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Et oui, cette semaine plusieurs “vieilles” séries se sont fait la malle et ont prouvé qu’elles en avaient encore dans le coffre. Quant à la seule nouveauté qui vient d’achever sa première saison, il faut bien reconnaître que là, c’était la grosse déception. GROSSE. On en pleurerait presque.

Hello LadiesHELLO LADIES (saison 1)

Car oui, on attendait beaucoup plus de Hello Ladies, création originale pour HBO de Stephen Merchant, un des cerveaux derrière The Office (UK) ou encore Extras. Bon, il avait déjà montré ses limites avec le pas très drôle Ricky Gervais Show (ça c’est histoire de vous donner mes références en terme d’humour – oui je trouve que ce pseudo talk show est loin d’être marrant), mais on espérait qu’il se passe un déclic absurde, foutraque, décalé, bref un coup du sort sur cette histoire d’un trentenaire anglais qui cherche l’amour à Los Angeles. On était loin du compte.

Ce qui choque tout de suite, c’est à quel point le personnage principal est détestable. Certes, il est tout à fait possible de s’identifier à un looser qui n’a pas beaucoup de qualités, mais le personnage de Merchant est juste un gros con bouffi d’égo, dépourvu de culture, qui n’hésite pas à écraser ses potes pour gagner des points auprès de la gente féminine – bref quelqu’un qu’on aurait plaisir à détester si Merchant ne tentait pas de nous faire chialer sur son sort à chaque fin d’épisode. Ce côté ultra faux-cul qui n’assume pas pleinement les travers de son personnage semble vouloir dire, en creux, qu’on a tous le droit d’être des connards à partir du moment où on galère à pécho de la meuf. Ouaich gros, voilà un message auquel je vais avoir bien du mal à adhérer.

D’autant plus que les intrigues en elles-mêmes ne cassent pas trois pattes à un canard. Très attendu, le feuilletonnant se déroule à un rythme plus que pépère, avec des rebondissements qu’on n’avait pas vu sur HBO depuis… ben depuis Sex in the City je dirai. Les vannes tombent à l’eau, le comique de situation ne prend pas, et les personnages secondaires sont tout aussi détestables que le protagoniste. Quant à la conclusion du dernier épisode, elle est tout simplement à gerber de bons sentiments, rappelant du coup le dérapage inconsidéré et limite vulgaire du dernier épisode de la saison 3 de Louie. Bref, à moins de vouloir défendre à tout prix toutes les séries HBO ou d’être un fan inconsidéré (et donc pas du tout critique) de Merchant, vous pouvez sérieusement laisser Hello Ladies dans la vacuité sans fond dans laquelle elle se trouve.

Final Score : 3/10

Franchement détestable, cette comédie de “malaise” rate constamment le coche en offrant un personnage qu’on aurait aimé détester mais que les scénarios cherchent toujours à récupérer, ainsi qu’une trame déjà vue cent fois et qui ferait passer une saison de Grey’s Anatomy pour un bonheur de cynisme. Faux bonbon acidulé, mais vraie soupe à la guimauve, Hello Ladies ne reviendra pas chez moi en saison 2.

the league - season 5THE LEAGUE (saison 5)

Les années passent et les choses ne changent pas : the League est toujours la série comique la plus dégueulasse de chez FX (FXX maintenant…) mais aussi l’une des plus amusantes. Si les différents acteurs font chacun leur trou dans d’autres sitcoms plus familiales et diffusées sur des gros network, la bande semble encore ravie de se retrouver pour incarner ces personnages furieusement décalés qui ne vivent que par et pour une fantasy league de football américain. Peu importe qu’on ne comprenne pas toutes les références, le show est déjà bien assez drôle en soit. Mais attention, c’est définitivement à réserver aux plus grands… et à ceux qui ont l’estomac bien accroché. Bref, pas question de mater ça avec sa chérie au coin du feu.

