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Bonjour à tous !

Je sais que je vous avais promis du changement pour ce lundi au pire (il y a même un moment où j’ai cru que j’aurai le temps de le faire pour le lundi de la semaine précédente !!!) mais malheureusement les aléas de la vie font que ce ne sera pas encore le cas… Je ne vous abandonne pas pour autant et je vous laisse même avec du contenu exceptionnel – en tous cas pour ceux qui comprennent l’anglais à l’oral. Une interview de Matthew Weiner (de Mad Men) et de David Simon (de Treme et The Wire), menée de main de maître par Eric Vérat et toute son équipe !

httpv://www.youtube.com/watch?v=T_lbfwS3mHg

Rendez vous mercredi soir…

Alors que je découvre tout récemment l’existence des “extensions” pour google chrome, je me pose une question concernant l’extension gmail : à travers le navigateur internet, le moteur de recherche et la messagerie mail, est-ce que google ne serait pas un peu en train de se manger la queue ? Ou, tout simplement, n’est-ce pas une excellente manière de faire de l’auto-référence, nous renvoyant ainsi constamment, nous autre pauvres utilisateurs, à ce petit g minuscule qui nous fait tant rêver ? Aucun rapport avec les séries, me direz vous. Et bien, pas si sûr que ça…

Et dire que quand j'étais jeune j'étais amoureux d'elle !

Il y a deux jours, alors que j’étais plongé à fond dans le crossover le moins crossoverisé du monde (mais on en reparlera une autre fois), j’assiste à une discussion surréaliste dans Life Unexpected. La patronne d’un des héros essaie de deviner quel genre de fille il aime ou il aurait aimé quand il était ado. Le héros en question est l’ex de Cate Cassidy, jouée par Shiri Appleby, et bien entendu il est toujours amoureux d’elle. Et il a eut une petite fille avec elle quand ils étaient ados. Vous suivez toujours ? Là, la patronne lui décrit une jeune fille brune, avec des caractéristiques assez spécifique et balance soudain : en fait, ce que tu cherchais ado c’était une fille comme la petite brune de Roswell (bon, je vous la fais grosso-merdo, je vais pas rechercher exactement ce qu’elle lui dit !)  Vous n’y êtes toujours pas? Shiri Appleby est bel et bien l’actrice qui jouait la petite brune de Roswell il y a quelques années ! Mais alors, WTF, l’auto-référence, typiquement banni des séries depuis des années, serait-il le genre d’humour qui revient à la mode?

Y a pas à dire, ces asiatiques c'est vraiment les meilleurs pour faire de l'animation.

httpv://www.youtube.com/watch?v=DX1iplQQJTo&feature=player_embedded#!

Depuis l’année dernière, les Simpson, dans leur fin de générique, tapent de plus en plus sur les propres codes de la série et sur la FOX, la chaîne qui les diffuse et le studio qui les produit ! Mais l’introduction de l’épisode 3 de la saison 22 nous montre carrément tout le processus de création de la série dans une usine asiatique où les conditions de vie sont atroces… alors que la série se fait justement en Corée du Sud ! Une attaque sérieusement méchante et corrosive, mais qui semble s’être faite avec l’accord des responsables de la FOX : comme quoi, l’humour est peut-être plus fort que tout (en tous cas, il fait vendre.) Mais la série qui a sans doute le plus fait basculer les choses, c’est Community, petite sitcom sortie dans l’anonymat le plus complet l’année dernière et qui ne cesse de grappiller des spectateurs et de se faire un petit trou parmi les grandes séries. Au départ, il s’agit de la vie d’un groupe d’étudiants de tous âges dans une fac public peu cotée, qui se réunisse pour réviser leurs cours d’espagnol. Un pitch pas très drôle, mais la série va vraiment prendre son essor grâce au personnage d’Abed, un fanatique de série qui ne cesse de comparer ce qui se passe dans sa vie (et celle de ses amis) à des épisodes de sitcom. Peu à peu, Community va se moquer de ses propres ficelles, s’auto-critiquant pour notre plus grand plaisir. Alors n’hésitez plus, scénaristes et créateurs de séries, moquez vous de vous-même : on n’a pas fait mieux pour (re) faire rire.

(Vendredi, petit tour d’horizon des cinq meilleures séries de l’année dernière, puis à partir de lundi on vérifiera chaîne par chaîne si cette rentrée s’avère convaincante…)

Quand on parle de séries, il y a quelques noms qui font rêver. JJ Abrahms, par exemple, j’attends toujours qu’il me remette une claque comme il l’avait fait en lançant Alias ou Lost. Aaron Sorkin, dont le très attendu Social Network vient de sortir au cinéma, m’a fait fantasmer avec des scénarios aux petits oignons. Et puis il y a le père Bruckheimer, Jerry de son prénom, qui, après avoir tout fracassé au cinéma, a changé le monde du cop show avec son CSI. Qu’on se comprenne bien, Jerry est un producteur de série, pas un créateur ou un scénariste, mais voici quelqu’un qui a toujours bien su s’entourer et qui dont le nom est synonyme de succès. Enfin, jusqu’à il y a peu…

Belle affiche, bad show.

Les ennuis ont sérieusement commencé l’année dernière pour le pauvre Jerry. On vient de lui annuler Without a trace (FBI, portés disparus), Cold Case, et même Close to Home : trois cop-show portant la marque de fabrique du bonhomme et qui avaient fait leurs petits bouts de chemin. On attendait donc son grand retour, après le très oubliable The Forgotten (encore un cop show.) Car la recette Bruckheimer fut pendant très longtemps inattaquable : prenez une bande de flics, mais donnez leur une spécialité histoire de changer un peu la donne. CSI, c’était la police scientifique ; Without a Trace, l’équipe chargé de retrouver des personnes disparues ; Cold Case, l’équipe chargée des affaires classées depuis plusieurs années, The Forgotten s’intéressait à un réseau de personnes qui tente d’identifier des cadavres inconnus.

Sometimes, surgeons are just not enough.

Son retour, donc, Jerry le signe avec Miami Medical, qui prend tout le monde de court. Pour une fois, nous n’avons pas à faire à un cop show mais bel et bien à une série médicale. Le monde à l’envers? Et bien non, car en réalité, si le fond est un tout petit peu différent, la forme est toujours la même. Miami Medical s’intéresse à une équipe bien particulière de chirurgien : les meilleurs des Etats-Unis. Leur hôpital, c’est celui de la dernière heure : s’il vous reste une heure à vivre, c’est là que vous allez. Malheureusement pour Jerry, les gens sont un peu fatigués de sa formule et délaissent très rapidement le show – de plus meurtri par des personnages tous plus fades les uns que les autres. Un premier échec cuisant…

Les spectateurs ne lui courent pas après...

