, la douce brise de savants dialogues qui se heurtent dans la réalité de notre monde… Bref, vous voyez l’idée.

Mouais... y a pas comme un motif qui se répète là?

Vous voilà donc pourvu d’un excellent conseil pour briller en société en ce début d’année 2011. Au cas (très rare) où vous tomberiez sur quelqu’un qui a déjà vu la première saison (la deuxième venant de débuter en décembre) rigolez donc quand elle vous parlera du super vendeur de voiture black et d’un sourire étincelant répliquez : “mais faut bien avouer qu’il n’a eut que ce qu’il mérite à la fin. Il était vraiment trop pédant !” N’oubliez pas de lancer quelques : “ce Scott Bakula, il est vraiment pas mal. Un acteur qui joue un acteur aussi bien… quelle magnifique mise en abyme.” Sans oublier de conclure sur : “non, le seul problème, c’est Ray Romano. Il faut absolument faire quelque chose pour sa manière de parler.” Et là, vous verrez, vous serez le phoenix de la magnifique soirée dans laquelle vous vous trouvez.