Final Score : 7/10

Oui, the League est toujours aussi crade mais aussi toujours aussi décalée et imaginative. Défoulant, amusant, réjouissant.

childrens hospital - season 5CHILDRENS HOSPITAL (saison 5)

Fraîchement récompensée d’un deuxième Emmy bien mérité, Childrens Hospital nous a offert avec cette cinquième saison le retournement de situation le plus absurde et indéfendable qui soit : toute l’équipe voit les portes de l’hôpital fermer… et se retrouve mutée dans une base militaire située au Japon. Sur ce point de départ totalement incongru (et assumé jusqu’au dernier épisode) se construit une nouvelle série d’épisodes toujours aussi impressionnante d’inventivité. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un show de 13 minutes, qui se présente comme la version condensée d’une série médicale qui existerait depuis les années 70. Oui, tout à fait. Entre les previously qui font avancer à tout berzingue l’histoire ou les morts / résurrections au kilo, il y a de quoi s’amuser. Et j’oubliais de vous dire, l’un des personnages principaux est un clown, qui guérit les gens avec le pouvoir de l’humour. Et y a Michael Cera en voix off uniquement. Qu’est-ce que vous attendez pour aller vous faire les cinq saisons ?!

Final Score : 9/10

Childrens Hospital est tout simplement la série comique dont la télé US a besoin. Et nous aussi. Après cinq ans, c’est toujours aussi immanquable !

ultimate spider-man - season 2ULTIMATE SPIDER-MAN (saison 2)

L’anime Ultimate Spider-Man vient d’achever sa deuxième saison et à moins d’être un fan acharné de la Marvel (ou d’avoir entre huit et treize ans) vous n’en avez strictement rien à faire. Le show a perdu en rythme et en humour et ne ressemble plus trop à la jolie surprise qui nous avait fait sourire l’année dernière. Dommage…

Final Score : 5/10

covert affairs - season 4COVERT AFFAIRS (saison 4)

Arrivée confortablement à sa quatrième saison, Covert Affairs, série d’espionnage dans laquelle les affaires de cœur ont une importance capitale (d’où le jeu de mot du titre), s’amuse à prendre un gros tournant histoire de se réveiller de la routine dans laquelle elle commençait à s’installer. Et c’est peu de dire que le résultat est à la hauteur : débarrassée de ses quiproquos amoureux et de son jeu de placard à amants, la série laisse le temps à une intrigue touffue et complexe de se mettre en place, avec deux parties distinctes : l’enquête puis la vengeance. Visuellement, c’est un tour du monde plutôt réussi puisque le show évite le studio pour tourner en décor naturel – ce qui semble avoir posé quelques soucis lors de scène où l’on sent que les cadreurs et le reste de l’équipe ne sont pas particulièrement à l’aise ! Piper Perabo laisse sa blondeur candide pour assumer (enfin !) son rôle de femme forte qui sort de la chrysalide de l’assez chiante jeune nouvelle de la CIA. Difficile cependant de recommander la série à qui n’aura pas vu les saisons précédentes, l’intrigue jouant énormément sur la manière dont chaque personnage révèle peu à peu une autre part de lui-même. Un peu comme Annie qui met au placard son identité pour devenir la réjouissante Jessica Matthews. Allez, on croise les doigts pour que la saison 5 qui arrivera l’été prochain continue sur cette bonne lancée.

Final Score : 7/10

Assurément la meilleure saison de Covert Affairs, mais qu’on aura du mal à recommander à ceux qui n’ont jamais vu cette (désormais) dynamique et voyageuse série d’espionnage.

Almost Human - season 1ALMOST HUMAN (nouveauté)

Seule nouveauté de la semaine, Almost Human a été annoncée à grand renfort de publicité et s’est même offert deux soirée d’affilée de lancement sur la Fox. Conçue par J. H. Wyman, l’un des showrunner de Fringe, et produite par tonton J.J. (Abrams), c’est peu de dire qu’on attendait se cop-show de SF au tournant. Le résultat ? A des milliers d’années de nos attentes. Là où on attendait un show brillant offrant une belle réflexion sur les droits de l’homme et de la machine, on se retrouve avec un buddy movie entre un flic pas très humain et un robot beaucoup trop humain, qui se font des blagues dans la voiture (oh tient, ça serait pas pompé sur Hawaii Five-O ça ?), et mènent des enquêtes aussi passionnantes qu’une session shopping avec la petite nièce de votre copine. On se demande bien ce que Micheal Ealy (Sleeper Cell) vient foutre dans cette galère ou encore d’où sort Karl Urban (ouais, des films de Peter Jackson), pâle copie de Manu Bennett (Crixus dans Spartacus) sans aucun charisme. Au secours !