Cette année, donc, Jerry revient à ses premières amours avec un nouveau cop show : Chase. Cette fois, on s’intéresse à une équipe de marshalls qui poursuivent les criminels les plus recherchés des Etats-Unis. Mais la formule est encore une fois la même et la série devient fatigante dés le premier épisode. Personnages plutôt creux (l’héroïne est casse-cou car son père était lui-même un criminel recherché, ah ah ah…), intrigues rigides et peu convaincantes, réalisation dépassée : malgré un trailer qui donnait plutôt envie, la série se casse la figure à une rapidité déconcertante. Deuxième échec… (la série sera sans doute annulée d’ici la fin de l’année.)

Let them fight alone.

Ah ah, mais cette fois, Jerry a prévu le coup et a débarqué avec une autre série, cette fois franchement originale : The Whole Truth. Arpentant les dangereux sentiers du legal show (autrement dit les séries de tribunal), Jerry nous propose un concept intéressant en opposant une procureur et un avocat de la défense qui sont tous les deux les héros de la série. En effet, on alterne au fil de l’épisode entre le point de vue de l’un et de l’autre, pour nous donner tous les éléments d’une affaire… dont on ne saura toute la vérité que dans la séquence finale. Hum… qui a senti la fausse bonne idée ? Et oui, le problème ici c’est qu’on ne s’attache à aucun personnage et que l’ensemble paraît un peu trop artificiel, mécanique, pour vraiment convaincre. A la limite, si la série en entier avait reposé sur une seule et complexe affaire, pourquoi pas, mais là tenter de faire le jour complet sur un cas en seulement quarante-deux minutes, c’est mission impossible. Et encore une fois, les spectateurs ne s’y sont pas trompés et délaissent la série. Troisième échec…

J'ai pas trouvé l'affiche très bleue.

Alors que reste-t-il à Jerry ? Son avenir semble mieux se dérouler sur les petits network. Dark Blue, diffusée sur TNT, reviendra sûrement pour une troisième saison. Cette série sur des flics (encore) qui font de l’infiltration change quelque peu de la formule établie par CSI en proposant des intrigues plus complexes et surtout beaucoup plus sombres, ainsi qu’un feuilletonnant relativement important. Depuis cet été, Jerry propose sur USA, la petite série Covert Affairs, plaisante mais pas passionnante série d’espionnage dans laquelle se greffe pas mal d’éléments sentimentaux. Enfin, Jerry était en développement pour HBO en 2008 / 2009 pour une série intitulée Cocaïne Cowboys et qui devait raconter comment le trafic de cocaïne s’est installé à Miami… malheureusement, depuis, plus aucune nouvelle. Alors, certes, c’est plutôt une mauvaise année pour Jerry pour l’instant, mais ne l’enterrons pas trop vite. L’homme sait y faire, et je suis sûr qu’il va nous revenir en pleine forme. Tôt ou tard.

J’aurai pu totalement passer à côté mais, heureusement, coloc est là pour veiller à toute l’intense activité du net et des séries et m’informait hier que ce mercredi 13 octobre se déroule l’international suit up day. Cet hommage au Barney Stinson de How I Met Your Mother s’avère être un beau produit dérivé de la série puisqu’il ne vend rien d’autre que le fait de rendre honneur au célèbre dragueur. Mais il ne faut pas croire que les petits gars du marketting des gros studios qui fabriquent les shows sont des branquignols : au contraire, ils ont déjà réussi à nous refourguer des produits dérivés bien surprenants…

Vous ne voudrez plus jamais faire de la route après ça...

Un peu commun de commencer par un simple CD ? Pas tant que ça quand on sait que ce “Road Mix” fait partie intégrante de l’histoire de la série : il s’agit purement et simplement de la compile préparée par l’un des personnages dans un épisode clé de la série One Tree Hill. Un show, d’ailleurs, qui s’est beaucoup consacré à la musique. Trois OST mettant en avant des groupes assez peu connus, un déluge de “live” au fil des épisodes, et même des personnages de chanteurs qui sont de vrais musiciens en réalité, One Tree Hill a toujours eu une grande volonté musicale… et pas toujours les moyens de ses ambitions ! Malgré tout, on ne peut que les applaudir d’avoir réussi à organiser une vraie tournée pour Bethany Joy Galeotti, l’une des principales actrices de la série, dont le personnage était au même moment… en pleine tournée !

Prix de l'originalité pour la couverture...

Les américains sont profondément tarés : après la série Castle, qui met en scène un romancier de thriller qui coopère avec la police pour résoudre des enquêtes, voici… les romans de ce même Castle. Ecrit par un être assez généreux pour ne pas révéler son nom et faire vivre la légende, ce premier thriller avait même réussi à faire jouer le jeu à des critiques importantes qui avaient fait comme si Richard Castle existait vraiment et qu’il avait déjà écrit plusieurs autres romans. Aucune idée de ce que ça vaut vraiment par contre. Si quelqu’un veut bien se dévouer pour le lire…

Suit Up !

A tout seigneur, tout honneur, on ne pouvait passer à côté du fameux “Bro Code” de Barney Stinson ou les mille et un conseils pour choper une fille. Là encore, on fait vivre la légende du personnage avec sans doute plusieurs auteurs qui se cachent derrière son nom et qui n’ont ainsi pas besoin d’assumer toutes leurs blagues. Un livre qui a finalement tourné au vrai phénomène de monde, repris par un nombre incalculable de sites internet et de nombreux magazines masculins. Et pendant ce temps, il y en a qui ignore encore que tout ça, c’est la faute au docteur Doogie

Made my whish list...

Enfin, voici le toaster cylon, déjà vu dans un épisode de The Big Bang Theory. Je crois que là, il n’y a vraiment plus rien à rajouter.

Vous ne le savez peut-être pas, mais ça fait déjà pas mal d’années que je cherche la parfaite série de danse. Bien sûr, tout a commencé à cause de ça :

Si les jeunes des 80's are creepy...

Un bon vieux barbu qui ressemble au père Noel sous acide, des étudiants qui sautent dans tous les sens et surtout une prof de danse absolument tyrannique dont on se souvient tous que pour elle, “ça se paie en une seule monnaie : de la sueur.” Un classique du genre affreusement détruit en France par un casting vocal qui a changé trois fois pour seulement six petites saisons. Et oui, Fame c’est typiquement la série dont on a de bons souvenirs mais quand on retombe dessus… on se dit que les souvenirs c’est pas fait pour être revus ! On fera l’impasse sur le Fame L.A. qu’on préfère passer sous silence pour débarquer sur…

... les jeunes des années 2000 font au moins autant peur !

Un Paso Adelante, alias Un Dos Tres dans notre verte contrée, c’était le sacrifice consenti de M6 qui n’hésitait pas à couper les épisodes en deux et à supprimer tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin au sexe, autant dire tout l’intérêt d’une série espagnole… Face à ces deux classiques du genre, comment pouvais-je encore croire que j’aurai un jour une bonne série de danse diffusée en France ? Tout simplement en allant chercher du côté de la micro-diffusion ultra confidentielle sur la TNT d’un vrai chef d’oeuvre du genre, comme seuls les anglais savent le faire :

Les garçons tentent de prendre un air intelligent, les filles se sentent les dessous de bras : l'histoire de l'Angleterre en une affiche.

Sorte de pré Glee plus coquin et carrément moins gay, Britannia High a juste la mauvaise idée de sortir un peu trop tôt, à une époque où on était encore plus habitué au disneyien High School Musical qu’à la froideur tenace d’une Sue Sylvester. La vraie bonne idée de la série était de proposer des clips complètement tripés en plein milieu des épisodes avec des décors dignes de certains délires des Monty Pythons. Bien entendu, ce fut un échec total niveau Audimat et la série s’est arrêtée après seulement quatre épisodes (pour un total de neuf produits et diffusés dans le reste du monde.) Ma quête d’une bonne série de danse s’arrêtait une nouvelle fois. Petit espoir, l’année dernière avec l’arrivée de Glee, mais ce n’est pas encore ça… Quand soudain…

Enfin des danseurs qui ne font pas peur !

Non, ne cherchez pas, vous n’avez pas encore pu voir Chico Chica Boumba (Pepper Shcool). Avec ce nom à rallonge mais qui reste définitivement dans votre tête une fois que vous avez réussi à le prononcer d’une traite est née la série ultime de danse. Pas de bluettes amoureuses, pas de critiques cyniques sur l’école, pas de pompom girl délurée, juste de la danse pure et dure et de mignonnes petites histoires pour les enfants. Car c’est bien eux qui vont devoir bouger leurs petits popotins devant leur écran s’ils veulent suivre les cours de cette école assez particulière, où on apprend par exemple à danser la tektonik en enlevant et remettant son pull ! Rythmé, coloré et extrêmement drôle, ces petits épisodes de trois minutes viennent prouver qu’il suffit parfois d’être bigrement bien animé pour être un bon danseur : amis acteurs en live allez vous rhabiller ! Rendez vous donc en 2011 pour découvrir cette nouvelle série sur vos écrans de télévision français, mais préparez vos réveils car à mon avis il va falloir se lever tôt genre le mercredi ou le samedi ou le dimanche ! Bon allez, je retourne danser devant ma télé, moi…

Avec Coloc, on s’est moqué pendant tout l’été du fait qu’on nous sortait du gros réchauffé pour la rentrée avec Hawaii Five-O : quoi, ils vont refaire la vieille série des samedis après-midi interminables sur TF1 ? On a encore tous en tête la petite musique du générique et les affreuses coupes de cheveux de ces héros qu’on n’a jamais vraiment aimés. Et puis on s’est demandé ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, les projets vraiment originaux et emballant n’étant pas  légion en cette rentrée 2010/2011. Ils fut un temps où au moins une quinzaine de pilotes nous faisaient rêver et nous prenaient vraiment par surpris. Serait-ce la crise des idées ?

J'espère que cette image va me ramener quelques lecteurs...

A l’instar donc de Hawaii Five-O, les projets de remakes modernes des séries ayant cartonnées dans les années 90 (voir avant…) pullulent depuis quelques temps, avec plus ou moins de succès. La faute, sans doute, au remake de Battlestar Galactica, qui a tout écrasé sur son passage pour devenir, à mon avis, la meilleure série de SF jamais créée. Les scénaristes ont su très intelligemment actualiser le récit et s’affranchir de tout ce qui aurait pu ringardiser le projet, tout en reprenant les plus importants codes graphiques des anciennes séries (par exemple le look des cylons, ou la technologie toute relative du vaisseau principal…) Mais cette intelligence ne touchera pas tout le monde, et certainement pas les auteurs du “nouveau” Melrose Place, sans doute la plus grosse catastrophe de l’année dernière. A trop vouloir faire plaisir aux anciens spectateurs en accumulant les guest de l’ancienne série, les scénaristes ont perdu le nouveau public qui n’en a strictement rien à faire (et pour qui Heather Locklear est juste une hasbeen en plastique.) 90210, peudo remake du Beverly Hills de mon adolescence, s’en sort mieux mais fait quasiment totalement abstraction de l’ancienne série pour devenir un show pour ado somme toute assez classique. Mais cette année, c’est bien Nikita, remake de la série La femme Nikita, elle-même adaptée du film du gros Luc, qui prend tout le monde par surprise. Remarquablement intelligent, le pilote nous sert un twist final (qui deviendra aussitôt le vrai pitch de la série) franchement inattendu et ne garde de ses grandes soeurs que les personnages à la psychologie complexe et l’ambiance assez morbide. Le tout en misant à fond sur le fun que ne devrait jamais oublier les séries d’espionnage. Enfin, Hawaii Five-O, dont on parlait tout à l’heure, mise sur un duo franchement drôle et attachant pour s’élever au-dessus du marasme des innombrables séries policières et mérite largement son succès. Comme quoi, remake ne veut pas forcément dire série poubelle…

La seule série qui peut se passer d'un casting fort... ou pas.

L’autre grosse solution trouvée pour palier au manque d’idées fraîches, c’est de transformer sa série en licence. C’est-à-dire de multiplier les spin-off (séries dérivées) tout en gardant la même formule. Le champion en la matière, c’est Dick Wolfe avec son Law and order, dérivé en Special Victim Unit, Criminal Intent, Trial by Jury, UK (oui, oui!) et cette année Los Angeles. Des changements mineurs à chaque fois pour une recette qui repose sur la coopération (ou non) entre la police et le tribunal de justice… On ne peut pas non plus ignorer nos charmants CSI, CSI : Miami, et CSI : New York, tous sortis de l’écurie Bruckheimer et dont les variations se basent uniquement sur la ville dans laquelle l’action se déroule. NCIS, elle-même spin-off du JAG, s’offre NCIS : Los Angeles l’année dernière et s’assure un carton plein. Pour un peu plus tard dans l’année, on nous annonce Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de… Criminal Minds ! A croire qu’il ne reste plus beaucoup d’idées de cop-show pour remplir les cases…

Ca me donne envie de boire de la vodka-pomme, allez savoir pourquoi.