Serangoon road - season 1SERANGOON ROAD (saison 1)

Allez, je vous ai gardé le meilleur pour la fin ! L’un des (très) rares nouveautés de la saison franchement recommandable, Serangoon Road est le fruit d’une curieuse association entre l’Australie et Singapour pour le compte d’ABC (le plus gros network australien, pas l’américain) et HBO Asia. Le résultat est une oeuvre assez inimaginable en dehors de ce contexte très particulier : un polar noir à base d’agence de détective privé, dans Singapour, au milieu des années 60 alors que les révoltes communistes surgissent dans les pays frontaliers. Si le show sait en permanence faire vivre son univers historiquement chargé, il n’en oublie pas qu’il est là avant tout pour nous raconter les mésaventures de Sam Callaghan, le privé australien donc, et de ses enquêtes parfois sérieusement tordues. Accompagnés d’un double fil feuilletonnant (autour de deux intrigues romantiques pour une fois vraiment intéressantes, l’une entre Sam et une femme mariée, l’autre entre une jeune locale et un agent de la CIA ; ainsi que la mort suspecte d’un proche de Sam…), les scénarios sont dynamiques et entraînants.

Au niveau des comédiens, par contre, il faut reconnaître que ça oscille entre du très bon (Pamely Chee incarne avec grâce et majesté la très taquine Su Ling), du moyen (Don Hany n’est malheureusement pas toujours ultra convaincant dans le rôle principal) et de l’assez mauvais (en particulier sur les rôles de personnages plus âgés qui sont censés avoir le pouvoir.) Idem au niveau de la réalisation qui fait un peu avec les moyens du bord et qui, si elle peut parfois trouver de vrais moments de grâce ultra convaincants, se perd dès qu’il s’agit de mettre en place une grosse scène d’action. Ça ne suffit cependant pas à nous faire bouder notre plaisir et la joie de découvrir une série radicalement différente de tout ce qu’on a vu ces dernières années. Rien que pour ce souffle de nouveauté, Serangoon Road mérite que vous y jetiez un oeil.

Final Score : 8/10

Assez remarquable dans son écriture (on passe aisément sur quelques errances capilotractées), mais moins convaincante au niveau de la réalisation et des comédiens, Serangoon Road reste suffisamment novatrice et débordante d’énergie pour que vous puissiez vous y intéresser. Et de toutes façons, vu la qualité des nouveautés de cette année, vous n’avez pas vraiment le choix.

 

Rendez vous très bientôt pour faire un point sur le premier trimestre d’une saison où les nouveautés se sont effondrées mais où plusieurs anciennes séries ont retrouvé un souffle…

Après des vacances plus ou moins forcées, le bilan de la semaine est enfin de retour. Il faut dire que du côté des Etats-Unis, les chaînes viennent de subir quatre semaines plutôt mouvementées entre un ouragan nommé Sandy, des élections présidentielles et… les premières vraies décisions de programmation pour la saison. Du coup, il a fallut pas mal se tourner du côté de l’Angleterre pour découvrir quelques nouveautés. Mais avant,un petit bilan des victimes de la hache de l’annulation.

Ah, ça fait les fiers sur la photo mais en vrai le casting de Last Resort fait plutôt la gueule. La nouvelle série de Shawn Ryan vient en effet d’être annulée par ABC suite à des audiences plutôt défaillantes. Reste que la chaîne n’éjecte pas le programme dans les limbes de l’oubli mais permet à toute l’équipe de terminer tranquillement le tournage des treize épisodes commandés en début d’année, qui seront tous diffusés d’ici la fin décembre. Et assez curieusement, ABC applique le même principe à la sympathique mais pas très convaincante 666 Park Avenue, série horrifique sur un étrange vieux bâtiment new-yorkais. De son côté, CBS annule l’assez pitoyable sitcom Partners. Et chez NBC c’est l’un peu trop dérangée du cerveau Animal Practice qui passe à moulinette. Ces deux sitcoms reviendront sûrement vers les vacances de Noel pour terminer la diffusion des épisodes qui ont été tournés, on en reparlera donc à cette période !