Cette année, une nouvelle idée a germé dans la tête des producteurs, une idée qui n’est pas sans rappeler un phénomène assez couru dans les comics : faire des prequel, c’est-à-dire des séries dérivées qui se déroulent avant la série mère. Première venue (du moins récemment), Caprica nous décrit la lente construction des cylons de Battlestar Galactica. Mais encore une fois, les créateurs prennent tout le monde de cours en créant ce qui peut être considéré comme la première série FAMILIALE de science-fiction ! Caprica s’avère donc loin d’être une simple resucée de la série mère et regorge d’idées proprement fabuleuses. De son côté, Spartacus, la bonne surprise de l’année dernière chez Starz, ne pouvant enchaîner sur une saison deux à cause de problèmes de santé de l’acteur principal, s’offre une prequel dont on ne sait pour l’instant quasiment rien. A surveiller, donc…

Tellement mignons qu'on a envie de tous les abattre.

Enfin, l’ultime solution que nos confrères outre-atlantique ont trouvé, c’est tout simplement de racheter des séries à l’étranger et de les adapter pour leur pays. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas mais Modern Family, la sitcom qui a décroché tout plein d’Emmy cette année, n’est ni plus ni moins qu’un remake de Fais pas ci, fais pas ça, une des rares très bonnes séries françaises. Bon, mis à part la thématique de la famille et la manière de filmer façon documentaire, il n’y a pas beaucoup de points communs, ne serait-ce que la qualité, Modern Family ayant fini par profondément me gaver avec sa double dose de bons sentiments. La récemment décapitée My Generation était un remake du pilote d’une série suédoise, Scoundrels - qui n’aura duré qu’une saison – était un remake d’une série néo-zélandaise, et que dire du futur Skins version MTV remake de la célèbre série anglaise… Le phénomène n’est pas tout récent : souvenez vous de Ugly Betty, remake d’une telenovela colombienne qui a disparu sans laisser de traces. A croire que les américains feraient mieux de se trouver leurs propres idées !

Nuff said

Au final, ce n’est pas tant la propension des américains à faire du neuf avec du vieux qui pourrait poser problème, mais bien la lassitude des spectateurs à se voir proposer toujours un peu la même chose. Qu’on se le dise, cette année s’avère difficile pour la plupart des chaînes avec des audiences franchement en berne par rapport à l’année dernière. Les succès sont rares, les annulations s’accumulent et beaucoup de série ont vu leur développement arrêté, c’est-à-dire que les chaînes n’ont pas commander de nouveaux épisodes en plus de ceux déjà produits. L’âge d’or des séries serait-il fini ? Laissons l’année passer pour en avoir le coeur net…

Samedi, alors que l’hiver, le froid et le temps pourri s’abattent sur la capitale, Girlfriend et moi décidons d’aller faire un tour au cinéma. Après moult galères pour obtenir des billets pour la même salle, nous pouvons enfin nous délecter du Dernier Exorcisme, petit film d’horreur dont l’affiche avait beaucoup plu à Binnie.

"La peur, la vraie" ? Le bruit du métro qui passait sous nos sièges était plus flippant !

Et on va dire que pendant 90% du temps, nous n’avons pas regretté notre choix. Loin du film d’horreur classique, ce Dernier Exorcisme, filmé sous la forme d’un faux documentaire qui fait inévitablement penser à Blair Witch Project, se veut une relativement intéressante réflexion sur le pouvoir de la foi, et sur comment ceux qui savent l’utiliser prennent l’ascendant sur ceux qui veulent croire. Le souci, c’est que les dix dernières minutes du film sont un assortiment incohérent et peu crédibles de scènes d’horreur complètement cheap, qui plonge le film dans un pseudo fantastique absurde et ridicule. Le comble est atteint quand un démon sort des grosses flammes numériques d’un bûcher et se met à parler avec une grosse voix. Bref, un bon gros FAIL en bonne et due forme qui vient atomiser un projet intéressant qui restera à tout jamais dans l’ombre de tous les autres films d’horreur. Et c’est à ce moment là que je me suis dis que, finalement, il en faut peu pour foirer un film… et encore moins pour foirer une série !

Garder ses (bonnes) idées pour la fin :

Même quand elle sourit, elle chiale.

Un ami scénariste ne cesse de me le répéter : si on fait un projet qu’on arrive à vendre, il faut tout donner dés le premier épisode et ensuite il faut toujours arriver à se dépasser. Chez Bonbon Sucré, aka Ghost Whisperer, la seule série dans laquelle l’héroïne pleure à la fin de tous (et je dis bien TOUS) les épisodes, on a eut un peu la démarche inverse. C’est-à-dire ne jamais rien dévoiler sur le (petit) feuilletonnant de la série et tout se garder pour les deux-trois derniers épisodes. Autant dire que la série ne m’a jamais convaincu sur le long terme et qu’elle m’a totalement dérouté sur sa fin – enfin, juste avant que les scénaristes ne résolvent cinq ans de mystères d’un coup de baguette magique avec des enfants qui brillent. Qui brillent !

S’intéresser à ses personnages trop tard :

Quelqu'un pourra expliquer au cadreur que ce n'est pas parce qu'il n'aime pas Blondie qu'elle doit être floue?

Un peu dans le même ordre d’idée, Miami Medical (dont on a déjà parlé) ne s’intéresse vraiment à ses personnages qu’au bout de six ou sept épisodes. Subitement, ces gros archétypes sans âmes auxquels on avait bien du mal à s’intéresser, dévoilent des sentiments un peu plus complexes, de réels passés, et des vrais caractères. Dommage, car la moitié du public a déjà déserté la série, considérée (presque à tort) comme une énième série médicale sans personnalité…

Ne vraiment pas avoir de personnalité :

La seule chose dont je me souviendrai encore dans deux ans, c'est sans doute le nom de la série : on le voit écrit partout.

Car dans le lot de la série médicale sans personnalité, on pourra acclamer la magnifique Three Rivers, série au potentiel franchement surévalué par les critiques en début d’année dernière et dont on ne retiendra… pas grand chose en fait. Un hôpital, des médecins, des questions de vie ou de mort et… c’est tout. Rien ne vient différencier Three Rivers de n’importe quelle autre série médicale, que ce soit dans son concept, ses personnages ou même sa réalisation. Un manque de créativité qui n’a d’égal que le manque de prise de décisions et de risques des créateurs.

Ne pas choisir de ton :

Encore une série qui se noie (mon humour aussi.)