Ah, ça, il est mignon et drôle notre petit Ultimate Spider-Man entouré de sa bande de potes dirigé par le Shield ! Dessin animé diffusé sur Disney XD, Ultimate Spider-Man achève sa première saison avec des noms plutôt connus des fans de comics au rayon des scénaristes : Paul Dini, Joe Casey, mais aussi l’incroyable Bryan Michael Bendis. Le résultat est d’abord franchement réjouissant, les idées visuelles pleuvant, l’humour se mêlant à l’aventure avec une vraie grande classe. La série finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’épisodes lorsque les auteurs, en mal d’inspiration, commence à cumuler les guests de l’univers Marvel sans grande originalité. Fort heureusement, le triplé d’épisodes de fin recadre les choses pour offrir un final tout simplement époustouflant. Les amoureux du tisseur peuvent donc y aller les yeux fermés, ils ne risquent pas d’être déçus.

Final Score : 7/10

Ultimate Spider-Man étant un dessin animé, de super-héros de surcroît, la série ne plaira pas à tout le monde. Peu importe, ce sont clairement les fans de l’homme araignée qui sont visés, et eux devraient être ravis de la qualité générale. Pour une fois qu’un tel produit n’a pas été conçu à l’arrache par des gens qui n’y connaissent rien mais par de grands professionnels du comics, on aurait tort de se priver…

Covert Affairs nous quitte à nouveau, mais cette fois c’est bel et bien la fin de la troisième saison et le temps est venu de faire un bilan sur cette étrange série d’espionnage. Pourquoi étrange ? Parce que l’idée de départ était de faire une série romantique avec des espions : les histoires d’amour étaient vraiment au coeur de toutes les relations entre les personnages. Trois ans plus tard, il fallait bien évoluer et recentrer les choses. Cette saison fut donc l’occasion pour les auteurs de corser un peu le personnage d’Annie, l’héroïne, de virer les boulets qui l’entourent (comme sa soeur) et de la pousser dans ses retranchements d’espionne. Annie se fait manipuler par une espionne encore plus maligne qu’elle, mettre en taule en russie, abandonner par ses supérieurs, tirer dessus, trahir par son meilleur ami, etc. Le tout tourne, encore, autour d’une histoire d’amour et de vengeance, mais celle-ci est franchement originale et amène des rebondissements auxquels on ne s’attendait franchement pas. Le show nous fait par ailleurs toujours voyager aux quatre coins du monde (avec un superbe final à Amsterdam), mais la réalisation et la production design reste toujours assez pauvres. Peu importe, le pari est réussi : alors qu’à la fin de la première saison je ne pouvais plus saquer cette sale petite espionne blonde, j’attend aujourd’hui avec impatience la suite des mésaventures d’Annie. La quatrième saison a intérêt à continuer sur cette bonne lancée.

Final Score : 6/10

Série d’espionnage peu flatteuse visuellement et dont les interprètes ne sont pas franchement des acteurs inoubliables, Covert Affairs remonte malgré tout dans mon estime grâce à ses scénarios originaux et qui osent enfin aller creuser dans les travers des personnages. Ce n’est pas une grande série, mais c’est déjà un show fichtrement intéressant.

C’est déjà la fin des aventures de nos quatre petites sorcières de Camden qui officiaient dans la sympathique première saison de Switch, diffusée en Angleterre sur iTV2. Il n’y a pas grand chose à dire sur cette comédie aux personnages un peu trop caricaturaux et à la réalisation pataude mais dont les dialogues (assassins) suffisent pour nous entraîner dans les épisodes. Ce n’est pas du grand art, loin de là, mais on rigole beaucoup et c’est sans doute le plus important pour une série comique !

Final Score : 5/10

Switch pourra vous faire sourire un dimanche soir avant de reprendre le boulot, mais vous pouvez plus vraisemblablement la refiler à votre petite soeur qui, elle, s’amusera franchement dans cette version so british de Charmed… avec un ton nettement plus proche de Skins !