Gravity, petite série de Starz, la chaîne qui a bluffé quasiment tout le monde avec son Spartacus, avait de quoi promettre avec un pitch plutôt surprenant : une série comique sur un groupe de suicidants rescapés. Mais là aussi, le manque de décisions des créateurs fait sombrer la série. En effet, Gravity hésite toujours entre la comédie de situation, l’humour noir et la série franchement glauque, ce qui fait qu’au final on ne comprend vraiment pas où les auteurs veulent en venir. Lâché sur le pas de la porte, on hésite à jeter un coup d’œil par la fenêtre, mais on ne participe jamais à la fête qui se déroule à l’intérieur. Et oui, je pense que c’est sans doute ma métaphore la plus ridicule de l’année.

Louper son cast :

Dire que les personnages ont autant l'air de se faire chier que nous...

Après un petit détour, on en revient à la composante principale d’une série : ses personnages. Ces dernières années nous ont bien prouvé qu’un bon pitch ne sauvera jamais un show dont les protagonistes n’intéressent personne. Souvenez vous des naufragés apparus subitement pendant la saison 3 de Lost, ils ont fini enterré comme des merdes parce qu’ils n’intéressaient personne. Maintenant, là où c’est plus problématique, comme dans Flashforward par exemple, c’est lorsque le destin d’aucun personnage ne nous intéresse. Pourtant, avec son flash qui fait voir à la quasi totalité de la population mondiale quelques minutes de son futur, Flashforward disposait d’un pitch particulièrement couillu ! Et qui ne s’est pas profondément ennuyé (voir endormi) au fil des épisodes, déconnecté des trajectoires de personnages plus brouillons les uns que les autres?

Se faire bouffer par son propre succès :

Yatta no more.

Enfin, il y a une règle d’or à laquelle il faut toujours faire attention, c’est ne pas se laisser bouffer par son propre succès. Malgré tout le bien qu’on veut en penser, on se souvient tous encore de quelques sales années de Friends… Plus récemment, Heroes s’est terminé en eau de boudin à sa saison quatre, alors que l’année de son lancement on lui prévoyait dix ans (voir plus) de bons et loyaux services. Le succès, et la demande de la chaîne aux auteurs de fournir toujours plus d’épisodes, a transformé la première vraie série-comics en soap Plus-belle-la-vie-esque qui a fait vomir le plus fanboy d’entre nous. Qu’on se le dise, Yatta ! s’est éteint le 08 février 2010 dans l’indifférence générale. RIP.

Aujourd’hui, troisième et dernier petit tour d’horizon des trailers des nouvelles séries qui démarrent en ce moment même. En effet, dés ce soir, les derniers pilotes auront été diffusés et d’ici une ou deux semaines on pourra déjà voir quels nouveaux shows se démarquent du lot. En attendant, regardons ce que nous réserve nos futurs mercredi, jeudi et vendredi soir !

UNDERCOVERS :

NBC frappe encore un grand coup en lançant le mercredi à 20h00 le tout nouveau show préparé avec amour par JJ Abrahms : Undercovers. Après Covert Affairs, Nikita et un possible retour de Alias, les séries d’espionnage ont définitivement le vent en poupe en ce moment. Malheureusement pour notre cher double J, ce trailer nous fait beaucoup penser à Mr. and Mrs Smith, la série adaptée du film du même nom en 2007 et qui n’aura vécu que quelques épisodes. Ça sent donc très mauvais pour ce Undercovers pas franchement original qui devrait, selon mes prédictions, s’arrêter au bout de cinq épisodes.

BETTER WITH YOU :

Undercovers risque gros vu qu’en face, sur ABC, on capitalise à mort sur le mercredi comédie avec The Middle, Modern Family et Cougar Town, rejoints par le petit nouveau Better With You. Mais si les trois nouvelles sitcom de l’année dernière s’en sortait à peu prés grâce à une pointe d’originalité dans chacune d’entre elle, ce Better With You sent bon la sitcom à papa dont on espérait qu’elle soit morte à la fin des années 90. BWY profitera-t-elle de son emplacement (entre The Middle et Modern Family, c’est à dire à 20h30) pour tranquillement s’installer? Rien n’est moins sûr, et je ne donne pas cher de sa peau…

THE WHOLE TRUTH :

Après nous avoir fait bien rire toute la soirée (ou pas d’ailleurs), ABC compte nous surprendre avec “a totally new type of legal drama” (oups, i throw up in my mouth…) On sent avec quelle finesse le principe de Law and Order a été repris et adapté au show judiciaire, on sent aussi qu’il en faudra plus pour nous convaincre que cette idée peut réellement être intéressante. Bref, ce The Whole Truth pourrait devenir une belle nouvelle franchise ou s’écraser lamentablement… pour ma part, je vais lui donner une petite année pour faire ses preuves !

THE DEFENDERS :

A la même heure, le même jour, CBS ne joue pas la carte de l’originalité mais du casting sympatoche avec ce The Defenders, un legal show über-classique avec une pointe de comédie et un cadre tout aussi sympa que son casting (Las Vegas.) On ne nous demandera pas de réfléchir, mais il est vrai qu’on pourrait rire… un peu. Gros succès inattendu? Je le vois bien comme ça…

MY GENERATION :

Le jeudi, c’est encore ABC qui ouvre le bal avec My Generation, à 20h00 pour préparer sa soirée Grey’s Anatomy et Private Practice. Décidée à nous en mettre plein la vue avec des séries comme on n’en a jamais vu auparavant, ABC met le paquet avec “documentary style drama”, comme si l’idée était vraiment nouvelle ! Ça sent la fausse bonne idée à plein nez, qui va couler dés le quatrième épisode pour devenir un show super classique avec des trentenaires un peu perdus. DOA (Dead On Arrival) : ils ne le savent pas encore, mais ils sont déjà morts !

$#*! My Dad Says

Ok, c’est toujours un plaisir de retrouver William Shatner, l’admirable capitaine Kirk de Star Trek mais surtout l’inoubliable Denis Crane de Boston Legal, mais cette énième nouvelle sitcom, adapté d’un pseudo phénomène de l’internet, ne donne franchement pas envie. CBS va tenter de faire décoller cette série en la passant juste derrière The Big Bang Theory, mais quand on sait qu’en face, au même moment, il y aura 30 rock, on se demande bien pourquoi les américains donnerait une chance à ce Bleep ! My Dad Says. Mais ils le feront, et William aura le plaisir de jouer pendant une saison complète !

OUTSOURCED :

Encore une nouvelle sitcom? Et oui, mais cette fois chez NBC, pour compléter la soirée du jeudi avec The Office, 30 Rock et Community. Ok, cette histoire de délocalisation d’entreprise en Inde peut sembler un peu facile, un peu trop The Office, justement, mais j’ai assez envie d’y croire. Je doute par contre fortement que les américains lui laissent une chance : il existe déjà des groupes facebook demandant de boycotter la série… Mais chez NBC, on n’a pas la hache facile et on laisse toujours une saison complète à une série pour exprimer son plein potentiel. J’y crois à mort…

BLUE BLOODS :

Le vendredi, pour faire concurrence au nouveau Outlaw qui aura démarré deux semaines avant, CBS tente le pari de Blue Bloods, gros cop show avec Tom Selleck (mais oui, Magnum!) et écrit par des anciens des Sopranos. La réal semble valoir le détour, le traitement réaliste peut trancher avec tous les autres cop show du moment, mais est-ce que ça sera suffisant pour faire la différence? J’ai envie d’y croire alors j’espère que la série aura au moins un an pour nous convaincre…

NO ORDINARY FAMILY :

Bien après tout le monde, ABC lance le mardi 28 septembre à 20h00 No Ordinary Family, sans doute l’un des shows les plus attendus cette saison. Une famille ordinaire qui se retrouve avec des pouvoirs extraordinaires : on pourrait craindre la plantade à la Heroes, mais on sent que les scénaristes ont un peu plus bossé le truc cette fois. En tant que fan de comics et de super-héros, je ne pourrai pas passer à côté… et les américains pourraient bien réserver un bel accueil à ce nouveau show. Allez, je mise sur un contrat de trois ans d’ici la fin de l’année !

LAW AND ORDER : LOS ANGELES :

Je n’ai jamais été un grand fan de la licence Law and Order, donc ce nouveau LaO situé à Los Angeles ne m’attire pas plus que ça. En fait, je n’ai strictement aucune opinion sur ce nouveau spin-off, et encore moins en ayant seulement vu ce très mystérieux trailer. Je ne vais donc pas me mouiller et dire que la série fera le chemin qu’elle fera !

Dans les semaines qui suivront, d’autres séries vont faire leurs apparitions (Body of Proof, Glory Daze ou encore le très attendu The Walking Dead) mais on attendra leurs diffusions pour en reparler. Pour l’instant, il ne me reste plus qu’à vous dire à tous bonne rentrée et bon courage !

You should know it, kids, parfois la vie n’est vraiment pas juste. Que ce soit lorsque vous faites trois stations de métro pour aller chercher du poisson et que vous découvrez sur place qu’il n’y a plus que des vieilles crevettes dégueulasses, que ce soit lorsque vous vous dévouez pour aller chercher des clopes alors que vous n’avez pas de monnaie et que le vendeur vous informe qu’il ne prend la carte qu’à partir de 24 euros, ou que ce soit lorsque vous emmenez pour la première fois votre chérie dans un de vos bars préférés mais que ça tombe pile poil le seul soir où ce fameux bar est plein à craquer et qu’il est impossible de commander une bière, la vie est parfois vraiment injuste. Et dans l’industrie de l’audiovisuel, c’est encore pire.

Les fans ont tué ma série de SF préférée.

Le premier qui dit que ce vaisseau ressemble à un gros pénis sort de ce blog.

J’aime bien les fanboys. J’en suis un moi-même pour tout ce qui touche de près ou de loin à Warren Ellis, l’un des meilleurs scénaristes de comics (et auteur d’un très amusant roman) que le vingtième siècle nous ait offert. Dés que j’entends une critique sur THE man, mes poils se hérissent, mon t-shirt se déchire, et tous mes muscles s’atrophient de deviennent verts. Mais qu’il se plante sur un truc, qu’il rate une page de comics, et je lui tombe dessus comme les sept plaies d’Égypte sur… l’Égypte tient.

Vraiment les gars? Vous deviez VRAIMENT faire revenir MacGyver?

Bref, tout ça pour en venir au fait que je ne suis pas du tout un fanboy de l’univers Stargate. Pour tout vous dire, je trouve même que le film à l’origine de toute cette mascarade pseudo SF est une grosse bouse sans intérêt – et encore je ne vous parle pas du flipper qui en avait été adapté et qui m’a fait perdre plus d’un genou en essayant de le défoncer. Quand SyFy a lancé Stargate Universe, comme tout un chacun je me suis mis à rigoler, puis à m’inquiéter sur la santé mentale de personnes qui s’obstinent à faire vivre une telle licence. Et puis, comme je suis un gros autiste de la série qui veut absolument voir un épisode de chaque show, j’ai regardé le pilote. Et le deuxième épisode. Et semaine après semaine, j’ai regardé la suite. Et je me suis fait avoir. WTF : qui l’aurait cru, Stargate Universe est en fait la suite de Battlestar Galactica !!!

Personne n'y croit à vos vaisseaux en forme de pyramide, PERSONNE !

Et c’est avec une certaine douceur que je glisse tranquillement vers la fin, n’ayant plus que trois petits épisodes à regarder… Mais là, surprise, à l’épisode 18, les auteurs signent le retour de Richard Dean Anderson, notre bon vieux MacGyver reconverti en soldat américain hautement fier de sa nation. Mauvais signe? Oui, très mauvais signe, confirmé par un rapide tour sur le net. Comme je m’en doutais, les fans de la licence Stargate déteste SGU, comme ils l’appellent, et les scénaristes ont été rappelés à l’ordre pour mieux intégrer cette ultime déclinaison dans l’univers de la licence. Revoilà donc la technologie égyptienne et les putains de vaisseaux en forme de pyramide, les décors en carton-pâte et les méchants extra-terrestre qui veulent envahir la Terre. Flash-back dix ans en arrière dans ta gueule. Les fans sont en train de me tuer la dernière série SF un peu convaincante. La vie est injuste.

Bataille de “season finale.”

Désolé les gars, on ne verra plus jamais ce joli trio.

C’est dur pour une série de mourir de sa belle mort. Mercy, sympathique show autour d’un trio d’infirmières dans un hôpital du New Jersey, ne coupe pas à la tradition et se termine assez salement avec tout plein de cliffhangers qui ne seront jamais résolus. Non pas qu’ils auraient vraiment convaincu si la série avait pu continuer (marre de l’accident de voiture qui survient dans les dernières secondes !) Le dernier épisode tourne, en grande partie, autour d’un terrible accident qui risque de coûter sa jambe à un patient, un petit garçon coincé dans des décombres avec l’une des héroïnes, avec une scène d’amputation haute en couleurs. Bref, un finale sympathique qui aurait pu rester dans les mémoires si…

Non, Grégory, je ne te donnerai pas mon foi. Mais arrête de me regarder avec ces grands yeux...