C’est marrant comme on peut avoir des avis différents  : alors que je suis totalement sous le charme de Hunted, la série semble beaucoup moins convaincre les (rares) personnes qui l’ont regardé. Série d’espionnage inventée par le tortueux esprit de Frank Spotnitz, l’une des têtes pensantes de X-Files, le show met en place un scénario absolument machiavélique dans une réalisation sobre et terriblement efficace. Les personnages sont soignés et intrigants, les révélations finales convaincantes, et l’ambiance franchement glaçante. Bref, c’est une pure réussite pour qui apprécie le genre, mis à part lorsque le show nous sert des flashbacks plutôt honteux pour dévoiler petit à petit le mystère qui entoure le personnage principal. C’est d’autant plus embêtant qu’on ne s’intéresse pas du tout à cette intrigue sauf dans le tout dernier épisode qui met en place les bases d’une suite qui aurait pu s’avérer absolument géniale. Problème : la BBC vient d’annuler la série, et Cinemax, qui coproduit le show aux Etats-Unis est en relation avec Spotnitz pour rebooter la série qui s’avère beaucoup trop chère pour eux tout seul. Saurons nous un jour qui est cette personne au doigt coupée ? La réponse se trouve quelque part dans l’avenir.

Final Score : 8/10

J’ai personnellement adoré Hunted malgré ses quelques minuscules défauts. Le problème vient plus du genre (l’espionnage) qui ne convaincra pas forcément tout le monde d’y jeter un oeil. Mais si vous appréciez les personnages et les scénarios alambiqués, vous feriez bien de vous plonger dans l’univers de Sam Hunter,

La première nouveauté de ces quatre dernières semaines, c’est Malibu Country, sitcom diffusée par ABC dans le vendredi de la mort. Pour les américains, c’est le grand retour de Reba (c’est même marqué sur l’affiche), chanteuse de country ultra populaire et héroïne de la sitcom Reba pendant sept ans – un succès quoi. Le pitch rapidos : une ancienne chanteuse de country qui a abandonné sa carrière pour ses enfants et son mari découvre que celui-ci la trompe. Ni une, ni deux, elle quitte Nashville et déménage en Californie (dans une maison de son ex mari) pour refaire sa vie et relancer sa carrière. Ça paraît nul comme ça… et ça l’est à peu de choses près. Car il faut bien avouer que le pilote sait faire preuve de beaucoup d’humour et innove en cherchant à décoincer un peu l’image de son actrice principale. Reba se moque donc d’elle-même en campant une femme de la campagne aux idées un peu trop archaïques pour survivre en Californie. Face à sa fille qui s’enferme dans une chambre avec son ami gay (avec qui elle s’entraîne à rouler des pelles), son fils qui se rend compte qu’il n’est plus le beau gosse du coin et qu’il n’a donc plus d’identité, ou encore la grand-mère qui force sur le whisky tout en découvrant les joies des sucettes au cannabis, notre héroïne aura de quoi faire. La série se veut tellement progressiste d’ailleurs que je me suis dit qu’elle allait tout de suite se casser la gueule. Grosse erreur puisque le pilote s’est offert un audimat tout simplement jamais vu dans la terrible case du vendredi soir. Le show s’assurerait-il d’office un succès ? Pas vraiment non plus, l’audience s’effondrant lors des deuxièmes et troisièmes épisodes (que je n’ai pour l’instant pas vu, donc j’ignore si la qualité s’effondre avec l’audimat !)

Mon Pronostic : Reba a encore le pouvoir de séduire une Amérique qui semble apprécier la country comme le prouve le succès de Nashville, ridicule série musicale diffusée actuellement. ABC n’a de toutes façons rien d’autre à diffuser le vendredi, du coup je mise sur une commande de saison deux à la fin de l’année.

LA grosse bonne surprise de ces dernières semaines, c’est assurément la comédie (en 42 minutes) Wedding Band diffusée sur TBS. Comme l’affiche et le nom l’indique, il s’agit des mésaventures (à tendances romantiques) d’un groupe de mariage fan de rock… bon ok, de vieux rock à papa, un peu mou, genre Scorpion, U2 et compagnie. Menée par LE David Silver de Beverly Hills (ou un putain de bad guy dans Terminator : The Sarah Connor Chronicles), la série met aussi en scène ce bon vieux black de Lost qui ne servait à rien ou encore le seul mec à s’être fait viré de NCIS : Los Angeles. Bref, sur ce casting pas très folichon se dresse un show à l’humour irrésistible, extrêmement dynamique et fondamentalement bien conçu. Oh, certes, on ne court pas à l’originalité à tout prix mais bien à une vraie quête de fun… et de rock ‘n’ roll.