… il n’y avait pas eu le season finale de House. Pour clore la saison 6, les scénaristes nous coincent notre médecin antipathique préféré dans des décombres, avec une patiente qui risque de perdre sa jambe et une scène d’amputation haute en couleurs. Ça vous rappelle quelque chose ? Et oui, à peu de choses près, le final de House et le final de Mercy racontent la même histoire. Mais chez House, pas de cliffhanger ridicule à la fin (mais une déclaration d’amour comme vous n’en avez jamais vue !), pas d’acteur de seconde zone qui peine à assurer les dernières heures de son personnage, et surtout une vraie mise en scène toujours intelligente, qui vous plonge totalement dans l’histoire et qui vous en fait ressortir lessivé, le cœur serré, mais heureux. J’aurai vraiment aimé que Mercy arrive à finir avec les honneurs, mais avec une telle concurrence, c’était perdu d’avance. Que voulez-vous, parfois la vie est injuste.

On a les émissions d’humour qu’on mérite.

Oui, c'est le fils de Patrick.

En France, pour bien rigoler dans l’après-midi, on a Patrick Sébastien et surtout Olivier, son fils, (ex) futur animateur télé et, si la vie fait bien les choses, futur de la télévision française tout entière. Ce qui en dit long sur notre avenir… Les deux hommes nous proposent des espèces de best-of des innombrables émissions du papa, nous replongeons à loisir dans les grands sketchs des plus grands comiques qui ont émerveillé au moins deux générations. Bon, ok, je suis un peu méchant, pour l’humour on a aussi Groland, Action Discrète, le SAV des émissions, les Guignols ou même Le Petit Journal de Yann Barthès. Que des programmes qui passent sur Canal +, dis donc… les autres chaînes seraient-elles encore un peu frileuses à l’idée de diffuser une émission comique qui pourrait faire de l’ombre au gouvernement ?

Non, ce n'est pas le fils de Patrick.

Les américains, eux, ont cet homme, le fabuleux, l’incroyable, l’irrésistible Jon Stewart. Oui, vous l’avez compris je suis fan. On pourrait même dire que je suis un fanboy de Stewart. Jon est l’animateur du Daily Show, l’une des rares émissions américaines quasi quotidienne (du lundi au jeudi) que vous devriez regarder (l’émission est disponible tous les jours sur le site officiel) pour tant soit peu que vous vous intéressiez à la vie politique des États-Unis et surtout à son traitement par les médias…

Le plus beau sourcil gauche de l'histoire de la télévision.

Et juste derrière, vous pouvez retrouver le Colbert Report, un spin off du Daily Show, animé par Stephen Colbert, un vrai faux journaliste républicain relativement idiot, très patriotique, et ennemi juré de Jon Stewart. Vous l’aurez compris, l’émission joue à plein tube le registre de l’auto-dérision et de l’humour cynique et s’en prend à des sujets un peu plus généraux que ceux du Daily Show. Une autre perle, donc, à regarder tous les jours (surtout si vous faites partie de tous ces gens qui vont partir à New York dans les prochains mois – mais je ne vise personne !) pendant que nous autres, petits français, nous devons subir les vannes sur internet des auteurs des Guignols… Et oui, parfois, la vie est injuste !

Je me souviens d’un temps où la seule série dont je connaissais le nom de la ville dans laquelle elle se déroule était Les Simpson et la ville en question était Springfield. Mais il faut bien constater que ces dernières années ont vu la donnée géographique devenir de plus en plus importante pour les shows américains : qu’il s’agisse de réussir à représenter visuellement une grande cité, d’arriver à faire “vivre” l’état d’esprit d’un état, ou carrément de décortiquer tout le fonctionnement d’une ville, de plus en plus de séries semblent vouloir se créer une vraie identité en fonction de leur localisation. Petit tour d’horizon des tentatives les plus récentes.

Les Origines du phénomène : The Wire et Baltimore.

Ne vous faites pas avoir : ceci n'est pas un cop show !

L’une des premières séries a ouvertement assumer sa localisation et à vouloir en décrire tous le fonctionnement est assurément The Wire. Certes, d’autres séries plus anciennes se sont sûrement prises d’affection pour les villes dans lesquelles elles se déroulent, mais jamais on avait vu autant d’ardeur et de volonté dans la description de tous les systèmes qui font fonctionner une ville. A chacune de ses saisons, The Wire s’intéresse à un autre aspect de la ville : les ghettos de la saison 1 laissent place aux docks de la saison 2 avant que la série ne s’intéresse au système d’éducation, aux journalistes ou à la politique. Baltimore y devient le vrai personnage principal et fait dépasser la série du simple statut de cop-show pour devenir une vraie représentation de la ville américaine.

De la ville à l’état : de la Nouvelle-Orléans (Treme) à la Louisiane (True Blood).

Peu importe les problèmes tant qu'on a la musique !

David Simon, le principal cerveau derrière The Wire, ne pouvait pas s’arrêter là. Quelques années plus tard, le voici donc qui nous pond Treme, une série sur un quartier particulièrement pauvre de la Nouvelle-Orléans et qui a subit de plein fouet l’ouragan Katrina. Moins réussie que son précédent show, Treme s’impose tout de même comme une relativement passionnante étude d’un quartier à l’identité forte, où chacun tente de survivre et de se reconstruire, le tout en musique bien entendu ! Si les personnages viennent de milieux sociaux-professionnels différents, tentant en cela de représenter la diversité d’une telle ville, les auteurs peinent tout de même à vraiment montrer les ressorts des différents systèmes qui font vivre la Nouvelle-Orléans. En effet, le discours politique sur les causes de la catastrophe Katrina et la mauvaise gestion de la crise après le passage de l’ouragan est tellement répété et partagé par tous les personnages que l’on sent un peu trop les opinions politiques des auteurs quand on aurait aimé une vraie étude objective de la situation.

La Louisiane dans toute sa splendeur...

La Louisiane avait déjà intéressée un autre grand nom de HBO (Alan Ball, le créateur de Six Feet Under) il y a quelques années avec le lancement de True Blood, une série de vampires annoncée comme vraiment différente, et inspirée d’une série de livres (La Communauté du Sud) de Charlaine Harris. Si la série est bien différente, ce n’est pas tant par son traitement des vampires – finalement assez classique, avec son bar gothique, ses canines acérées et le teint pâle des “monstres” en question – mais par l’univers dans lequel elle se déroule : la Louisiane. Dés le générique, tout simplement splendide, on est véritablement plongé dans l’ambiance d’un État trop peu souvent représenté dans les séries, avec sa végétation si particulière, son accent à couper au couteau et ses innombrables noms français qui ne cessent de nous faire sourire. On pourrait presque sentir l’odeur d’une cuisine qui n’a rien à voir avec le reste des États-Unis !

Faire vivre un État d’esprit : le Texas (Friday Night Lights) et le Kentucky (Justified)

Dark Days in Texas

Deux ans avant True Blood, une autre série s’escrimait à représenter à la perfection la plastique et l’état d’esprit d’un État. Friday Night Lights, inspirée d’un film lui-même inspiré d’un livre, décrit le quotidien de l’équipe de football (us) du lycée de la petite ville de Dillon, au Texas. Une ville qui ne vit que par et pour son équipe de foot – ce qui ne fait qu’ajouter à la pression que peut ressentir le coach Taylor qui vient tout juste de reprendre les rênes de l’équipe. Très rapidement, ce qui fera la vraie réussite de la série, c’est sa capacité à faire vivre le Texas, à nous y transporter comme si on y avait toujours vécu. On peut presque palper la chaleur étouffante, on apprivoise facilement l’accent mâché des différents personnages, on deviendrait presque, nous aussi, des habitants de Dillon. Sans doute la seule série qui pourra vous faire aimer le Texas !

Remarquer le charmant petit drapeau à l'arrière plan...

Cette année, c’est Justified qui a tenté de nous faire aimer un État relativement peu connu mais pourtant réputé pour son poulet fris : le Kentucky. Inspiré par un personnage (et l’ambiance) de romans de Elmore Leonard, un auteur spécialisé dans le polar, la série s’intéresse à Raylan Givens, un Marshall à la gâchette facile et au tempérament particulièrement impétueux, de retour dans sa ville natale de Lexington dans le Kentucky. Au fil des épisodes, on passe des Rednecks néo-nazis aux entrepreneurs immobilier véreux en passant par un juge versé dans les clubs de strip-tease : une vision plutôt cynique d’une ville où le cow-boy fait encore la loi (le western était la première passion de Elmore Leonard) et où c’est celui qui tire le plus vite qui s’en sort toujours !

New-York, New-York : de Gossip Girl à How to Make it in America en passant par CSI : NY.

Un petit loft à la vue sympathique...

Comment vraiment se démarquer quand on est une série pour ado de plus ? Gossip Girl a sans doute trouvé la solution en s’offrant la possibilité de décrire le New-York de l’Upper East Side, c’est-à-dire le quartier des habitants les plus riches de la ville. Situé sur l’île de Manhattan, entre Central Park et l’East River, ce coin offre de magnifiques décors qui ont fait la renommée de la série – tout comme ses immeubles fastueux, ses appartements richement décorés, ainsi que ses innombrables boutiques de luxe. Une vision certes élitiste de New-York mais qui a au moins le mérite de faire rêver : n’est-ce pas le but de toute bonne série pour ado?

Quatre garçons plein d'avenir...

How to Make It in America tente de prendre le parti inverse en s’intéressant à deux pauvres garçons qui veulent fonder leur propre collection de jeans et enfin s’accrocher à une part de leur rêve américain. Malheureusement la série peine à convaincre sur le niveau de vie de ses deux protagonistes qui, avec leurs appartements de cent mètres carrés et leurs soirées où l’alcool et la drogue coulent à flot, paraissent rapidement bien moins pauvre qu’ils ne le devraient ! Voici donc un New-York un peu bobo, dans laquelle on peut s’incruster tous les soirs à un nouveau vernissage et où tout le monde travaille dans l’art ou la mode…

Oui, les CSI ont le droit de tirer dans la rue !

Quant à CSI : NY, magnifiquement renommée Les Experts : Manhattan par chez nous (pourtant les héros sortent assez souvent de l’île et se déplacent dans toute la ville!), ce cop-show de la célèbre licence ne prétend pas vouloir décrire quoi que ce soit sur la ville mais utilise son côté melting-pot pour offrir un casting de personnages aux origines diverses et variées : grecque, irlandais, italiens et même une fille du Montana s’y côtoient comme dans la réalité !

Los Angeles : a failure to make it live (90210, NCIS L.A.)

Nice, but so classic !

De l’autre côté des États-Unis, la pauvre Los Angeles est loin de recevoir le même traitement que New-York. Pourtant le cadre de nombreuses séries, LA sert surtout à montrer des jolies filles sous un soleil de plomb dans des cop-shows comme NCIS Los Angeles. 90210, qui se déroule à Beverly Hills, une ville du comté de Los Angeles, tente – dans le cadre de la série ado – de faire de Los Angeles ce que Gossip Girl a fait de New-York mais le résultat est encore loin d’être là. Cadre archi-utilisé, cette belle ville de Californie n’est plus qu’un support à séries où ce qui importe c’est d’avoir du soleil toute l’année…

Un tour à l’étranger (sic!) : Paris, version glam grâce à Gossip Girl.

Aaaahhhhhhh... Paris.......... !

Gossip Girl avait déjà déclaré plusieurs fois son amour de Paris en en faisant la ville la plus agréable à vivre (ah, l’imaginaire des américains… remarque, bon nombre de parisiens pensent que c’est New-York la ville la plus agréable au monde!) Cette année, le show passe un cap en nous promettant carrément des aventures complètes dans la capitale de la France ! Alors bien sûr, tout n’est que strass et paillette, boutique de luxe et boulangerie raffinée, on croise même un membre de la famille Grimaldi (la famille royale de Monaco) dans un musée face à un tableau de Monet. A la fin de l’épisode, j’avais moi aussi envie de vivre à Paris ! Et pourtant, j’y vis déjà…

Un tour dans le temps : Rome et Caprica.

Difficile de parler d’une série que l’on a quasiment pas vu : je ne m’étendrai donc pas sur Rome, que je n’avais pas du tout apprécié à l’époque de sa diffusion mais que je tenterai peut-être de regarde en entier plus tard. Il fallait tout de même la citer dans cet article tant la série semble avoir voulu décrire un moment de la capitale décadente de l’empire romain.

Le futur sera en images de synthèse ou ne sera pas.

Dans Caprica, prequel (série qui se déroule avant les événements d’une autre série) de Battlestar Galactica, on peut déjà sentir une vraie ville fonctionner, avec ses parias et son élite, ses problèmes de religions et de terrorisme. La série est encore jeune pour faire pleinement croire à une ville inventée de A à Z, mais les premiers épisodes laissent présager du meilleur…

Et Hawaï Five-O dans tout ça ?

Une série qui se mouille ! (pardon.)

Et si la prochaine série à prendre le pouls d’une ville et à parfaitement le restituer était Hawaï Five-O, la reprise de la (très) vieille Hawaii : Police d’État ? Si vous avez vu le trailer vous en doutez sûrement fortement, mais sait-on jamais… En tous cas, j’espère que ce petit panel aura pu vous convaincre que la ville, ou du moins l’emplacement géographique d’une série, est de plus en plus important et devient une vraie composante d’un show, dictant sa photographie, son ambiance musicale et son ambiance générale. A quand la même chose en France ?! (qui a dit Plus Belle la Vie ?)