Mon Pronostic : une comédie sur TBS qui profite des rediffusions de The Big Bang Theory diffusées juste avant, a tout ce qu’il lui faut pour cartonner… sauf si elle est diffusée un samedi. Je sens que Wedding Band, malgré ses qualités, ne va pas rester longtemps sur nos écrans : annulation à la fin de la première saison.

De l’autre côté de l’atlantique, la BBC3 (la chaîne la plus “jeune” du groupe) nous propose Some Girls, une série résolument très british sur un groupe de copines qui… fait du foot. Oui, du soccer. Entre deux parties (généralement perdues) elles parlent de fellation, de rupture, tuent des hamsters, prennent toutes sortes de cachetons, gardent leurs petits frères et soeurs, fument des spliff dans des maisons pour enfant, et envoient chier leur belle-mère. Bref, c’est méchant, corrosif, parfois un peu vulgaire, pas du tout crédible mais tout à fait dans l’esprit de ce que les anglais pensent de leurs ados. Ceux qui sont largués par Skins peuvent y jeter un oeil, ceux qui veulent voir des adolescentes totalement délurées peuvent aussi y jeter un oeil, ceux qui s’attendaient à la révolution des séries ados peuvent totalement passer leurs chemins.

Autre série surprise anglaise, Nick Nickleby est l’adaptation contemporaine d’un célèbre roman de Dickens. Le budget est riquiqui, les comédiens semblent sortis d’un soap opéra, et la vieille censée nous tirer la larme s’avère exaspérante au bout d’environ trois minutes. Maniéré dans son fond comme dans sa forme, cette mini-série qui a fait un passage éclair sur la BBC One (un épisode par jour pendant une semaine), n’aura pas su me convaincre de dépasser le pilote.

Enfin, Secret State, diffusée sur Channel 4, fera s’arracher les cheveux à ceux qui trouvait Boss déjà bien compliquée ! Adapté d’un roman écrit par un politicien anglais dans les années 80, lui-même déjà adapté en mini-série culte aux multiples récompenses en 88 (sous le titre original A Very British Coup), le show met d’emblée dans l’ambiance avec un Gabriel Byrne exceptionnel et – chose très rare – un format scope (c’est à dire que vous allez avoir des bandes noires même sur vos superbes télé 16/9) qui fait éclater littéralement la mise en scène impeccable. Alors oui, il faut s’accrocher pour suivre les aventures de cet homme politique qui se retrouve propulsé premier ministre suite à la mort de son prédécesseur dans un accident d’avion. Entre enquête sur les circonstances étranges de cet accident, magouille politique pour faire avouer un industriel qu’il est à la source d’une explosion qui a ravagé une ville, ou encore négociations compliquées avec les Etats-Unis, le scénario s’avère massif et complexe. Pour autant, on ne perd jamais de vue les personnages, leurs états d’âme et leurs objectifs. Une grande et belle série commence… reste à voir où elle va nous emmener.

Allez, à la semaine prochaine (si, si, promis !) pour parler de… vous verrez bien !

Chaque lundi, je vous explique que le bilan de la semaine est un peu particulier. Cette fois, il l’est doublement. Premièrement, il sort un mercredi, et deuxièmement ce n’est pas le bilan de la semaine qui vient de passer. L’histoire d’une semaine trop riche en émotion pour qu’on puisse la boucler en un seul article…

Je pourrais passer des heures à vous expliquer que ces dernières semaines ont été très chargées en boulot, mais la raison la plus simple à ce retard s’explique tout simplement par la diffusion du dernier épisode de One Tree Hill. Oui, vous m’avez bien lu, le DERNIER épisode. La série increvable, qui a survécu déjà à deux annulations, a définitivement quitté nos écrans après neuf ans de bons et loyaux services (et un peu plus de deux cent épisodes). Pas la peine de chercher bien loin s’il fallait ou non voir ce serie’s finale : loin d’être un épisode, il s’agissait plutôt d’une sorte de fan-service absolu totalement dépourvu d’histoire. Moment magique pour ceux qui ont suivi toute la série, cet épisode de conclusion nous a cruellement rappelé qu’on était en train de perdre une maison, un lieu où l’on se sentait profondément à l’aise malgré toutes ces années. Bref, c’est une page d’histoire qui se tourne, de la toute petite histoire de la série pour ados, certes, mais une page d’histoire quand même.

Cette semaine, on quittait aussi la prison la plus célèbre de la télévision, la fameuse Alcatraz. Que retiendra-t-on de la dernière création de J.J. Abrams ? Une plantade totale, à tout point de vue. Le casting est loupé (non sérieusement, tout le monde se fait chier…), la réalisation est totalement à la ramasse et ne survit que par la fascination que l’on peut éprouver pour la prison, quant aux scénarios, ils sont tout simplement à la ramasse et nous ramène au tout début d’Alias, la surprise et l’intelligence en moins. Le pire est atteint par le cliffhanger de cette première saison, qui essaie de nous faire croire que l’héroïne – oh mon dieu ! – va mourir. Bref, J.J. s’est planté dans les grandes largeurs et il va falloir grave ramer pour rendre la prochaine saison intéressante…

Oh, mais ce serait pas le gros méchant ?!

Alors si vous avez passé votre temps sur One Tree Hill et Alcatraz, vous avez peut-être manqué la vraie bonne surprise de cette année, l’incroyable I Just Want My Pants Back. Comédie diffusée par MTV, il s’agit d’une des rares séries réussissant à rendre crédible une bande de vingtenaires en plein questionnement sur leur avenir, leur sexualité, leurs envies. C’est drôle, malin, extrêmement bien joué, d’une remarquable sensibilité au niveau de la réalisation, bref, c’est juste génial et le tout en vingt petites minutes par épisodes. Un immanquable dont on espère le retour en saison deux.

Partager un pack de bières sur les toits de New York, j'aurai rêvé de faire ça !

Quelques nouveautés sont aussi venues se frotter à notre jugement sans pitié. Passons très rapidement sur la très oubliable Best Friend Forever, comédie quatre murs (sans public et sans rire), qui peine à trouver sa dynamique, son humour, mais surtout son originalité : oui, vous l’aurez deviné, encore une série sur des trentenaires en pleine crise de vie. Vite vu, vite oublié.

La seule blague qui m'a un peu fait rire. C'est pour vous dire la qualité de l'ensemble...

Beaucoup plus marrant, et même s’il ne s’agit pas d’une série à proprement parler on ne pouvait pas la passer sous silence, la très curieuse Betty White : Off their Rockers se présente comme une sorte de caméras cachée moderne dans laquelle des vieux font chier des jeunes. Alors oui, c’est relativement crétin, mais voir un vieux qui jette du pain dur à deux jeunes filles en les prenant pour des pigeons, ça me fait rire…

Et oui, les vieux ça me fait rire !

Les fans se super-héros se jetteront sur le nouveau dessin animé à licence Marvel, le fabuleux Ultimate Spider Man, au ton singulièrement original et à la plastique des plus réussies. C’est drôle, pêchu, très inventif, et tout simplement jouissif !

En gros, c'est tout l'inverse de la série animée Avengers : moderne et beau !

Enfin, la nouvelle série de Shonda Rhimes, Scandal, m’a laissé relativement perplexe. La créatrice de Grey’s Anatomy délaisse ses histoires d’amour habituelles (et qui lui ont coûté cher avec la catastrophe Off the map) pour tenter un legal show… qui se veut original. Comprendre par là que nos héros ne cherchent pas à comprendre ce qu’il s’est passé, mais juste à défendre leur client en faisant respecter la vérité. Ainsi, un homme accusé du meurtre de sa femme est innocenté, mais on ignorera à tout jamais qui a vraiment tué la jeune victime. Si les personnages sont découpés à la hache et si Shonda Rhimes n’hésite pas à en faire trop (le Président des Etat-Unis en personnage secondaire, faut quand même le faire…), le tout reste cependant très intrigant – surtout quand on se demande, comme moi, à quel moment notre chère Shonda va retomber dans tous ses travers et nous jeter du pathos au kilo en pleine figure.

Décidément, la campagne politique s'invite partout !

Allez, à la semaine prochaine à très bientôt pour essayer de décoder la semaine 31 !!!